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Le mont du Temple ouvert aux Juifs mardi – encore incertain pour le reste du Ramadan

L'accès au mont du Temple pourrait être interdit aux visiteurs juifs les dix derniers jours du mois de jeûne musulman afin de réduire les tensions et d'éviter les affrontements

Les forces de sécurité surveillant les visiteurs juifs sur le mont du Temple pendant Pessah, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Les forces de sécurité surveillant les visiteurs juifs sur le mont du Temple pendant Pessah, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 avril 2023. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les visiteurs juifs seront autorisés à se rendre sur le mont du Temple à Jérusalem mardi matin, mais l’accès au site leur sera probablement interdit jusqu’à la fin du mois sacré musulman du ramadan, selon la presse israélienne. Cette décision fait suite à la recrudescence des tensions dans cette zone sensible après une semaine marquée par des accrochages et des violences entre l’armée israélienne et les émeutiers palestiniens, ainsi que par une série d’attentats terroristes qui ont coûté la vie à quatre personnes au cours des derniers jours.

Les visiteurs juifs pourront se rendre sur le site entre 7 heures et 11 h 30 mardi, jour où de nombreux Israéliens juifs se prépareront à célébrer la septième nuit de Pessah, la dernière nuit de la fête juive avant qu’elle ne s’achève mercredi soir, a rapporté Walla lundi. L’entrée sera probablement interdite aux visiteurs juifs jusqu’au 20 avril, date de la fin du ramadan, a rapporté Haaretz lundi soir, citant des sources politiques.

Des informations circulent depuis dimanche indiquant qu’Israël maintiendrait probablement sa politique de longue date consistant à interdire l’accès du mont du Temple aux Juifs pendant les dix derniers jours du ramadan, et ce, malgré la ligne dure du nouveau gouvernement, qui comprend des ministres importants qui font campagne depuis longtemps pour autoriser les prières juives sur le lieu saint.

Le mont du Temple, connu des musulmans sous le nom de Haram al-Sharif, est le site le plus sacré pour les juifs et le troisième lieu saint de l’islam.

Le ramadan, qui coïncide cette année encore avec la fête juive de Pessah, est souvent marqué par de vives tensions israélo-palestiniennes. Des dizaines de milliers de fidèles se rendent à Al-Aqsa – troisième lieu saint de l’islam – tout au long du mois, ce qui entraîne régulièrement une montée des tensions avec Israël et des violences meurtrières.

Des sources anonymes ont confié à Haaretz que l’interdiction d’accès aux Juifs pendant les dix prochains jours réduirait probablement les tensions et les risques de confrontations et de heurts sur le site.

Des visiteurs juifs marchent protégés par les forces de sécurité israéliennes dans l’enceinte du mont du Temple à Jérusalem le 9 avril 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

La presse israélienne avait indiqué plus tôt mardi que le commissaire de la police israélienne Kobi Shabtai est en faveur de la suspension de ces visites les derniers jours du Ramadan afin d’atténuer les fortes tensions. D’autre responsables des services de sécurité sont quant à eux enclins à les autoriser.

Dans son discours de lundi soir, dans lequel il a imputé au gouvernement précédent la responsabilité de la recrudescence de la violence et des attentats terroristes perpétrés au cours de la semaine écoulée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que des consultations avec les autorités chargées de la sécurité étaient organisées au jour le jour en ce qui concerne les visites de juifs sur le mont du Temple.

Des centaines de visiteurs juifs se sont rendus dimanche matin sur le mont du Temple après les prières de l’aube à la mosquée Al-Aqsa, quelques heures après qu’un certain nombre d’émeutiers palestiniens se sont barricadés à l’intérieur de la mosquée pendant la nuit, ce qui a suscité des craintes d’affrontements.

La police israélienne a décidé de ne pas pénétrer dans le lieu saint aux premières heures du jour, afin, semble-t-il, d’éviter toute scène de violence et tout débordement potentiel.

Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, a déclaré à CNN que, contrairement aux événements de la semaine dernière, lorsqu’un certain nombre de Palestiniens présents dans la mosquée avaient planifié des actes de violence, nécessitant l’intervention de la police, les individus présents dans la mosquée dans la nuit de samedi à dimanche ne cherchaient pas la confrontation.

