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Le réalisateur Hagai Levi arrêté lors d’une manifestation anti-réforme à Tel Aviv

Le lauréat du Golden Globe dit avoir été détenu durant 2 heures, dans un fourgon de police, pour avoir photographié les policiers en train d’arrêter des manifestants

Hagai Levi à la première de 'Scènes d'un mariage' au Festival international du film de Venise, le 4 septembre 2021. (Crédit : Vittorio Zunino Celotto/Getty Images/ via la JTA)
Hagai Levi à la première de 'Scènes d'un mariage' au Festival international du film de Venise, le 4 septembre 2021. (Crédit : Vittorio Zunino Celotto/Getty Images/ via la JTA)

Le célèbre réalisateur israélien Hagai Levi a été arrêté jeudi, à Tel Aviv, lors d’une des manifestations organisées contre la réforme du système judiciaire.

Levi a expliqué qu’il se trouvait en compagnie d’autres manifestants à l’intersection des rues Shaul Hamelech et Begin, lorsque la police leur a ordonné d’évacuer la route et de se mettre sur le trottoir.

Il dit que les policiers n’avaient, à ce moment de la journée, plus beaucoup de patience.

« Ils ont commencé à arrêter des manifestants. Je les ai photographiés en train de faire et, sur le moment, ça ne semblait pas vraiment les gêner », a précisé Levi au site d’information Walla.

« Officiellement [on m’a interpellé] pour être resté sur la route alors qu’ils voulaient que tout le monde grimpe sur le trottoir, mais en fait, j’étais tout près du trottoir. »

« Je ne comprends pas pourquoi j’ai été arrêté », a-t-il ajouté.

Devenu célèbre grâce aux séries télévisées « Our Boys » et « The Affair », lauréat d’un Golden Globe, Hagai Levi a expliqué avoir été détenu dans un fourgon de police, en compagnie de plusieurs autres personnes, pendant environ deux heures avant d’être libéré.

« Je m’en suis tiré facilement. J’ai photographié une arrestation assez musclée et je pense que c’est sans doute à cause de cela que j’aie été arrêté. Ce n’était pas très agréable », a-t-il ajouté.

Échauffourées entre la police et des manifestants israéliens opposés à la réforme judiciaire, à Tel Aviv, le 23 mars 2023. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

La police a arrêté pas moins de 92 personnes dans tout le pays lors des manifestations de jeudi, qualifiées de « journée de paralysie ».

Elle a déployé des éléments de la brigade montée ainsi que des canons à eau pour évacuer les manifestants qui bloquaient les routes à Tel Aviv et Haïfa.

Parmi les personnes interpelées figurent plusieurs dirigeants et membres éminents du mouvement de protestation, ce qui a fait dire à l’opposition qu’il s’agissait d’arrestations « politiques ».

Par ailleurs, une photojournaliste s’est plainte d’avoir été agressée sexuellement par un policier lors des manifestations de jeudi.

Selon Matan Golan, le policier aurait posé ses mains sur ses seins pendant quelques secondes pour la repousser, alors qu’elle venait de se signaler comme journaliste et avait demandé à franchir le cordon de police.

Golan a photographié l’incident, raison pour laquelle, de son point de vue, le policier lui a porté un coup au ventre.

Elle a publié ses propres photos de l’incident sur son compte Twitter.

« Les contacts physiques au niveau d’organes sensibles sont interdits, particulièrement entre un policier et une femme », a écrit Golan.

« Mettons que l’agent m’ait touché la poitrine par erreur. Mais pourquoi me donner un coup de poing ? Et si j’avais été enceinte? »

Cela fait bientôt trois mois que les Israéliens manifestent en grand nombre contre le projet de réforme judiciaire du gouvernement.

En l’état, le paquet législatif permettrait entre autre à la Knesset d’annuler des décisions de la Cour Suprême avec une faible majorité, mettre des lois à l’abri de tout contrôle de légalité et laisser le choix des juges aux membres de la coalition.

Les partisans de cette réforme assurent qu’elle va équilibrer les pouvoirs d’une Cour suprême devenue trop activiste, là où ses critiques disent craindre qu’elle fasse disparaitre les nécessaires contrepouvoirs entre pouvoirs exécutif et judiciaire, mette en danger la démocratie et prive de droits nombre d’Israéliens.

Netanyahu a déclaré jeudi soir qu’il allait s’occuper de la réforme judiciaire en dépit de l’accord de prévention des conflits d’intérêts qui l’empêche de le faire en raison de son procès pénal.

Vendredi, la procureure générale Gali Baharav-Miara a dit à Netanyahu qu’il avait violé cet accord, ce qu’il a nié en bloc.

Le Premier ministre a promis jeudi de tenir compte des préoccupations de l’opposition et de revoir le projet de loi pour trouver un meilleur équilibre, tout en annonçant que le gouvernement continuait à travailler à l’adoption du projet de loi lui donnant le contrôle sur la sélection des juges.

Aux dires de Netanyhau, ce texte devrait être adopté dans sa forme actuelle, par la Knesset, la semaine prochaine.

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