Le Shin Bet a mis en garde le terroriste avant son attaque meurtrière – en vain
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Le Shin Bet a mis en garde le terroriste avant son attaque meurtrière – en vain

Les services de sécurité ont contacté la famille de Hassan Abu Bush à propos de son comportement extrémiste peu avant la mort de Shlomit Krigman, selon la cour

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Shlomit Krigman, 23 ans, qui est morte le 26 janvier 2016 après avoir été poignardée dans l'implantation de Beit Horon, parle de son idée pour les bibliothèques urbaines sur la Dixième chaîne  le 10 mars 2015 (Capture d'écran YouTube)
Shlomit Krigman, 23 ans, qui est morte le 26 janvier 2016 après avoir été poignardée dans l'implantation de Beit Horon, parle de son idée pour les bibliothèques urbaines sur la Dixième chaîne le 10 mars 2015 (Capture d'écran YouTube)

Le service de sécurité du Shin Bet a averti la famille d’un adolescent palestinien que leur fils avait un comportement extrémiste. L’adolescent en question a effectué une attaque au couteau qui a coûté la vie à une jeune femme israélienne et en a modérément blessé une autre.

Un panel de trois juges de la Cour suprême a rejeté mardi l’appel lancé par la famille de Hassin Abu Gush, 17 ans, contre la démolition de leur maison. Les juges ont évoqué les multiples avertissements du Shin Bet comme preuves que la famille avait eu suffisamment d’occasions pour empêcher l’attaque, selon le site Walla.

La famille avait fait appel contre la démolition de sa maison, où les parents vivent avec six enfants, au motif que leur fils était mineur quand il a mené l’attaque.

Le 25 janvier dernier, deux terroristes, Ibrahim Al’an, 23 ans, du village palestinien de Beit Ur al-Tahta en Cisjordanie, et Abu Gush, du camp de réfugiés de Qalandiya en Cisjordanie, près de Jérusalem, sont entrés dans l’implantation de Beit Horon et ont poignardé les acheteurs d’une épicerie locale.

Shlomit Krigman, 23 ans, a été grièvement blessée et est décédée un jour plus tard. Une autre femme a été légèrement blessée. Les deux terroristes ont été abattus sur les lieux par un garde de sécurité. Plus tard, les policiers ont retrouvé deux bombes artisanales que les terroristes avaient vraisemblablement prévu d’utiliser dans l’attaque.

Dans leur décision les juges ont noté que, durant les mois qui ont précédé l’attaque, le Shin Bet a identifié Abu Gush pour son comportement extrémiste et a soupçonné qu’il avait l’intention de procéder à une attaque terroriste. En août dernier, un coordinateur du Shin Bet a appelé son père afin de l’avertir que l’adolescent devait changer de comportement, a rapporté Walla. Le coordinateur a également précisé au père que son fils avait été interdit d’entrer en Israël à cause de son comportement.

Deux mois plus tard, le coordinateur a appelé le père en l’avertissant que son fils poursuivait sa « mauvaise voie », et a clarifié que la prochaine fois, il ne s’agira pas seulement d’un coup de téléphone mais d’une visite à domicile. Trois mois plus tard, le fils a mené son attaque avec Al’an.

Les juges ont estimé qu’il n’y avait pas de raison de rejeter l’ordre de démolition, qui a déjà été signé par Le Commandant de Tsahal Maj.-Gen Roni Numa.

« Le Shin Bet a choisi d’alerter au préalable à la fois l’auteur de l’attaque et sa famille, tout en précisant qu’ils étaient ‘dans le collimateur’ « , ont noté les juges.

« Il est clair que ces avertissements n’ont pas fonctionné. Le père de l’auteur n’a pas surveillé son fils, ne l’a pas averti, ne lui a pas parlé de la gravité de ces actions, de sorte que les demandeurs n’ont personne à blâmer à part eux-mêmes ».

L’appel ayant été rejeté, la démolition va s’effectuer. La moitié de l’appartement est prêt à être démoli et les espaces vides sont remplis de fils barbelés, selon le rapport. On ne sait pas si la partie condamnée du bâtiment sera détruite ou scellée avec du ciment, une autre forme de démolition utilisée par l’armée israélienne.

Selon les responsables israéliens, les démolitions des maisons des assaillants et de leurs familles sont un moyen de dissuasion contre de futures attaques. Cependant, les critiques disent que cette forme de mesure est une punition collective.

Les maisons de 11 assaillants palestiniens ont été démolies par les forces de sécurité depuis le mois de septembre – dont trois pour des attaques menées en 2014 ou à la mi-2015, avant la dernière vague de violence.

L’armée israélienne a scellé lundi la maison d’un adolescent palestinien en procès pour avoir causé la mort d’un Israélien lors d’un lancer de pierre l’année dernière. Des unités de l’armée et de la police sont entrées dans le quartier de Tsur Baher à Jérusalem-Est et ont cimenté la maison d’Abed Dawiat, qui avait 17 ans au moment de l’incident, qui s’est déroulé en septembre 2015.

Mardi également, le procureur militaire de Tsahal a informé qu’un chauffeur de camion palestinien – soupçonné d’avoir roulé sur un Israélien, le tuant, l’an dernier dans le cadre de la vague actuelle d’attaques terroristes qui a commencé en octobre 2015 – sera accusé seulement d’homicide involontaire.

Le suspect, dont le nom n’a pas été révélé, a été arrêté par le Shin Bet au début du mois dernier, plus de cinq mois après l’incident d’octobre 2015 lors duquel Avraham Hasano a été tué sur une route de Cisjordanie. Le résident du village de Dahariya, en Cisjordanie, affirme qu’il a roulé sur Hasano par accident et a fui la scène par peur.

Au cours des six derniers mois, 29 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été tués dans des attaques menées par des Palestiniens. Près de 200 Palestiniens ont également été tués, environ les deux tiers d’entre eux pendant des attaques contre des Israéliens, et le reste lors d’affrontements avec des troupes, selon l’armée israélienne.

L’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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