L’Egypte rouvre l’accès à Gaza pour les personnes et des matériaux
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L’Egypte rouvre l’accès à Gaza pour les personnes et des matériaux

La dégradation de la sécurité dans le Sinaï égyptien est problématique pour l'ouverture permanente du passage de Rafah

Une photo prise du côté palestinien de la frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, montre un soldat égyptien sur une tour de garde du côté égyptien, le 26 octobre 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)
Une photo prise du côté palestinien de la frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, montre un soldat égyptien sur une tour de garde du côté égyptien, le 26 octobre 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Les autorités égyptiennes ont rouvert mardi matin le point de passage de Rafah, seule ouverture de Gaza sur le monde non contrôlée par Israël, pour laisser passer des personnes et du ciment dans l’enclave ravagée par la guerre, selon un responsable palestinien.

Rafah sera ouvert « durant trois jours dans les deux sens », a indiqué Maher Abou Sebha, responsable gazaoui des points de passage, « pour laisser passer des cas humanitaires, comme des personnes malades, des étudiants suivant un cursus à l’étranger, ainsi que des détenteurs de nationalité ou de permis de résidence à l’étranger ».

C’est la troisième fois en un mois que l’Egypte ouvre Rafah, après des semaines d’ouverture au compte-gouttes due à la détérioration des relations entre le mouvement terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza et l’Egypte, et à la dégradation de la sécurité dans le Sinaï égyptien.

Cette ouverture, a dit Maher Abou Sebha, « est le signe d’un réchauffement des relations entre l’Egypte et la Palestine », Le Caire ayant même autorisé pour la seconde fois en deux semaines le transit « d’une importante quantité de ciment », vital pour la reconstruction de l’enclave dévastée par la guerre de l’été 2014 avec Israël.

Les autorités égyptiennes avaient déjà autorisé mi-juin le passage vers Gaza « de 3.520 tonnes de matériaux de construction envoyés à bord de 40 camions par le Qatar », ont indiqué à l’AFP des responsables égyptiens sous le couvert de l’anonymat.

Après des attentats djihadistes ayant fait l’automne dernier des dizaines de morts dans les rangs des forces de l’ordre égyptiennes dans le Sinaï frontalier, Le Caire avait fermé Rafah avant de ne le rouvrir que sporadiquement et uniquement pour entrer dans la bande de Gaza.

Le Hamas a perdu son grand allié égyptien quand l’armée a renversé il y a deux ans le président islamiste Mohamed Morsi.

Depuis, accusé par l’Egypte d’être derrière les attaques menées sur son territoire par les djihadistes, le Hamas est devenu la bête noire du Caire. La bande de Gaza, désormais séparée du Sinaï par une zone tampon construite par l’armée égyptienne, a pâti de ces relations toujours fragiles.

Abou Sebha a cependant souligné que cette ouverture était loin de résorber le flux des personnes qui attendent de sortir du territoire exigu où s’entassent 1,8 million de Palestiniens soumis à un sévère blocus israélien.

Pas moins de « 12.000 personnes se sont enregistrées auprès des autorités pour traverser » cette fois, a-t-il dit.

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