Des fidèles musulmans prient tandis que les forces de sécurité israéliennes escortent les visiteurs juifs au complexe du mont Temple, le 9 avril 2023, pendant le mois de jeûne sacré musulman du Ramadan, qui coïncide également avec la fête juive de la Pessah. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Selon un groupe militant en faveur de la prière juive au mont du Temple, il y aurait eu 842 visiteurs juifs dimanche, et 1 041 au total pendant les vacances de Pessah – ce qui représente une augmentation de 43 % du taux moyen de visites juives.

Certains fidèles musulmans présents sur le site ont interpellé les visiteurs juifs, mais aucun acte de violence n’a été signalé.

Le ministère des Affaires étrangères jordanien a condamné dimanche les visites juives sur le mont du Temple, mettant en garde contre les « conséquences catastrophiques » si Israël ne mettait pas fin à ce qu’il considère comme des violations du statu quo sur ce site sacré sensible.

Un responsable du Waqf a déclaré à la Douzième chaîne qu’autoriser des non-musulmans sur le site pendant les dix jours serait « une provocation dangereuse qui conduirait à l’embrasement du Proche-Orient ».

Israël a promis à plusieurs reprises de maintenir le statu quo sur le site, selon lequel les juifs sont autorisés à le visiter – sous de nombreuses restrictions et seulement pendant des heures limitées – mais pas à y prier.

De plus en plus de Juifs sont autorisés à prier sur le site, alors que les Palestiniens alimentent la violence sur le site et se réservent de plus en plus d’endroits pour prier.

Israël a conquis le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967. Il a néanmoins laissé le Waqf jordanien continuer à exercer son autorité religieuse sur le mont. En vertu du traité de paix de 1994, Israël a reconnu le « rôle spécial d’Amman… dans les lieux saints musulmans de Jérusalem ».

La semaine dernière, la police est entrée dans la mosquée Al-Aqsa dans la nuit de mardi à mercredi pour ce qu’elle a déclaré être une opération visant à réprimer les émeutes. Suite à cette opération, des barrages de roquettes ont été tirées sur Israël depuis le Liban et la bande de Gaza, entraînant des frappes aériennes israéliennes en représailles. Vendredi après-midi, deux sœurs et leur ont été assassinées et leur mère a été grièvement blessée lors d’une fusillade en Cisjordanie, cette dernière a succombé à ses blessures lundi matin. Plus tard dans la soirée de vendredi, un touriste italien a été tué et plusieurs autres personnes ont été blessées lors d’un attentat à la voiture bélier sur la promenade du bord de mer de Tel-Aviv.

La police israélienne frappant des émeutiers palestiniens à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem dans la nuit du 5 avril. (Crédit : Capture d’écran Twitter, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Selon la police, des dizaines de jeunes masqués s’étaient barricadés à l’intérieur de la mosquée dans la nuit de mardi à mercredi avec des pétards, des gourdins et des pierres après les prières du soir. Ils avaient verrouillé les portes et placé des barricades à l’entrée de la mosquée.

Les images de la police frappant des Palestiniens lors de l’incident ont suscité l’indignation générale dans le monde arabe, et des groupes terroristes ont utilisé ces images pour appeler à des attaques contre Israël.

Dimanche, les responsables israéliens ont exprimé leurs regrets au sujet de l’incident, l’un d’entre eux ayant déclaré qu’ils avaient porté un « grave préjudice » au pays.

Dans une rare interview dimanche, Shabtai lui-même a semblé admettre que les policiers n’auraient pas dû frapper les Palestiniens au cours de l’incident.

Le commissaire de la police israélienne Kobi Shabtai (à droite) et le commandant du district de Jérusalem Doron Turgeman visitent la place du mur Occidental à Jérusalem, le 31 mars 2023. (Crédit : Police israélienne)

Le chef de la police a également souligné le fait que les deux premières semaines du Ramadan s’étaient déroulées de manière relativement pacifique et a accusé les extrémistes d’avoir attisé les tensions.

Samedi, un rapport de la Douzième chaîne a déclaré que le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Shabtai s’étaient affrontés au sujet de l’interdiction faite aux visiteurs juifs de se rendre sur le mont du Temple pendant les derniers jours du Ramadan.

Ben Gvir, à son titre de ministre de la Sécurité nationale, supervise la police et s’est heurté à plusieurs reprises à Shabtai depuis qu’il a pris ses fonctions il y a trois mois.

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