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Le président israélien Isaac Herzog sur les traces de son père à Bergen-Belsen

Rendant hommage au "courage" de Chaim Herzog, alors officier qui a libéré le camp sous l'uniforme britannique, Steinmeier a appelé ses concitoyens à "ne jamais oublier la Shoah"

  • Le président israélien Isaac Herzog lors d'une visite du mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
    Le président israélien Isaac Herzog lors d'une visite du mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
  • Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche), son épouse Elke Buedenbender (à l'arrière à gauche), le président israélien Isaac Herzog (à l'avant à droite) et son épouse Michal Herzog visitent le mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
    Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche), son épouse Elke Buedenbender (à l'arrière à gauche), le président israélien Isaac Herzog (à l'avant à droite) et son épouse Michal Herzog visitent le mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
  • Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche), son épouse Elke Buedenbender (à l'arrière à gauche), le président israélien Isaac Herzog (à l'avant à droite) et son épouse Michal Herzog visitent le mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
    Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche), son épouse Elke Buedenbender (à l'arrière à gauche), le président israélien Isaac Herzog (à l'avant à droite) et son épouse Michal Herzog visitent le mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)
  • Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à droite) serre la main du président israélien Isaac Herzog lors d'une visite du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen, où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny Hartmann/AFP)
    Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à droite) serre la main du président israélien Isaac Herzog lors d'une visite du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen, où des milliers de prisonniers de toute l'Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l'Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny Hartmann/AFP)

Il y a 77 ans, Chaim Herzog libérait le camp de Bergen-Belsen sous l’uniforme britannique. Quarante-deux ans après, il y revenait comme président d’Israël. Mardi, son fils Isaac, qui occupe la même fonction, s’y est rendu à son tour.

Cette visite du camp de concentration par l’actuel président de l’Etat hébreu s’inscrit dans la continuité de la réconciliation avec l’Allemagne entamée après-guerre entre les deux pays.

Aux côtés de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, le chef d’Etat israélien a évoqué les premiers pas de son père, qui était alors officier, au milieu des charniers de la Shoah.

« Debout sur une caisse en bois, il a crié en yiddish devant des centaines de squelettes : ‘Juifs ! Il y a encore des Juifs vivants ! Il y a encore des Juifs dans le monde !’ « .

« Quatre décennies plus tard, mon père est revenu ici en tant que sixième président de l’État juif d’Israël, [un État] indépendant, fort et démocratique. Mon père a choisi de commencer sa visite ici, à l’endroit même où je termine la mienne. »

Dossier : Le président Chaim Herzog et son épouse Aura lors d’une visite à Berlin-Ouest en 1987 (Nati Harnik)

« Ici, il s’est adressé aux victimes de la Shoah et a dit : ‘Au nom du peuple juif et au nom de l’État d’Israël, je répète notre serment de ne jamais vous oublier et d’être à jamais fidèles à votre testament : l’impératif de la vie.' »

« Ainsi disait mon père, et ainsi le dis-je aujourd’hui en tant que président de l’État d’Israël, l’État du peuple juif. Ici, dans ce lieu terrible, nous nous souvenons de l’impératif qui nous lie tous : l’impératif de la vie, l’impératif de l’éternité d’Israël, et du devoir de travailler pour lui à chaque génération », a dit Herzog.

Le président a souligné que la tâche la plus importante à l’heure actuelle est de préserver la mémoire de ceux qui sont morts et d’aider les survivants.

A l’époque, en 1945, le camp du nord de l’Allemagne était couvert de baraquements que l’armée britannique s’était empressée de brûler pour, selon elle, stopper les épidémies.

Restent désormais d’immenses fosses communes recouvertes d’herbes et sur lesquelles ont été déposés des petits cailloux, hommages traditionnel des juifs à leurs morts.

A côté d’une pierre apportée de Jérusalem par son père en 1987 lors de sa visite – à l’époque, la première d’un président israélien en Allemagne -, Isaac Herzog a exhorté Israël et l’Allemagne à combattre sans compromission toute forme d’antisémitisme et de racisme.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier (à gauche), son épouse Elke Buedenbender (à l’arrière à gauche), le président israélien Isaac Herzog (à l’avant à droite) et son épouse Michal Herzog visitent le mémorial Gedenkstaette Bergen-Belsen, site du camp de concentration nazi de Bergen-Belsen où des milliers de prisonniers de toute l’Europe ont été tués pendant la Seconde Guerre mondiale, à Bergen-Belsen près de Nordhausen, dans le centre de l’Allemagne, le 6 septembre 2022. (Crédit : Ronny HARTMANN / AFP)

« C’est notre devoir au nom du passé », a-t-il lancé.

Frank-Walter Steinmeier a de son côté reconnu que « cela avait duré longtemps pour que les Allemands comprennent qu’ils avaient été eux même libérés » à la fin de la Seconde guerre mondiale. Rendant hommage au « courage » de Chaim Herzog, Steinmeier a appelé ses concitoyens à « ne jamais oublier la Shoah ».

« Il ne doit pas y avoir de place pour l’antisémitisme dans notre pays », a-t-il martelé devant un monument commémoratif au nom du peuple juif et non loin d’une pierre tombale rendant hommage à Anne Frank, décédée dans ce camp et devenue ensuite mondialement célèbre pour son journal écrit dans un grenier d’Amsterdam où sa famille se cachait des nazis.

Dernier survivant

Le recueillement au camp de Bergen-Belsen était la dernière étape de la visite de trois jours du président israélien en Allemagne, dont le point d’orgue furent les commémorations de la sanglante prise d’otages par un commando palestinien lors des Jeux olympiques de Munich en 1972, au cours de laquelle onze athlètes israéliens furent tués.

Peu après la libération du camp de Bergen-Belsen en Allemagne (Crédit : Domaine public)

Initialement construit au printemps 1943 pour servir de camp de détention pour plusieurs milliers « d’otages » juifs détenteurs de passeports étrangers que le troisième Reich envisageait d’utiliser comme « monnaie d’échange » contre des prisonniers de guerre allemands, le camp de Bergen-Belsen devint rapidement un camp de concentration « ordinaire ».

A partir de janvier 1945, il a accueilli de nombreux détenus transférés d’autres camps trop proches du front russe, comme Auschwitz. La plupart des prisonniers sont morts de faim et d’épidémie à partir de février-mars. Après la libération du camp le 15 avril par les troupes britanniques, 13.000 détenus sont encore décédés.

Dans cette lande désormais parsemée de pins, de chênes et de bouleaux, la cérémonie s’est déroulée en présence de cinq survivants, un Suédois, deux Israéliens, un Américain et un Allemand, Albrecht Weinberg.

Ce dernier, âgé de 97 ans, avait vingt ans au moment de la libération de Bergen-Belsen, où il avait été déporté après deux ans à Auschwitz.

« Je suis l’un des derniers survivants. Tant que je peux, je continue de témoigner de ce qui s’est passé », a-t-il expliqué à l’AFP, dans son fauteuil roulant.

Après avoir vécu 60 ans aux Etats-Unis, il est retourné dans sa ville natale, Leer (nord-ouest), qui l’a incité à revenir et a donné son nom à un lycée.

Il s’y rend régulièrement pour raconter son histoire aux élèves allemands « qui ne comprennent pas comment une telle chose a pu se produire ».

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