Le président égyptien Sissi reçoit le Premier ministre israélien Bennett
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Le président égyptien Sissi reçoit le Premier ministre israélien Bennett

Au menu des discussions : les "efforts pour relancer le processus de paix" entre Israéliens et Palestiniens

Le Premier ministre Naftali Bennett (g) et le président Abdel Fattah al Sissi (Crédit : Koby Gideon/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett (g) et le président Abdel Fattah al Sissi (Crédit : Koby Gideon/GPO)

L’Egypte, pays arabe le plus peuplé mais aussi le premier à avoir signé la paix avec Israël, accueille lundi le Premier ministre israélien Naftali Bennett, une première depuis plus de dix ans, a annoncé la présidence égyptienne.

Le président Abdel Fattah al-Sissi discutera notamment avec M. Bennett à Charm al-Cheikh, sur la mer Rouge, des « efforts pour relancer le processus de paix » entre Israéliens et Palestiniens, précise le porte-parole de la présidence Bassam Radi dans son communiqué.

Cette rencontre intervient quelques heures après que le point de passage de Taba pour les voitures entre Israël et le Sinaï est devenu pleinement opérationnel, sans limite du nombre de permis d’entrée, avec des heures d’ouverture étendues.

Le mois dernier, Israël avait assoupli ses conseils de sécurité aux voyageurs dans le Sinaï pour la première fois depuis des années. Cette décision a été prise après que le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel, s’est rendu en Israël pour des entretiens de haut niveau sur Gaza.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (à droite) rencontre Abbas Kamel, directeur de la Direction générale des renseignements égyptienne, à Jérusalem le 19 août 2021. (Crédit : Ministère des affaires étrangères)

Dimanche, en proposant d' »améliorer » les conditions de vie des Gazaouis en échange d’un engagement au « calme » du Hamas, le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid a encore une fois rappelé « l’importance vitale de l’Egypte ».

Ce projet, a-t-il martelé, « ne verra pas le jour sans le soutien et l’implication des partenaires égyptiens ni sans leur habileté à parler à toutes les parties impliquées ».

La visite de M. Bennett marque une « étape importante compte tenu du développement des relations sécuritaires et économiques » entre les deux pays et de leur « préoccupation commune » vis-à-vis de Gaza, et du projet égyptien de « réactiver les pourparlers politiques entre Israël et l’Autorité palestinienne », estime Nael Shama, spécialiste de la politique étrangère égyptienne.

En 2019, sur la chaîne américaine CBS, M. Sissi avait reconnu que son armée opérait avec Israël contre les « terroristes » dans le Nord-Sinaï (est), qualifiant cette coopération de la « plus étroite » ayant jamais existé entre les deux voisins.

A la faveur du traité de paix ayant mis fin à l’état de guerre entre les deux pays, l’Egypte avait récupéré sa souveraineté sur la péninsule du Sinaï occupée par Israël depuis 1967 –à condition toutefois de la démilitariser.

Mais elle y fait face depuis 2013 à une insurrection menée par une branche du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui a remis en cause cet état de fait.

Les deux pays ont également développé leurs liens dans le domaine énergétique, enjeu stratégique majeur en Méditerranée orientale, et depuis 2020, l’Egypte reçoit du gaz naturel d’Israël pour le liquéfier et le réexporter vers l’Europe, un accord évalué à 13,3 milliards d’euros.

Benjamin Netanyahu et le président égyptien Hosni Moubarak au Caire, en juillet 2010. (Crédit : Moshe Milner/Government Press Office/Flash90)

La dernière rencontre entre un président égyptien et un Premier ministre israélien – véritable détenteur du pouvoir en Israël – remonte à janvier 2011. Le défunt Hosni Moubarak avait alors reçu le Premier ministre israélien de l’époque Benjamin Netanyahu.

Quelques jours plus tard, M. Moubarak était chassé par une révolte populaire, suivie deux ans plus tard par le renversement de son successeur Mohamed Morsi et la prise de pouvoir de M. Sissi.

Durant cette période, les relations entre les deux voisins se sont dégradées avant de se refroidir davantage lors de la présidence de M. Morsi – issu des Frères musulmans – de l’été 2012 à l’été 2013.

Message à Washington

Pour M. Shama, la visite du Premier ministre israélien s’inscrit dans le sillon de la « longue relation de travail » qu’entretenaient MM. Sissi et Netanyahu, remplacé en juin par M. Bennett.

Israël et l’Egypte sont deux des principaux alliés de Washington au Moyen-Orient et bénéficient d’une importante aide militaire américaine.

C’est aussi à l’administration américaine de Joe Biden que Le Caire cherche « une fois de plus à signaler son rôle indispensable dans la stabilisation du conflit » entre Palestiniens et Israéliens, ajoute M. Shama.

Vis-à-vis d’une population égyptienne longtemps résolument hostile à la normalisation des liens avec Israël, le fait que depuis l’été 2020, quatre pays arabes – les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan – aient normalisé leurs relations avec l’Etat hébreu a changé la donne.

Et surtout, explique à l’AFP le professeur de Sciences politiques à l’Université du Caire Mostafa Kamel al-Sayed, à la différence de l’ère Moubarak, « le régime du président Sissi est parvenu à domestiquer l’opposition », dont seule subsiste une partie après une large campagne de répression.

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