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Un sénateur républicain ralentit la nomination de l’ambassadeur US en Israël

Josh Hawley n'a pas justifié sa décision de bloquer le vote pour approuver Tom Nides ainsi que 6 autres candidats ; un collègue démocrate qualifie cette décision de "stupéfiante"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le vice-secrétaire d'État Thomas R. Nides, au centre, parle au ministre sud-coréen des Affaires étrangères, à droite, alors que l'ambassadeur américain en Corée du sud, Sung Kim, écoute pendant une réunion au ministère des Affaires étrangères de Séoul, en Corée du sud, le 29 février 2012. (Crédit : AP Photo/ Lee Jin-man, Pool)
Le vice-secrétaire d'État Thomas R. Nides, au centre, parle au ministre sud-coréen des Affaires étrangères, à droite, alors que l'ambassadeur américain en Corée du sud, Sung Kim, écoute pendant une réunion au ministère des Affaires étrangères de Séoul, en Corée du sud, le 29 février 2012. (Crédit : AP Photo/ Lee Jin-man, Pool)

Un sénateur républicain a bloqué mardi le vote visant à confirmer la nomination du candidat choisi par le président américain Joe Biden au poste d’ambassadeur en Israël, compliquant ainsi les efforts visant à pourvoir le poste vacant d’ici la fin de l’année.

Le sénateur Josh Hawley du Missouri s’est opposé à la demande du sénateur démocrate Robert Menendez de confirmer Tom Nides – ainsi que six autres candidats de Biden – par consentement unanime.

Hawley n’a pas précisé s’il avait des objections spécifiques à l’encontre de Nides, se contentant de dire qu’il s’opposait à l’un des autres candidats et qu’il parlait au nom de plusieurs autres collègues républicains.

Par conséquent, les dirigeants démocrates devront passer par un processus beaucoup plus long pour confirmer les candidats, notamment en programmant des votes individuels et en organisant des débats en séance. Le temps de parole étant limité et l’ordre du jour du Sénat étant largement axé sur les projets de loi de Biden sur l’infrastructure et la réconciliation, la confirmation de Nides pourrait traîner pendant des mois.

Si Nides n’est pas considéré comme un choix controversé, certains républicains ont fait de sa nomination un référendum sur la politique israélienne plus large de Biden, qui comprend un plan de réouverture du consulat américain à Jérusalem. La mission a historiquement servi de bureau de représentation de facto auprès des Palestiniens avant d’être fermée par l’ancien président Donald Trump en 2019.

La nomination de Nides a été soumise par la commission des Affaires étrangères du Sénat au Sénat le mois dernier, bien que trois législateurs du parti républicain – les sénateurs Ted Cruz, Marco Rubio et Bill Haggerty – aient voté contre.

L’ambassadeur de Trump en Israël, David Friedman, était considéré comme un choix beaucoup plus controversé, étant donné son soutien et ses liens avec le mouvement des implantations. La grande majorité des démocrates ont voté contre sa nomination lors d’un vote en séance plénière, qu’ils ont forcé. Il a néanmoins été confirmé quatre mois après sa nomination. Nides a été nommé par Biden il y a quatre mois et demi.

Après que Hawley a annoncé son objection, Menendez a exprimé sa colère.

« Nous n’aurons donc pas d’ambassadeur en Israël alors que nous devons faire face aux défis de l’Iran et d’autres pays de la région. C’est ahurissant de voir tous ceux qui se lèvent ici et parlent de notre allié l’État d’Israël, mais nous n’aurons pas d’ambassadeur là-bas pour nous aider à relever les défis auxquels Israël est confronté », a déclaré Menendez.

L’Israel Policy Forum, de centre-gauche, a exprimé la même frustration.

« Une relation forte entre les États-Unis et Israël nécessite une représentation diplomatique forte, permettant aux deux parties de travailler en partenariat étroit et de résoudre les désaccords à l’amiable. Nous sommes consternés que [la nomination de] Tom Nides, qui est incontestablement qualifié pour servir en tant qu’ambassadeur en Israël, continue d’être bloquée […]. Nous appelons le Sénat à agir pour que Nides puisse commencer la tâche critique de représenter les États-Unis et leurs intérêts à Jérusalem », a déclaré l’IPF dans un communiqué.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) rencontre le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, Michael Ratney, au bureau du Premier ministre, le 30 juin 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Le poste vacant à l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est devenu un problème pour l’administration Biden, qui a envoyé le diplomate chevronné Michael Ratney comme chargé d’affaires par intérim après la guerre à Gaza en mai. On s’attendait à ce que l’ancien général consulaire de Jérusalem occupe le poste pendant une courte période, et Biden a nommé Nides plusieurs semaines après l’arrivée de Ratney.

Nides est un ancien secrétaire d’État adjoint chargé de la gestion et des ressources, qui était jusqu’à présent directeur général et vice-président de Morgan Stanley. Sa nomination a été annoncée en juin.

Lorsqu’il était au département d’État, Nides a établi des relations de travail efficaces avec plusieurs responsables israéliens et a joué un rôle clé dans l’approbation par l’administration Obama d’une prolongation des garanties de prêt pour Israël, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Il a également aidé à mettre en œuvre la politique d’Obama contre les efforts du Congrès visant à limiter le soutien américain à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNWRA) et à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

En tant que cadre bancaire, Nides – né en 1961 dans une famille juive de Duluth, dans le Minnesota – apporterait à ce poste une expérience à la fois du secteur public et du secteur privé.

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