Le succès de Trump en Israël dépendra de la tournure de ses récents scandales
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Le succès de Trump en Israël dépendra de la tournure de ses récents scandales

D'anciens responsables ont indiqué que les récents faux pas du président envers Israël n'auront pas autant d'impact que l'enquête en cours sur les liens avec la Russie

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

WASHINGTON — La première visite du président américain Donald Trump en Israël n’aurait pas pu tomber à un pire moment pour sa présidence.

Entre les crises qui entourent une enquête qui ne cesse de s’intensifier sur une collusion possible entre sa campagne et la Russie, et des révélations qui viennent renforcer les allégations selon lesquelles il aurait tenté de mettre fin à cette investigation en démettant de ses fonctions le chef du FBI James Comey, le président américain affronte une grave période alors qu’il s’apprête à respecter son ambitieux agenda au Moyen-Orient.

Après son premier arrêt à Ryad, où il a livré un discours majeur dimanche, Trump se rendra en Israël et en Cisjordanie, où il devrait intensifier ses efforts pour conclure ce qu’il considère comme être « l’accord ultime » – la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Non seulement ces efforts seront mis de côté par l’enquête sur la Russie mais ils surviendront après une semaine mouvementée qui a connu deux controverses directement liées à la gestion par son administration de sa relation avec l’état juif.

La première controverse a été soulevée suite à la parution d’informations selon lesquelles Trump avait divulgué aux responsables russes des renseignements classifiés en provenance d’une source israélienne. La seconde controverse est née du refus de son administration à dire que le mur Occidental fait partie d’Israël.

Des Juifs pratiquants au mur Occidental, vêtus de leurs Taliths en période de Pessah - 17 avril 2014 (Crédit : Hadas Parush Flash 90)
Des Juifs pratiquants au mur Occidental, vêtus de leurs Taliths en période de Pessah – 17 avril 2014 (Crédit : Hadas Parush Flash 90)

Ces deux exemples au moins ne devraient probablement pas avoir trop d’impact sur la visite de Trump à Jérusalem, selon d’anciens responsables américains et israéliens.

Et ils ne seront – c’est presque certain – guère évoqués publiquement, a prédit David Makovsky, négociateur de paix au Moyen-Orient sous l’administration Obama au cours d’une interview accordée au Times of Israël.

« Tout ce qui peut être considéré comme pouvant être susceptible de diminuer la visite effectuée par [Benjamin] Netanyahu serait un échec, je pense », a-t-il dit, suggérant que les propres inquiétudes domestiques du Premier ministre l’inciteront à faire de cette visite une réussite.

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, à Washington, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, à Washington, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Netanyahu, a insisté Makovsky, « voudrait pouvoir dire que si les relations entre les Etats-Unis et Israël rencontraient des difficultés dans le passé, c’était à cause d’Obama. Et s’il a des problèmes avec les démocrates et avec les républicains, alors les gens vont dire : ‘Eh bien, ça pourrait peut-être venir de vous' ».

Si la divulgation de renseignements par Trump aurait pu mettre en péril une source israélienne, les responsables de Jérusalem ne se sentiront pas obligés d’en faire un problème dans la sphère privée, selon Gilead Sher, l’ancien chef d’état-major du Premier ministre Ehud Barak.

« Cela ne semble pas être une cause d’inquiétude très importante pour les Israéliens maintenant », a dit Sher, qui co-préside l’organisation favorable à la solution à deux états Blue White Future au Times of Israël. « C’est un cas singulier et ce n’est pas tellement significatif du contexte de la relation entre la Maison Blanche et le Premier ministre, et je ne pense donc pas que cette question jouera un grand rôle lors des discussions ».

Un sujet peut-être plus sensible pour les Israéliens est celui du refus de l’administration Trump – même au niveau rhétorique – de reconnaître le mur Occidental, lieu de prière le plus saint du judaïsme, comme faisant partie d’Israël.

Trump visitera le mur pendant son voyage mais Netanyahu ne sera pas à ses côtés, selon le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster, même si Trump avait, par la suite, fait savoir au quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom qu’il était possible que le Premier ministre soit toutefois présent. Il sera le premier président en exercice à se rendre sur le lieu saint.

Le Premier ministre Netanyahu et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 15 février 2017 (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Netanyahu et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 15 février 2017 (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Jonathan Schanzer, expert du Moyen-Orient à la Fondation pour la défense des démocraties, a expliqué que la nature et le symbolisme de la visite de Trump au mur Occidental aura suffisamment de signification aux yeux des Israéliens pour que l’absence de Netanyahu ne constitue pas réellement un problème.

« Je pense que si Trump lui-même va au mur Occidental et le fait avec des responsables israéliens – même avec la sécurité israélienne – cela sera significatif de qui contrôle réellement le mur Occidental — Et, se rendre là-bas, c’est reconnaître cet endroit en tant que lieu saint juif », a-t-il déclaré lors d’un appel avec les journalistes organisé la semaine dernière par l’Israël Project.

La plus grande inquiétude pour Trump et peut-être pour les Israéliens sera de savoir si des éléments supplémentaires viendront s’ajouter à l’enquête russe au moment où le président se trouve à l’étranger, alors qu’il tente de mener à bien l’initiative israélo-palestinienne promise.

« Je pense que le voyage est trop en péril pour pouvoir être productif en raison du chaos et des controverses actuelles à Washington, » a commenté Dan Shapiro, ambassadeur américain en Israël sous Obama et maintenant affilié au think-tank de l’Institut des Etudes de sécurité nationale de Tel Aviv, à l’AFP.

« C’est toujours les politiques domestiques qui prennent le dessus lorsque le leader est à l’étranger », a constaté Sher, qui était négociateur en chef israélien lors du Sommet de Camp David en l’an 2000.

Si davantage de révélations devaient être faites alors que Trump se trouve en Israël, a-t-il ajouté, « elles demanderont l’attention et le temps du président et de son équipe. Alors beaucoup de choses dépendent des développements ces jours-là ».

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