L’Egypte annonce la reprise du trafic commercial avec Israël via le Sinaï
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L’Egypte annonce la reprise du trafic commercial avec Israël via le Sinaï

L'insurrection jihadiste qui sévit dans le péninsule depuis des années a porté préjudice aux échanges commerciaux avec l'Etat hébreu

Illustration: un officier égyptien surveille un poste dans le nord de la péninsule du Sinaï, à la frontière israélo-égyptienne, dans le village de Kerem Shalom, le 1er juillet 2015. (Crédit : AP/Ariel Schalit)
Illustration: un officier égyptien surveille un poste dans le nord de la péninsule du Sinaï, à la frontière israélo-égyptienne, dans le village de Kerem Shalom, le 1er juillet 2015. (Crédit : AP/Ariel Schalit)

El-ARISH, Egypte — L’armée égyptienne a déclaré dimanche que la circulation de camions commerciaux avec Israël avait repris, via le poste-frontière de la péninsule du Sinaï, qui avait été fermé à cause de l’insurrection djihadiste.

Le général de brigade Tareq Younis a annoncé que les premiers camions en provenance ‘d’Israël étaient parvenus en Egypte dimanche et que des véhicules égyptiens avaient commencé l’acheminement de biens vers Israël au début du mois.

Ce commerce, qui porte majoritairement sur des denrées alimentaires et des matières premières, emprunte la route d’el-Auga, au sud de Gaza, non loin du centre du Sinaï.

L’Egypte mène une lutte contre les djihadistes depuis des années, mais l’insurrection basée dans le Sinaï, affiliée au groupe terroriste Etat islamique, a gagné du terrain après le renversement du président islamiste Mohammed Morsi, en 2013.

Photo prise le 17 septembre 2018, à Rafah, au sud de la bande de Gaza, le long de la frotnière avec l’Egypte. On vooit un colonne de fumée dans le nord du Sinaï. (Crédit : AFP/SAID KHATIB)

Des centaines de membres des forces de sécurité égyptiennes et des civils ont été tués, et des milliers de personnes ont été arrêtées. Certains détracteurs de la politique égyptienne estiment qu’il s’agit d’une répression musclée. Des maisons ont été détruites et de lourdes restrictions ont été imposées à la circulation des biens et des personnes.

Israël a participé à la lutte anti-djihadiste menée par l’Egypte. Selon les médias étrangers, cela s’est traduit par des frappes menées par des drones sur des cibles de l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï. Cette participation aurait également pris la forme d’une coopération en matière de partage de renseignements.

Plus ouvertement, depuis 2013, Israël a également autorisé la présence de davantage de forces égyptiennes dans la péninsule, au-delà de celle prévue par le traité de 1979 qui lie les deux pays. Des armes lourdes, comme des tanks de l’artillerie et des hélicoptères d’attaque ont été installés dans le Sinaï pour combattre les islamistes, ce qui laisse entendre qu’Israël ne craint pas que ces armes égyptiennes ne se retournent contre lui.

Un membre de groupe terroriste Etat islamique du Sinaï montre les munitions de fabrication israélienne retrouvées après une frappe aérienne, dans une vidéo diffusée le 23 mai 2018 par Amaq news. (Crédit : Amaq)

Au début de l’année, le New York Times a indiqué qu’Israël menait secrètement une véritable campagne aérienne contre les cibles de l’Etat islamique dans le Sinaï, avec la bénédiction du président égyptien Abdel Fattah el-Sissi.

L’aviation israélienne est souvent banalisée et emprunte des itinéraires indirects pour brouiller les pistes quant à l’origine des frappes.

En février, l’armée israélienne a lancé une opération de grande ampleur dans le Sinaï afin d’expulser le groupe djihadiste de la péninsule.

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