Le mystère des « momies » de Haïfa enfin dévoilé
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Archéologie

Le mystère des « momies » de Haïfa enfin dévoilé

Les scanners hi-tech du centre médical Rambam de Haïfa, qui peuvent scanner des momies de toute sorte, ont résolu une énigme - et ont créé un tout nouveau casse-tête

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

La "momie maïs" au visage de bébé ne contient aucun reste humain ou animal, mais plutôt du maïs et de la boue. (Capture d'écran)
La "momie maïs" au visage de bébé ne contient aucun reste humain ou animal, mais plutôt du maïs et de la boue. (Capture d'écran)

Les résultats de la tomographie assistée par ordinateur subie par un sujet momifié au centre médical Rambam de Haïfa ont été surprenants : en fait, les tests ont démontré clairement que le « patient » au visage de bébé enveloppé n’était en fait pas du tout un être vivant.

L’artefact de 2 500 à 3 000 ans, qui a reçu un traitement royal en passant par le scanner de haute technologie le 29 juin, était l’une des deux mystérieuses momies conservées au Musée maritime et archéologique de Haïfa depuis plus de 50 ans.

Profitant de la fermeture des musées en raison de la pandémie afin de faire du ménage et éventuellement consolider les preuves incertaines de certains objets, Adi Shelach, directeur et conservateur du centre éducatif des musées de Haïfa, et Ron Hillel, responsable de la gestion des collections, ont décidé d’enquêter sur leurs momies – et sur ce qui se trouvait sous les bandelettes.

Pour mener à bien ce projet inhabituel, le directeur général des six musées de Haïfa, Yotam Yakir, a demandé au directeur général et PDG de Rambam, le Dr Michael Halberthal, d’aider le personnel des musées à percer le secret des momies.

La « momie maïs » au visage de bébé ne contient aucun reste humain ou animal, mais plutôt du maïs et de la boue. (Capture d’écran)

Le Dr Marcia Javitt, présidente du service de radiologie de l’hôpital Rambam, qui est également professeur adjoint de radiologie à l’université George Washington de Washington, était chargée de réaliser ce scanner.

Dans une vidéo de l’expérience publiée sur le site web du Daily Mail, on peut voir les momies couvertes être transportées à l’hôpital dans de classiques boîtes de rangement en plastique transparent.

Elles ont ensuite été placées sur la table de tomographie de l’hôpital, sur des draps portant le logo de Rambam. La première momie, dont les traits extérieurs ressemblent à ceux d’un petit enfant, reposait encore dans son sarcophage en bois ; la seconde, minuscule momie à tête d’oiseau, était couchée sur du papier essuie-tout.

La momie à tête d’oiseau scannée à l’hôpital Rambam de Haïfa, le 29 juin 2020. (Capture d’écran)

Lorsque le scanner de la première momie a commencé, il y a eu des murmures d’incrédulité et de franche déception depuis la salle de contrôle, alors que le personnel médical, vêtu de blouses et de masques, se mêlait au personnel du musée en civil – qui portait également des masques.

Au début du deuxième scanner, les murmures ont commencé à être plus optimistes. « Ah, maintenant nous avons quelque chose d’intéressant », dit le technicien. « Nous avons des os, le plus petit est un animal. Voici les plumes – eizeh yofi ! – voici l’aile. C’est un oiseau. Voici sa colonne vertébrale. »

Un technicien du service de tomodensitométrie de l’hôpital Rambam à Haïfa montre les ailes de l’oiseau momifié, le 29 juin 2020. (Capture d’écran)

La momie en forme de bébé de 45 centimètres de long (ce n’était pas vraiment une momie) s’est avérée être une « momie de maïs » – un artefact créé à partir de grains et de boue d’argile façonnés en une forme humaine pour représenter le dieu de l’au-delà Osiris.

La momie d’un oiseau de 25 cm de long – peut-être un faucon – était décorée d’une tête d’oiseau pour représenter le dieu Horus, le fils d’Osiris et d’Isis à face de faucon.

« Il lui manque la jambe gauche, personne ne sait pourquoi », a déclaré M. Javitt, dans un article publié dans Live Sciences.

Selon l’article, « la momie de l’oiseau s’était desséchée, ce qui signifie que les tissus sont devenus plus denses, comme du bœuf séché. Pendant ce temps, la moelle des os s’était desséchée, ne laissant que de délicats tubes osseux ».

Une momie est examinée par scanner à l’hôpital Rambam de Haïfa, le 29 juin 2020. (Capture d’écran)

Il est intéressant de noter que Javitt a constaté que la fracture du cou de l’oiseau s’est probablement produite après la mort, car la peau sèche est également fissurée. Ce qui n’est pas inhabituel pour une momie, l’oiseau est dépourvu de certains organes. Le cœur et la trachée semblent cependant se trouver à l’intérieur du cadavre.

Selon Live Science, le Musée maritime prévoit d’analyser les deux anciens artefacts par des tests au carbone 14 avant de les présenter dans une exposition spéciale.

« Le contraste entre la technologie la plus avancée et ces objets anciens datant de milliers d’années était à la fois fascinant et profondément émouvant », a déclaré le directeur du musée Yakir dans un communiqué de presse de Rambam.

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