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Le Sénat confirme Nides, candidat de Biden, en tant qu’ambassadeur en Israël

Un jour après avoir empêché les Démocrates d'accélérer la nomination, les Républicains ont renoncé à leurs objections, permettant à Thomas Nides d'être confirmé par vote vocal

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Thomas Nides lors d'une réunion à Islamabad, au Pakistan, le 4 avril 2012. (Crédit : AP/Anjum Naveed)
Thomas Nides lors d'une réunion à Islamabad, au Pakistan, le 4 avril 2012. (Crédit : AP/Anjum Naveed)

Le Sénat américain a confirmé mercredi Thomas Nides, ancien secrétaire d’État adjoint et membre de longue date du parti démocrate, comme ambassadeur de l’administration Biden en Israël. La décision fait suite à un processus de nomination interminable qui, selon certains, aurait bien pu s’éterniser encore longtemps.

Nides a été confirmé lors d’un vote vocal au Sénat après que les Républicains ont levé leurs objections à sa nomination. La veille, le sénateur républicain Josh Hawley avait empêché le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, le Démocrate Robert Menendez, d’accélérer le processus de confirmation via un vote par consentement unanime.

Mercredi soir, le chef démocrate de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, a de nouveau présenté la nomination au Sénat. Celle-ci a été adoptée à une écrasante majorité lors d’un vote vocal. Les Républicains n’ont pas expliqué dans l’immédiat pourquoi ils avaient choisi de changer de cap.

Cette confirmation mettra fin à une période de près de 10 mois pendant laquelle les États-Unis n’ont pas eu d’ambassadeur en Israël, après la démission de David Friedman en janvier. L’ancien consul général de Jérusalem, Michael Ratney, dirige l’ambassade des États-Unis à Jérusalem en tant que chargé d’affaires par intérim depuis juin.

Le président américain Joe Biden a officiellement sollicité Nides pour le poste en juin. Bien que la nomination de l’homme, âgé de 60 ans, n’était pas considérée comme controversée, celle-ci a été retardée – avec des dizaines d’autres – pour des raisons de politique partisane, les Démocrates accusant les Républicains de faire trainer le processus.

Friedman, ancien ambassadeur de Donald Trump en Israël, était considéré comme une personnalité beaucoup plus controversée, compte tenu de son soutien et de ses liens avec le mouvement des implantations. La grande majorité des Démocrates avaient voté contre sa nomination, mais il a tout de même été confirmé quatre mois après. Il a fallu quatre mois et demi au Sénat pour confirmer Nides.

L’ambassadeur du président américain Biden en Israël, Tom Nides, témoigne devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat le 22 septembre 2021. (Capture d’écran/Commission sénatoriale des Affaires étrangères)

Un cadre démocrate avait déclaré au Times of Israël que le parti craignait que le processus de confirmation ne traîne pendant encore plusieurs mois, après que le sénateur républicain Josh Hawley a initialement empêché d’accélérer le processus de confirmation. Les législateurs démocrates et plusieurs groupes pro-israéliens ont fustigé les Républicains pour avoir mis en danger les intérêts américains en retardant la nomination.

Nides occupera ce poste sensible à un moment particulièrement chargé, alors que les États-Unis et Israël sont en désaccord sur le projet de Biden de rouvrir un consulat à Jérusalem qui traiterait spécifiquement des affaires palestiniennes. Le consulat a été fermé par Trump lorsqu’il a déplacé l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, plaçant l’unité des affaires palestiniennes sous l’égide de l’ambassade et suscitant la colère de Ramallah. La nomination survient également alors que les tensions avec l’Iran se sont intensifiées, avec la reprise des négociations sur un retour à l’accord nucléaire de 2015, auquel s’oppose Israël.

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Gilad Erdan, a été parmi les premiers à féliciter la confirmation de Nides. « Amb. Nides, je vous souhaite beaucoup de succès et un mandat fructueux à l’ambassade des États-Unis dans la capitale éternelle d’Israël, Jérusalem. Je suis sûr que vous renforcerez encore le lien spécial entre Israël et les États-Unis », a tweeté l’envoyé israélien.

Le consulat des États-Unis à Jérusalem qui a fusionné avec l’ambassade américaine en Israël dans la ville sainte, le 4 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Nides est un ancien secrétaire d’État adjoint chargé de la gestion et des ressources, qui était jusqu’à présent directeur général et vice-président de Morgan Stanley.

Bien qu’il n’ait pas autant travaillé par le passé sur des questions concernant Israël que certains des précédents ambassadeurs américains, Nides n’est pas non plus étranger au sujet. Alors qu’il était au département d’État, il a ainsi établi des relations de travail efficaces avec plusieurs responsables israéliens et a joué un rôle clé dans l’approbation par l’administration Obama d’une prolongation des garanties de prêt pour Israël, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars.

Il a également aidé à mettre en œuvre la politique d’Obama contre les efforts du Congrès visant à limiter le soutien américain à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNWRA) et à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

En 2012, Nides a envoyé une lettre à la commission des Crédits du Sénat américain, s’opposant à une législation qui ferait la distinction entre les Palestiniens déplacés par la création d’Israël en 1948 et les réfugiés qui sont leurs descendants, réduisant le nombre de réfugiés de 5 millions à seulement 30 000 (l’administration Trump avait évoqué des mesures similaires). Nides avait écrit que la législation saperait la capacité américaine d’agir en tant que médiateur de paix, « et générerait une très forte réaction négative de la part des Palestiniens et de nos alliés dans la région, en particulier la Jordanie ».

Récipiendaire du Distinguished Service Award pour son travail en tant que secrétaire d’État, Nides aurait pu être considéré comme chef de cabinet de la Maison Blanche si Hillary Clinton avait remporté les élections de 2016. Il entretient des relations de longue date avec Biden et Obama. Il a également été directeur de campagne de l’ancien sénateur Joe Lieberman lorsqu’il s’est présenté à la vice-présidence en 2000.

Nides siège au conseil d’administration de nombreuses organisations à but non lucratif, notamment l’Atlantic Council, l’International Rescue Committee, le Partnership for Public Service, la Urban Alliance Foundation, le Council on Foreign Relations et le Woodrow Wilson Center.

Nides est né en 1961 dans une famille juive de Duluth, dans le Minnesota. Son père, Arnold Nides, était le président de Temple Israel et de la Fédération juive de Duluth, ainsi que le fondateur de la société financière Nides Finance.

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