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Le roi de Jordanie se joint au largage d’aides à Gaza sur fond de crise humanitaire

Alors que le souverain est à l'étranger, un avion militaire jordanien a largué du matériel médical pour les hôpitaux de campagne de l'enclave ; des livraisons alimentaires massives ont été bloquées à un port israélien, dit l'UNRWA

Le roi de Jordanie Abdallah II s'exprime lors d'une session plénière au sommet climatique de l'ONU COP28, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 1er décembre 2023. (Crédit : Peter Dejong/AP Photo)
Le roi de Jordanie Abdallah II s'exprime lors d'une session plénière au sommet climatique de l'ONU COP28, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 1er décembre 2023. (Crédit : Peter Dejong/AP Photo)

Le roi Abdallah II de Jordanie a pris part au largage, par voie aérienne, d’aides humanitaires à Gaza – une initiative visant à souligner le rôle tenu par le royaume qui veut pousser Israël à renforcer les efforts dans la lutte contre les épidémies, contre la faim et contre les pénuries dans l’enclave côtière qui est déchirée par la guerre, ont expliqué des responsables dans la journée de dimanche.

Une vidéo qui a été diffusée par le média d’État Al Mamlaka a montré le souverain, en uniforme militaire, embarquer à bord d’un avion pour une mission de largage d’aides humanitaires récente qui a été effectuée par l’armée de l’air jordanienne à destination des hôpitaux de campagne installés par Amman dans la bande. Selon les médias officiels, cette dernière mission a eu lieu mardi dernier.

La Jordanie a procédé à onze largages aériens. Deux au moins ont été réalisés en collaboration avec l’armée de l’air française et néerlandaise, consistant en de nouveaux approvisionnements de matériel médical.

La princesse Salma, la seconde fille d’Abdallah qui est aussi pilote au sein de l’armée de l’air, avait participé à l’une de ces missions au mois de décembre.

Le roi, qui appelle avec véhémence à la conclusion d’un cessez-le-feu définitif dans la guerre qui oppose Israël au Hamas à Gaza, est parti jeudi dernier en déplacement dans les capitales occidentales majeures. Il devrait rencontrer par ailleurs le président américain Joe Biden, faisant pression en faveur d’un arrêt permanent des combats dans la bande.

Abdallah devrait demander à Washington d’exercer des pressions sur Israël de manière à ce qu’il n’y ait plus d’obstacle à la délivrance des aides aux Palestiniens, affirmant que ces obstacles ne font qu’empirer la situation déjà critique des plus de deux millions de résidents de l’enclave côtière qui courent le risque de la famine, ont noté les officiels.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait salué, le mois dernier, le « rôle et le leadership de la Jordanie dans l’acheminement d’aides vitales aux civils palestiniens de Gaza » pendant une visite à Amman.

La Jordanie est parvenue à convaincre Israël de permettre au Programme alimentaire mondial (WFP) d’effectuer des livraisons à Gaza en empruntant un autre itinéraire terrestre qui part de la Jordanie, ce qui a facilité la situation au principal poste-frontière utilisé pour le transit de cette assistance, le poste-frontière de Rafah dont les capacités sont limitées.

La Jordanie, qui partage une frontière avec la Cisjordanie, craint une propagation du conflit en cours à Gaza alors que les violences des partisans du mouvement pro-implantation entraînent l’exode à grande échelle des Palestiniens vers l’autre côté du fleuve Jourdain.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, au centre, visite un entrepôt du Programme alimentaire mondial à Amman, le 7 janvier 2024. (Crédit : EVELYN HOCKSTEIN / POOL / AFP)

La guerre opposant Israël et le Hamas a commencé le 7 octobre, date à laquelle des milliers de terroristes placés sous la direction du Hamas avaient franchi la frontière et ils avaient semé la désolation dans les communautés du sud d’Israël, massacrant 1200 personnes, des civils en majorité. Ils avaient commis des atrocités, exécutant des familles entières dans leurs habitations, brûlant vives leurs victimes et se livrant à des violences sexuelles à grande échelle. Ils avaient aussi enlevé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza. 130 otages se trouvent encore aujourd’hui en captivité dans les geôles du groupe terroriste et tous ne sont plus en vie.

En réponse, Israël a lancé une campagne aérienne et une incursion terrestre, jurant d’anéantir le Hamas et de mettre un terme à sa gouvernance au sein de l’enclave côtière, qu’il dirige d’une main de fer depuis 16 ans.

