Le Parlement polonais va évaluer les réparations de guerre réclamées à l’Allemagne
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Le Parlement polonais va évaluer les réparations de guerre réclamées à l’Allemagne

L'Allemagne avait refusé de payer des réparations pour la Seconde Guerre mondiale en raison d'un accord signé en 1953 par la Pologne, alors communiste

Jaroslaw Kaczynski, du parti Droit et Justice, lors d'une convention de son parti à Varsovie, Pologne, le 22 octobre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)
Jaroslaw Kaczynski, du parti Droit et Justice, lors d'une convention de son parti à Varsovie, Pologne, le 22 octobre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)

Les conservateurs au pouvoir en Pologne ont mis en place une commission parlementaire chargée d’examiner l’ampleur des réparations liées à la Deuxième guerre mondiale qu’ils demandent à l’Allemagne, a annoncé vendredi le président de cette commission.

« Nous voulons commencer un travail au Parlement polonais qui aboutira à une analyse du montant estimé que l’Allemagne doit à la Pologne », a déclaré Arkadiusz Mularczyk, le responsable de la commission, à l’agence de presse polonaise PAP.

Ce parlementaire du parti conservateur Droit et Justice (PiS) a ajouté qu’il n’y avait aucune date fixée concernant le résultat de cette analyse.

La question des réparations de guerre allemandes, considérée comme close depuis des années, avait été relancée le 28 juillet par Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir.

Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, vice-présidente du parti conservateur Droit et Justice (PiS), à Varsovie, le 9 novembre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)
Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, vice-présidente du parti conservateur Droit et Justice (PiS), à Varsovie, le 9 novembre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)

Plus tôt ce mois-ci, la Première ministre polonaise Beata Szydlo, issue également du PiS, avait estimé que son pays avait « droit » à des réparations.

Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, avait alors répondu que la question avait déjà été réglée lorsque « la Pologne a pris une décision contraignante en août 1953 […] pour renoncer aux demandes de nouvelles réparations de guerre. »

Mais le gouvernement conservateur polonais conteste la validité de l’accord de 1953, un diktat selon lui imposé par l’Union soviétique (URSS).

Les présidents allemand et polonais, Frank-Walter Steinmeier et Andrzej Duda, ont convenu mi-septembre qu’une « discussion dans le calme » était nécessaire sur cette question.

Les ministres polonais des Affaires étrangères et de l’Intérieur ont estimé que les réparations potentielles pouvaient atteindre mille milliards de dollars (850 milliards d’euros).

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier à Jérusalem, le 7 mai 2017. (Crédit : Dov Smith/Hebrew University)
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier à Jérusalem, le 7 mai 2017. (Crédit : Dov Smith/Hebrew University)

Pendant la guerre, la Pologne était prise entre deux fronts, respectivement ouverts par l’Allemagne nazie et l’Union soviétique. Six millions de Polonais, dont environ trois millions de Juifs, ont été tués sous l’occupation nazie de 1939-1945 et la capitale Varsovie a été pratiquement rasée.

Selon un récent sondage, 51 % des Polonais s’opposent à toute réclamation de réparations à l’Allemagne, tandis que 24 % y sont favorables.

Les évêques catholiques polonais ont adressé au début du mois une mise en garde au gouvernement conservateur nationaliste contre le risque d’ « annihiler » la confiance et la réconciliation germano-polonaises.

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