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Le roman « Les Nétanyahou » de Joshua Cohen remporte le prix Pulitzer de la fiction

Le Comité a salué "un roman historique mordant et habile sur le plan linguistique, donnant à voir les ambiguïtés de l’expérience judéo-américaine"

L’auteur américain Joshua Cohen, à la librairie Coop Ambasciatori à Bologne, en Italie, le 5 septembre 2019. (Crédit : Roberto Serra - Iguana Press/Getty Images via la JTA)
L’auteur américain Joshua Cohen, à la librairie Coop Ambasciatori à Bologne, en Italie, le 5 septembre 2019. (Crédit : Roberto Serra - Iguana Press/Getty Images via la JTA)

JTA – Le prix Pulitzer 2022 de la fiction a été décerné au livre Les Nétanyahou, un roman cinglant et satirique de l’écrivain originaire de Brooklyn, Joshua Cohen, qui imagine un déplacement de la famille de l’ex-Premier ministre israélien dans une ville universitaire américaine au début des années 1960.

Le comité du prix a qualifié l’œuvre de « roman historique mordant et linguistiquement habile sur les ambiguïtés de l’expérience judéo-américaine, présentant des idées et des différends aussi imprévisibles que son intrigue est étroitement ficelée ».

Âgé de 41 ans, Cohen s’est inspiré d’une visite réelle de Benzion Netanyahu, historien et père de Benjamin Netanyahu, à l’Université Cornell, où Netanyahu père a enseigné les études judaïques de 1971 à 1975.

Cohen a déclaré que l’histoire de la visite initiale des Netanyahu sur le campus lui avait été racontée par le regretté critique littéraire, Harold Bloom.

Dans le roman, le narrateur, Juif assimilé, accueille la famille et se hérisse de la vision du monde farouchement nationaliste de Benzion.

« Je voulais écrire quelque chose sur la politique identitaire et la politique du campus qui nous entourent », a déclaré Cohen à Hey Alma, le site frère de la JTA. « Il y a beaucoup de choses dans Benzion Netanyahu qui renvoient au tribalisme, perceptible lorsque de grands collectifs ethniques ou raciaux s’effondrent – ces empires s’effondrent, et ils s’effondrent dans le tribalisme. »

Le roman, sous-titré « Récit d’un épisode somme toute mineur, voire carrément négligeable, dans l’histoire d’une famille très célèbre », a été très apprécié pour son mélange d’esprit et de questions sur le sionisme et l’identité juive.

« C’est un travail exaspérant, frustrant, prétentieux – et aussi absorbant, délicieux, hilarant, à couper le souffle et le meilleur et le plus pertinent roman que j’aie lu, peut-être pour toujours », avait écrit Taffy Brodesser-Akner du New York Times en juin dernier.

Les Nétanyahou : Le récit d’un épisode somme toute mineur, voire carrément négligeable, dans l’histoire d’une famille très célèbre, par Joshua Cohen.

La plupart des critiques ont été très positives. Le Guardian l’a qualifié de « fantaisie historique comique – un mélange vertigineux d’apprentissage livresque et de savoir-faire mondain, exprimé de manière riche et ingénieuse ». Le roman a remporté le prix de la fiction du Jewish Book Council pour 2021.

Mais il a aussi eu des détracteurs. Jewish Currents a jugé le roman très inspiré à la fois de Philip Roth et Saul Bellow, et la Jewish Review of Books a déclaré que le roman comprenait « une page d’histoire du sionisme tellement fausse que je viens d’abandonner ».

Les Nétanyahou est le sixième roman de Cohen.

L’un des autres finalistes du prix de la fiction était Monkey Boy, de Francisco Goldman, en partie inspiré de l’histoire de Goldman, fils d’un père juif et d’une mère catholique guatémaltèque.

Dans la catégorie « information », le Washington Post a remporté le prix Pulitzer du journalisme de service public pour sa couverture de l’insurrection du 6 janvier au Capitole aux États-Unis.

Le Miami Herald a remporté le prix des dernières nouvelles pour son travail couvrant l’effondrement de la tour Surfside.

« En tant que rédaction, nous avons eu à cœur de suivre au plus près l’histoire de l’effondrement du condominium Champlain Towers South, son actualité à chaud, tout en assurant une couverture quotidienne allant jusqu’à l’enquête qui a suivi », a écrit la rédactrice en chef du Miami Herald, Monica Richardson, dans un communiqué. « C’était notre histoire parce que les gens et les familles de Surfside affectés par cette tragédie inimaginable font partie de notre communauté. »

Un membre de l’équipe de recherche et de sauvetage israélienne, à gauche, devant les décombres de ce qu’étaient les tours Champlain Sud lors d’une cérémonie de prière, le 7 juillet 2021, à Surfside, en Floride. (Crédit : Jose A Iglesias/Miami Herald via AP)

Le comité Pulitzer a également souhaité distinguer les journalistes ukrainiens, reconnaissant leur « courage, leur endurance et leur engagement » dans la couverture de l’invasion russe. En août dernier, le conseil d’administration du Pulitzer avait déjà accordé une citation spéciale aux journalistes afghans qui avaient risqué leur vie pour faire en sorte que des reportages et des images de leur pays déchiré par la guerre soient diffusés.

Les prix Pulitzer, administrés par l’Université Columbia et considérés comme les plus prestigieux du journalisme américain, distinguent 15 catégories de journalisme et sept catégories artistiques. La cérémonie de cette année, diffusée en direct, rend hommage aux productions de 2021. Le gagnant du prix du service public reçoit une médaille d’or, et les gagnants de chacune des autres catégories reçoivent 15 000 $.

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