Leah Goldin à l’ONU : « Notre fils a été victime de votre cessez-le-feu »
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Leah Goldin à l’ONU : « Notre fils a été victime de votre cessez-le-feu »

Lors d'une séance sur la situation des otages israéliens, la mère d'Hadar Goldin estime que l'ONU a la responsabilité de restreindre l’assistance apportée à Gaza jusqu'à son retour

Leah Goldin, la mère de Hadar Goldin, soldat de Tsahal, assise aux côtés de Volodymyr Yelchenko, ambassadeur de l'Ukraine auprès de l'ONU, au siège des Nations unies, à New York, le 22 décembre 2017 (Crédit : capture d'écran de l'ONU Web TV)
Leah Goldin, la mère de Hadar Goldin, soldat de Tsahal, assise aux côtés de Volodymyr Yelchenko, ambassadeur de l'Ukraine auprès de l'ONU, au siège des Nations unies, à New York, le 22 décembre 2017 (Crédit : capture d'écran de l'ONU Web TV)

La mère d’un soldat israélien dont la dépouille est détenue par le groupe terroriste Hamas dans la bande de Gaza a protesté vendredi contre l’incapacité de l’ONU à agir en sa faveur, notant qu’il a été tué et kidnappé lors d’un cessez-le-feu soutenu par l’ONU.

Leah Goldin a déclaré que son fils « n’était pas une victime de la guerre à Gaza mais une victime du cessez-le-feu – un cessez-le-feu humanitaire négocié et parrainé par les Nations unies. » Ainsi, elle a accusé les membres de l’ONU de ne « rien » faire afin de faciliter le retour de son corps.

Elle a ainsi appelé les membres de l’ONU à annuler toute aide supplémentaire apportée à Gaza jusqu’à la libération de la dépouille de son fils.

Le lieutenant Hadar Goldin, 23 ans, de Kfar Saba, a été tué à Gaza le 1er août 2014 (Crédit : capture d’écran Ynet)

Le lieutenant Hadar Goldin a été tué le 1er août 2014 dans la bande de Gaza avec le sergent Oron Shaul, quand des terroristes du Hamas ont attaqué leur poste-frontière quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu soutenu par les États-Unis et l’ONU au plus fort de la guerre à Gaza.

« Pour la réalisation de cet acte de terreur, le Hamas a tiré profit d’un cessez-le-feu soutenu par cette organisation, les Nations unies », a déclaré Goldin aux membres du Conseil de sécurité lors d’une session non officielle organisée le vendredi 22 décembre.

« Il s’agissait d’une violation cynique et impassible de tous les principes que cette organisation chérit », a-t-elle ajouté.

Goldin a exprimé sa colère face à l’absence d’une « indignation collective de la part des Etats membres des Nations unies et d’un appel à son retour. Il n’y a eu qu’un silence. Un silence douloureux et brutal ».

« L’intégrité des Nations unies est en jeu », a-t-elle déclaré.

Elle a averti que si l’ONU ne tenait pas le Hamas pour responsable de ses actes, « d’autres organisations et Etats meurtriers et terroristes sans scrupules se sentiraient autorisés à manipuler l’ONU ».

« Nous sommes indignés par le fait que les familles gazaouies reconstruisent leur vie grâce à la générosité de la communauté internationale tandis que notre famille ne peut faire son deuil de façon convenable », a-t-elle affirmé.

Goldin a pris la parole lors d’une session de l’ONU consacrée au statut des Israéliens portés disparus qui seraient détenus par le Hamas – y compris les soldats israéliens Goldin et Shaul ainsi que quatre citoyens qui sont entrés dans l’enclave de leur propre chef.

Irwin Cotler assistant à une commission de la Knesset en mars 2013 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Irwin Cotler, directeur du Centre Raoul Wallenberg pour les droits humains et ancien ministre de la Justice du Canada, a également pris la parole lors de la réunion. La session, co-parrainée par les Etats-Unis et l’Ukraine, membres du Conseil de sécurité des Nations unies, a été initiée par la Mission israélienne auprès des Nations unies.

S’exprimant lors de la session, Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, a exhorté les membres du Conseil à « regarder Leah Goldin droit dans les yeux et à expliquer à cette mère pourquoi elle a dû attendre trois longues années pour ne toujours pas avoir de réponse ». Il leur a demandé d’expliquer pourquoi « sa famille était toujours contrainte d’attendre afin de pouvoir donner à Hadar une sépulture digne de ce nom et le respect et la dignité qu’il mérite ».

L’ambassadeur israélien a également exigé que le Conseil ne « permette plus que ce mauvais traitement infligé aux Israéliens se poursuive un jour de plus ».

Selon une note rédigée avant la session, les « violations des obligations humanitaires et du droit international » par le Hamas ainsi que « les effets sur les proches des personnes détenues et les conséquences de ces actes sur les autres pays qui luttent contre le terrorisme » devaient être discutés.

Les participants ont également discuté de la façon dont la communauté internationale pourrait agir afin de trouver des solutions pour les victimes et leurs proches.

Le Hamas détient les corps de Goldin et Shaul, capturés après avoir été tués à Gaza durant la guerre de 2014 opposant Israël au groupe terroriste. Le groupe est également accusé de détenir quatre citoyens israéliens – Avraham Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Juma Ibrahim Abu Ghanima et une personne dont le nom n’a pas été divulgué – qui sont tous entrés à Gaza de leur propre chef.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu (Flash90 / Times of Israël)

Dans le cadre des efforts visant à faire libérer ses citoyens, Israël aurait eu des contacts indirects avec le Hamas au sujet de possibles pourparlers sur une transaction de prisonniers – des efforts auxquels le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait allusion. Le groupe terroriste chercherait ainsi la libération de ses membres détenus dans les prisons israéliennes en échange de la libération des Israéliens.

Le mois dernier, la famille Goldin a déposé une requête auprès de la Haute Cour de justice. La missive demandait à l’instance judiciaire d’ordonner au gouvernement de mettre en œuvre le « plan d’action » adopté par le cabinet de sécurité plus tôt dans l’année qui envisageait la mise en place d’une pression plus conséquente contre le Hamas jusqu’à la libération des corps de Goldin et Shaul et des quatre Israéliens vivants détenus dans le territoire palestinien.

Bien que le cabinet de sécurité n’ait fourni aucun détail sur le plan lors de son adoption en janvier, le bureau de Netanyahu avait alors indiqué qu’Israël enterrerait les corps des terroristes du Hamas tués lors d’attaques et ne les rendrait plus.

Le dépôt de la requête intervenait au lendemain d’une déclaration des Forces de défense israéliennes, qui ont annoncé avoir récupéré les corps de cinq terroristes du Jihad islamique palestinien tués lors de la destruction d’un tunnel menant de Gaza au territoire israélien.

Suite à l’annonce, la famille Goldin a appelé le gouvernement à retenir les corps jusqu’à ce que les restes de leurs fils soient restitués et a menacé de porter l’affaire devant la Haute Cour de justice.

Netanyahu a juré le mois dernier qu’il ramènerait chez eux les Israéliens détenus par le Hamas, signalant qu’il utiliserait les corps des terroristes du Jihad islamique palestinien détenus par Israël comme monnaie d’échange.

En novembre, la famille d’Avera Mengistu a rencontré Jason Greenblatt, envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, afin de discuter des efforts déployés pour libérer l’homme. Ilan, le frère de Mengistu, et Agurnesh, sa mère, se sont entretenus avec Greenblatt à la Maison-Blanche.

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