Le rabbin Eliezer Berland, accusé d’escroquerie, signe un accord de plaidoyer
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Le rabbin Eliezer Berland, accusé d’escroquerie, signe un accord de plaidoyer

Eliezer Berland pourrait être libéré dans moins d'un an après avoir vendu de faux remèdes et des "médicaments miracles" à des membres de sa communauté en détresse

Le rabbin Eliezer Berland arrive pour une audience au tribunal de première instance de Jérusalem, le 13 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le rabbin Eliezer Berland arrive pour une audience au tribunal de première instance de Jérusalem, le 13 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un rabbin accusé d’avoir escroqué des fidèles malades et âgés, à hauteur de plusieurs millions de shekels, aurait signé un accord de plaidoyer qui lui permettrait d’être libéré dans moins d’un an.

Eliezer Berland, qui a déjà purgé une peine dans le passé pour des délits sexuels et a passé des années à fuir les autorités israéliennes, sera condamné à 18 mois de prison, selon les rapports des médias israéliens lundi.

La peine inclura le temps déjà purgé par Berland, le leader de la secte extrémiste Shuvu Banim, qui a passé un an en prison avant d’être libéré en résidence surveillée en février.

Berland, 83 ans, a été arrêté pour fraude en février 2020 après que des centaines de personnes ont déposé des plaintes auprès de la police, affirmant qu’il avait vendu des prières et des pilules à des membres désespérés de sa communauté, promis à des familles de personnes handicapées que leurs proches pourraient marcher, et dit à des familles de criminels condamnés que leurs proches seraient libérés de prison.

Le rabbin Eliezer Berland se couvre de son talit (châle de prière) au tribunal de première instance de Jérusalem, alors qu’il est jugé pour agression sexuelle, le 17 novembre 2016. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Lors du raid qui avait suivi l’arrestation, des dizaines de boîtes de poudres et des pilules avaient été retrouvées au domicile du rabbin. Elles étaient délivrées aux malades comme étant des « médicaments magiques ». Des tests initiaux réalisés en laboratoire avaient révélé qu’ils étaient constitués de médicaments anti-douleur en vente libre et de bonbons, notamment de Mentos, avaient fait savoir les officiels. Le rabbin avait été mis en examen au mois de mars.

Berland avait nié les accusations lancées à son encontre à ce moment-là, affirmant qu’il n’avait offert que des bénédictions et des services de guérison lorsque cela lui avait été demandé et ce, pour des sommes bien inférieures à celles avancées par la police.

Au mois de mai dernier, Berland avait été encore mis en examen pour blanchiment d’argent, évasion fiscale et autres crimes financiers pour n’avoir pas déclaré – et même dissimulé – des revenus issus de ses activités au sein de la secte Shuvu Bonim.

Dans le cadre de l’accord de plaidoyer, Berland sera condamné pour fraude, extorsion et autres délits, a déclaré un procureur de Jérusalem à la radio de l’armée lundi.

L’accord prévoit également une amende dont le montant n’a pas été précisé, selon un rapport du site d’information Ynet.

Des partisans d’Eliezer Berland se heurtent à des militants lors d’une manifestation devant une conférence accueillant Berland, à Bat Yam, dans le centre d’Israël, le 30 janvier 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

En décembre, les avocats représentant les victimes présumées d’un rabbin délinquant sexuel qui a été accusé d’avoir escroqué – à hauteur de plusieurs millions de shekels – ses fidèles malades et âgés, avaient protesté contre l’annonce de la négociation de plaidoyer avec les procureurs.

Dans une lettre adressée au procureur général Avichai Mandelblit et aux procureurs de Jérusalem, les avocats ont jugé l’accord « absurde » et « insultant » pour les personnes escroquées par Eliezer Berland.

Ils ont imploré le procureur général et les procureurs de ne pas tenir compte de l’âge avancé (82 ans) et de la mauvaise santé de Berland dans la formulation de l’accord, notant que les autorités avaient libéré Berland de prison prématurément en raison de ses problèmes de santé il y a plusieurs années, alors qu’il purgeait une peine pour des délits sexuels. Pourtant, Berland a continué à commettre d’autres crimes, ont-ils déclaré.

Il n’y a pas eu de déclaration immédiate des avocats du rabbin suite au rapport de lundi.

Des partisans et des soutiens du rabbin Eliezer Berland manifestent pour sa libération aux abords de la Cour de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Malgré ses démêlés avec la justice, Berland fait l’objet d’un véritable culte parmi les milliers de membres de son groupe – une branche de la secte hassidique de Breslev. Il avait fui Israël en 2013, accusé d’agressions sexuelles à l’encontre de plusieurs femmes parmi ses disciples.

Après avoir échappé aux forces de l’ordre pendant trois ans et parcouru différents pays, Berland avait été condamné, au mois de novembre 2016, à 18 mois de prison pour deux chefs d’inculpation d’attentat à la pudeur et pour un chef d’inculpation d’agression sexuelle dans le cadre d’un arrangement judiciaire qui comprenait alors sept mois de prison ferme.

Il avait été libéré pour raison de santé cinq mois plus tard.

L’une des conditions de son assignation à résidence était que son emplacement soit tenu secret, afin d’empêcher ses adeptes de l’entourer et de tenter de le protéger des autorités, comme ils l’ont fait dans le passé.

Selon les informations de la Douzième chaîne, pendant la période de Pessah, des dizaines de ses fidèles se sont battus avec les habitants d’un quartier de Zichron Yaakov après avoir cru qu’il y résidait. Des journalistes de la chaîne ont notamment été attaquées par les disciples du rabbin, selon le média.

Stuart Winer et Marissa Newman ont contribué à cet article.

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