Le tribunal rabbinique appelle à l’aide pour trouver un homme qui refuse le divorce
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Le tribunal rabbinique appelle à l’aide pour trouver un homme qui refuse le divorce

Oded Guez, excommunié par les rabbins, avait omis de se présenter pour une audience visant à mettre fin à son mariage

Oded Guez (Crédit photo : autorisation JTA)
Oded Guez (Crédit photo : autorisation JTA)

Jeudi, la Haute cour rabbinique a lancé un appel au public pour l’aider à localiser un homme qui avait précédemment été nommé publiquement et excommunié afin d’essayer de le forcer à accorder le divorce à sa femme.

Oded Guez, physicien à l’Université Bar-Ilan qui depuis des années refuse d’accorder le divorce à sa femme, ne s’est pas présenté pour une audience au tribunal, plus tôt dans la semaine et n’a depuis donné aucun signe de vie. Le tribunal a déclaré qu’il craignait que si Guez n’était pas retrouvé, sa femme devrait demeurer « enchaînée » [aguna] à son mariage pour les années à venir.

« Toute personne qui saurait où il se trouve, ou l’aurait rencontré au cours des dernières 48 heures, est priée de contacter le Département Agunot à la Cour rabbinique, à tout moment, au numéro de téléphone 050-6094345 », a déclaré l’administration des tribunaux.

Dans le judaïsme, les femmes qui ne reçoivent pas le guet, ou l’acte de divorce religieux juif, par leurs maris sont appelées agunot ou « femmes enchaînés », puisqu’elles ne peuvent pas se remarier selon la loi juive orthodoxe. Tous les enfants qu’elles ont en dehors des liens du mariage ne pourront se marier en vertu du droit orthodoxe religieux. Les juges religieux ne sont pas habilités à annuler les mariages des maris récalcitrants.

Selon le site en hébreu Ynet, les autorités ne croient pas que Guez a quitté le pays. Haaretz a rapporté qu’il a été vu lundi dans la Vieille Ville de Jérusalem.

L’épouse de Guez, dont l’identité n’a pas été révélée, vit dans un refuge pour les femmes avec ses deux enfants.
Le tribunal a noté que Guez avait récemment indiqué que la question de son divorce allait enfin être résolue, mais il apparaît désormais que ce n’était qu’une tentative de gagner du temps.

Un homme se tient devant la cour rabbinique de Jérusalem, le 1er mars 2011. (Miriam Alster/Flash90)
Un homme se tient devant la cour rabbinique de Jérusalem, le 1er mars 2011. (Miriam Alster/Flash90)

« Le public est appelé à coopérer et à aider à libérer cette femme, à la veille d’une fête où le peuple juif commémore sa sortie de l’esclavage pour retrouver la liberté », a déclaré le tribunal en référence à la fête de Pessah, qui commence vendredi soir et célèbre l’Exode biblique du peuple juif de l’Egypte.

En février, Guez a été congédié de son poste à l’Université Bar-Ilan, après que le tribunal rabbinique de Jérusalem l’a excommunié et a ordonné la publication de son nom, de sa photo et de ses détails personnels.

L’initiative est intervenue après la publication d’un herem – un bref de bannissement – contre Guez, une semaine plus tôt, par la Haute Cour d’appel rabbinique.

L’université a déclaré que Guez avait déjà été suspendu de son travail au département de physique de l’institut, il y a un an, comme rapporté par Haaretz à l’époque.

Le herem du tribunal rabbinique a dit que Guez ne devait pas être honoré, hébergé, autorisé à se rendre dans une synagogue ou même qu’on ne devait s’enquérir de sa santé ni lui rendre visite s’il est malade, entre autres interdictions, « jusqu’à ce qu’il se repente de son entêtement, écoute ses supérieurs, retire ses ‘chaînes’ à sa femme et lui accorde un guet « .

Cette sentence inhabituelle a été délivrée après que Guez a omis de se présenter pour une audience. Il avait fait appel contre la décision du tribunal rabbinique l’an dernier de publier son nom, mais a perdu à la Haute Cour de justice.

En Israël, les tribunaux rabbiniques fonctionnent comme des tribunaux de la famille pour les citoyens juifs et font partie d’un système judiciaire général, qui comprend également les tribunaux de la charia islamique. Ces tribunaux religieux ont le pouvoir d’accorder la garde des enfants et d’imposer de lourdes amendes et même des peines de prison.

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