L’équipe de Trump est indécise sur la façon de punir les pays pour leur vote à l’ONU
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L’équipe de Trump est indécise sur la façon de punir les pays pour leur vote à l’ONU

Alors que le Département d’Etat dit "qu’aucune décision n’a été prise", un autre responsable américain a déclaré que "les pays n’auront plus de blanc-seing pour leur vote à l’ONU"

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump s'exprime devant les journalistes à la Maison Blanche le 16 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Nicholas Kamm)
Le président américain Donald Trump s'exprime devant les journalistes à la Maison Blanche le 16 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Nicholas Kamm)

WASHINGTON – L’administration Trump n’a pas encore décidé quelles mesures prendre contre les pays qui ont voté contre et ont soutenu la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies jeudi.

Les Etats-Unis ont menacé que ces pays, ainsi que l’organisme mondial lui-même, pourraient perdre leur aide financière américaine en raison de leur vote. Les avertissements provenaient à la fois du président américain Donald Trump et de l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, qui a de nouveau mis en garde en cas de vote pour le soutien de la résolution et du rejet de la reconnaissance officielle de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Aucune décision n’a été prise », a déclaré la porte-parole du Département d’Etat, Heather Nauert, lors d’un point de presse jeudi après le vote. Elle a également déclaré que l’équipe de politique étrangère de Trump « a été habilitée à explorer diverses options » sur la façon dont cela affectera ses relations avec les pays qui ont voté contre.

Malgré les avertissements de Washington, 128 pays ont voté en faveur de la résolution jeudi, avec 9 voix contre, 35 pays s’abstenant et 21 étant absents.

Haley a annoncé mardi que les Etats-Unis « noteraient les noms » des Etats membres de l’ONU qui ont soutenu la résolution, tandis que Trump l’a soutenue mercredi, en disant que l’aide américaine à ces pays pourrait être retirée.

« Ils reçoivent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars, puis ils votent contre nous », a-t-il déclaré lors de sa dernière réunion du cabinet de l’année. « Eh bien, nous surveillerons ces votes. Laissez-les voter contre nous. Nous allons beaucoup économiser. Peu importe ».

Mais après le décompte des voix jeudi, on ne savait pas exactement comment les Etats-Unis envisageaient de pénaliser ceux qui s’y opposaient.

Une source américaine a déclaré que les pays ne seraient pas excusés pour le vote, mais que cette seule infraction ne serait pas la seule considération prise par l’administration dans le cadre de relations bilatérales.

« Comme le président l’a déclaré hier, les pays ne se verront plus accorder d’impunité pour leurs votes à l’ONU », a déclaré un porte-parole de la Mission américaine auprès du Times of Israel. « Nous tiendrons compte des votes de l’ONU dans le cadre de nos relations extérieures. Ce ne sera pas le seul facteur, ni même le facteur numéro un, mais il ne sera plus ignoré ».

Nikki Haley à l’Assemblée générale, le 21 décembre 2017 (Crédit : capture d’écran ONU)

Dans ses remarques devant l’Assemblée générale jeudi, Haley a suggéré qu’une réponse viendrait sous la forme d’une diminution du soutien financier.

« Nous avons l’obligation d’être plus exigeants pour nos investissements » a-t-elle déclaré. « Si nos investissements échouent, nous avons l’obligation d’utiliser nos ressources de manière plus productive ».

Des diplomates américains chevronnés ont exprimé leur profond scepticisme sur le fait que l’administration Trump serait en mesure de réduire son aide à ses principaux alliés par rapport à la résolution, comme l’Egypte et la Jordanie. Elliott Abrams, qui a occupé plusieurs postes de haut niveau dans les administrations de Ronald Reagan et George W. Bush, a déclaré que cela était « inconcevable », car l’aide à ces pays sert un intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis dans la région.

Mais il est possible que les Etats-Unis puissent exercer des représailles contre les Etats qui ne voteraient pas comme il faut à l’Assemblée générale, a déclaré M. Abrams, comme par exemple, que le secrétaire d’Etat ou le conseiller à la sécurité nationale de Trump refusent de rencontrer les ministres des Affaires étrangères et les Premiers ministres de ces pays lors d’une demande de rencontre de leur part.

« Ce que vous voulez vraiment qu’ils fassent, c’est que la prochaine fois, ils travaillent avec nous pour éviter un tel vote », a-t-il déclaré mercredi au Times of Israel. « L’objectif ici n’est pas simplement de dire : ‘Nous sommes en colère’ ». « Le but est de dire : ‘Nous sommes en colère et cela ne doit plus se reproduire’ ».

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