Le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous l’autorité du Hamas, indique que plus de 28 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit. Des chiffres qui ne peuvent pas être vérifiés et qui comprendraient à la fois les civils et les terroristes qui ont perdu la vie dans la bande, notamment en conséquence des tirs de roquette des factions palestiniennes qui, manquant leur trajectoire, sont retombées au sein de l’enclave côtière.

De son côté, l’armée a indiqué qu’elle avait tué plus de 10 000 hommes armés du Hamas en plus d’un millier de terroristes sur le sol israélien, le 7 octobre.

La guerre a déplacé environ 85% des 2,3 millions de résidents de Gaza, selon les Nations unies, et un enfant de moins de cinq ans sur dix souffrirait de grave malnutrition.

Des Palestiniennes attendent lors d’une distribution de produits alimentaires gratuits à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 2 février 2024. (Crédit : AP Photo/Hatem Ali)

Dimanche, l’agence chargée des réfugiés palestiniens au sein de Nations unies a indiqué qu’une livraison correspondant à une distribution de produits alimentaires pendant un mois était bloquée dans un port israélien.

Le mois dernier, l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) a suspendu 12 de ses employés qui auraient été impliqués dans le massacre commis, le 7 octobre, dans le sud d’Israël, lançant une enquête sur ces accusations. En résultat, un certain nombre de pays donateurs ont suspendu leurs financements – ce qui, selon l’agence, pourrait entraîner un arrêt de ses opérations à Gaza à la fin du mois de février.

L’agence a expliqué qu’elle rencontrait des obstacles administratifs de plus en plus nombreux de la part d’Israël et que les aides humanitaires bloquées était le dernier d’entre eux.

« Nous évoluons actuellement, ici, dans un environnement très hostile à l’égard de l’agence mais il y a eu certaines décisions prises qui commencent à avoir un impact sur les capacités de l’agence à travailler correctement », a commenté le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, vendredi dernier.

Il a dit que l’agence avait été informée par un entrepreneur qui fournit des services au port d’Ashdod que sa firme ne pourrait plus continuer à travailler avec l’UNRWA, suite à des instructions données par les autorités israéliennes.

Le siège de l’UNRWA à Gaza City, le 8 février 2024. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

En résultat, une livraison en provenance de la Turquie, qui consistait en 1049 conteneurs – farine, pois chiches, sucre, huile de cuisson en quantité suffisante pour répondre aux besoins de 1,1 million de personnes pendant un mois – a été bloquée au port, a continué Lazzarini.

Il a précisé que l’UNRWA avait averti la Turquie. Les autorités turques n’ont pas fait de commentaire à ce sujet jusqu’à présent.

Un porte-parole du ministère des Finances, pour sa part, a déclaré que le dossier était entre les mains du conseiller juridique du gouvernement. Il n’a pas fait d’autre commentaire.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait annoncé sur le réseau social X, anciennement Twitter, qu’Israël avait annulé les allègements fiscaux qui étaient précédemment offerts à l’UNRWA. Une décision qui n’a pas été communiquée de manière officielle à l’agence, qui ne l’a apprise que par le biais de la publication de Smotrich, a déploré Lazzarini.

L’UNRWA avait été établie pour venir en aide aux réfugiés palestiniens qui avaient dû quitter leurs foyers ou qui avaient pris la fuite pendant la guerre d’Indépendance de 1948, qui avait accompagné la fondation de l’État d’Israël. Elle distribue encore des aides et elle offre des écoles à leurs descendants de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, ainsi qu’au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Cela fait longtemps qu’Israël accuse l’agence de contribuer au conflit en encourageant les groupes terroristes, des accusations qui sont montées nettement d’un cran depuis l’attaque du 7 octobre.

Une salle électrique desservant un centre informatique souterrain du Hamas, sous le siège de l’UNRWA, découvert par l’armée israélienne dans la ville de Gaza, le 8 février 2024. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Samedi, le Times of Israel d’autres médias ont publié des informations concernant l’existence d’un centre de données du Hamas qui était installé sous le siège de l’UNRWA à Gaza.

Ce centre de données souterrain, où s’est rendu le correspondant militaire du Times of Israel lors d’une visite organisée pour les journalistes par l’armée israélienne dans la journée de jeudi, comprenait une centrale électrique, des batteries industrielles et les quartiers de vie des terroristes du Hamas qui s’occupaient de ces serveurs informatiques.

Lazzarini a nié avoir eu connaissance de l’existence de ce centre de données, estimant que si cette découverte « méritait le lancement d’investigations indépendantes », il n’était pas possible d’ouvrir une enquête « dans la mesure où Gaza est une zone de combat active ».

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