Israël en guerre - Jour 282

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Le soutien de Netanyahu à un accord « partiel » nuit aux négociations sur les otages

Selon un diplomate arabe de haut rang, le Premier ministre a confirmé les craintes du Hamas qu'Israël ne respecte que la première phase de la trêve

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la Quatorzième chaîne lors de la première interview qu'il a accordée à un média israélien depuis le 7 octobre, le 23 juin 2024. (Crédit : Capture d'écran/Quatorzième chaîne ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à la Quatorzième chaîne lors de la première interview qu'il a accordée à un média israélien depuis le 7 octobre, le 23 juin 2024. (Crédit : Capture d'écran/Quatorzième chaîne ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

WASHINGTON – Les propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dimanche soir, selon lesquels il ne soutenait qu’un accord partiel avec le Hamas, qui permettrait la libération d’un certain nombre d’otages, tout en insistant que les combats contre le groupe terroriste reprendraient après la libération des femmes, des personnes âgées et des otages malades, ont nui aux négociations, a confié lundi au Times of Israel un diplomate arabe de haut rang de l’un des pays médiateurs.

Selon ce diplomate, le groupe terroriste palestinien du Hamas a depuis longtemps fait part de ses craintes qu’Israël ne respecte que la première phase de l’accord pour ensuite trouver un prétexte à la reprise des combats, plutôt que de procéder à la seconde phase, au cours de laquelle Israël est censé se retirer définitivement de la bande de Gaza en échange des derniers otages encore en vie.

Le haut diplomate arabe a indiqué qu’en tenant ces propos dans une interview accordée dimanche à la Quatorzième chaîne, Netanyahu avait donné raison aux craintes du Hamas.

Lors d’un débat à la Knesset lundi, le Premier ministre a semblé faire marche arrière, déclarant qu’il était « attaché à la proposition israélienne [de cessez-le-feu] saluée par le Président [américain] Biden ».

Les remarques de Netanyahu relatives à l’accord pour la libération des otages et à la proposition de cessez-le-feu étaient en totale contradiction avec ses propos tenus lors de l’interview télévisée, au cours de laquelle il s’était dit « prêt à conclure un accord partiel (…) permettrait à certains, parmi les otages, de revenir auprès de nous », tout en se déclarant se voir « obligé de continuer les combats après une éventuelle pause et ce dans le but d’atteindre notre objectif de destruction du Hamas ».

Le diplomate arabe a ajouté que la question en suspens dans les pourparlers était la demande du Hamas qu’Israël s’engage d’abord à un cessez-le-feu permanent.

Des manifestants réclament la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza, à Jérusalem, le 22 juin 2024. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les médiateurs qataris auraient contacté leurs homologues du Mossad pour demander des éclaircissements, a rapporté le site Axios, notant que Doha était furieux parce qu’il était en train de tenter de combler le fossé entre les deux parties lorsque Netanyahu a tenu ces propos à la Quatorzième chaîne.

Lundi également, une source israélienne au fait des négociations avec le Hamas a confié à la Douzième chaîne que les remarques de Netanyahu sur son soutien à un accord « partiel » uniquement « ont causé des dommages qu’il sera très difficile de réparer et au mauvais moment – alors que toute la pression était sur [le chef du Hamas à Gaza, Yahya] Sinwar ».

« Ses propos étaient de l’ordre du sabotage. Il est difficile de voir comment nous pourrions parvenir à un accord dans un avenir proche. C’est la fin de tout accord », a déclaré la source, qui a ajouté : « Il a abandonné l’idée de libérer les soldats kidnappés et d’essayer de ramener d’abord les femmes, les soldates et les personnes âgées ».

La proposition israélienne, rendue publique par Biden fin mai, prévoit un cessez-le-feu de six semaines dans la première phase de l’accord, qui se prolongerait par « un calme durable (cessation permanente des opérations militaires et des hostilités) » dans la seconde phase.

Netanyahu a toutefois nié à plusieurs reprises que la proposition israélienne prévoyait une cessation de la guerre avant qu’Israël n’ait atteint ses deux objectifs déclarés, à savoir la destruction du Hamas et le retour de tous les otages chez eux.

Le Hamas a enlevé 251 personnes le 7 octobre, jour où des milliers de terroristes menés par le groupe ont déferlé sur le sud d’Israël où ils ont assassiné près de 1 200 personnes, déclenchant ainsi la guerre dans la bande de Gaza. 116 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre seraient toujours à Gaza, mais des dizaines d’entre eux sont présumés morts.

Dans sa réponse à la proposition annoncée par Joe Biden, le groupe terroriste palestinien a formulé ses propres exigences. Les États-Unis espèrent que les divergences pourront être comblées.

Le président américain Joe Biden annonçant une proposition de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, dans la salle à manger de la Maison Blanche, à Washington, le 31 mai 2024. (Crédit : Evan Vucci/AP)

Le Hamas a indiqué dans un communiqué dimanche que les remarques de Netanyahu prouvaient qu’il n’était pas vraiment prêt à respecter la proposition israélienne présentée par Biden le mois dernier.

Netanyahu a également été critiqué par le Forum des familles d’otages, qui l’a accusé d’abandonner les otages restants en revenant sur la proposition qu’il avait approuvée en privé.

Plus tard lundi, le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, a suggéré que Netanyahu s’était mal exprimé lors de l’interview accordée à la Quatorzième chaîne, et a souligné les propos que le Premier ministre a tenus par la suite à ce sujet.

« Je pense que tous ceux d’entre nous qui s’expriment en public commettent parfois des erreurs… et lorsque c’est le cas, nous avons l’obligation de clarifier les choses, et nous constatons avec plaisir que c’est exactement ce qu’il a fait », a déclaré Miller.

Il a également vivement dénoncé le plan envisagé par Netanyahu de « continuer à tondre la pelouse » à Gaza une fois la guerre contre le Hamas terminée.

« La poursuite de l’engagement militaire à Gaza constitue tout simplement un moyen de poursuivre le conflit, l’instabilité et l’insécurité pour Israël », a indiqué Miller interrogé au sujet de l’interview télévisée.

« Il est évident que cette situation est extrêmement préjudiciable aux habitants de Gaza, qui veulent pouvoir reconstruire leurs vies et leurs maisons et qui veulent pouvoir envisager un avenir différent », a-t-il ajouté.

« Mais nous pensons également que la poursuite de ces opérations militaires dans la bande de Gaza ne fait qu’affaiblir Israël. Elle complique la possibilité de parvenir à une résolution dans le nord du pays, accroît l’instabilité en Cisjordanie et rend plus difficile la normalisation des relations d’Israël avec ses voisins. C’est pourquoi nous continuerons à proposer ce que nous pensons être une voie alternative qui contribue réellement à la sécurité d’Israël, et non une voie qui l’affaiblit », a ajouté Miller.

Lors d’une visite à Washington lundi, le ministre de la Défense Yoav Gallant s’est engagé à faire tout son possible pour ramener les otages de Gaza, et a appelé à une coopération étroite avec les Etats-Unis après les mois de tensions qui ont marqué leurs relations.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant (à droite) avec l’envoyé spécial américain Amos Hochstein à Washington DC, le 24 juin 2024 (Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Gallant a rencontré le chef de la CIA, William Burns, principal médiateur dans les pourparlers entre Israël et le Hamas pour arriver à un accord visant à libérer les otages des griffes du Hamas, avant de s’entretenir avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken.

« Je tiens à souligner que l’engagement premier d’Israël est de rendre tous les otages, sans exception, à leurs familles et à leurs foyers », a affirmé Gallant avant ses entretiens.

« Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les ramener chez eux », a-t-il ajouté.

En amont de l’arrivée de Gallant, des manifestants anti-Israël ont brandi des drapeaux palestiniens et des pancartes qualifiant le ministre de la Défense de « criminel de guerre ».

Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a demandé le mois dernier à la CPI d’émettre des mandats d’arrêt contre Gallant et Netanyahu, ainsi que contre les principaux dirigeants du Hamas, mais aucune décision n’a encore été prise.

Des manifestants anti-Israël manifestent devant le département d’État à Washington DC, le 24 juin 2024, alors que le secrétaire d’État américain Antony Blinken rencontre le ministre de la Défense Yoav Gallant. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Alors que d’importantes manifestations ont eu lieu pour exhorter Netanyahu à accepter l’accord, ce dernier a contrarié l’administration Biden ces derniers jours en reprochant à Washington de bloquer des livraisons d’armes et de munitions.

Gallant a encore une fois adopté une position très différente en soutenant que « l’alliance entre Israël et les Etats-Unis, qui a été dirigée par les Etats-Unis pendant de nombreuses années, est extrêmement importante ».

Outre l’armée israélienne, « nos liens avec les États-Unis sont l’élément le plus important pour notre avenir du point de vue de la sécurité », a-t-il ajouté.

Biden a retenu une livraison de bombes lourdes, craignant qu’Israël ne les utilise dans la ville densément peuplée de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, mais la Maison Blanche a affirmé que toutes les autres livraisons s’étaient poursuivies à un rythme normal.

Gallant devrait également rencontrer à Washington son homologue Lloyd Austin, le haut fonctionnaire de la Maison Blanche, Brett McGurk, et Amos Hochstein, qui est chargé de s’occuper des tensions avec le Hezbollah.

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