Les archéologues auraient trouvé le lieu où s’était réfugié le futur roi David
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Les archéologues auraient trouvé le lieu où s’était réfugié le futur roi David

Pendant des décennies, les spécialistes ont été à la recherche du site insaisissable de Ziklag où, selon la Bible, le roi philistin Achisch aurait donné l'asile à David face à Saul

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Des bénévoles font des fouilles à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
Des bénévoles font des fouilles à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Une équipe internationale d’archéologues a déclaré avoir identifié la ville perdue de Ziklag, une découverte qui devrait enflammer le débat sur le caractère historique du roi David biblique.

Sur la base d’artéfacts et d’analyses au carbone 14 des résultats des fouilles qui avaient été entreprises dès 2015, des spécialistes ont suggéré lundi que le site archéologique de Khirbet a-Rai, dans les collines de Judée, puisse bien être celui de la ville philistine qui était jusqu’à présent insaisissable.

Comme l’atteste le livre de Samuel, Ziklag, situé entre Kiryat Gat et Lachish, avait été l’endroit où s’était réfugié le futur roi David alors qu’il tentait de fuir le roi Saul. Après son séjour à Ziklag, David devait monter sur le trône à Hébron.

Selon un communiqué de presse conjoint émis par l’université Hébraïque de Jérusalem et l’IAA (Autorité des antiquités israéliennes), les archéologues ont découvert les vestiges d’une implantation philistine datant du 12e et 11e siècles avant l’ère commune, suivie d’une implantation rurale remontant au début du 10e siècle avant l’ère commune – ce qui correspond au récit biblique.

Des travaux de datation au carbone 14 sont venus appuyer la chronologie et l’identification établies par les archéologues, ajoute le communiqué.

Une bénévole nettoie des poteries trouvées à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

La bible hébraïque raconte que David était resté à Ziklag pendant 14 mois sous la protection du roi philistin Achish de Gat, avec 600 de ses hommes et leurs familles, utilisant la ville comme base pour prendre d’assaut les populations environnantes.

Tandis que David, vassal des Philistins à ce moment-là, avait tenté de rejoindre le seigneur philistin Achish pour vaincre Saul, les Amalékites avaient rasé la ville en représailles et s’étaient emparés des femmes et des enfants israéliens, ainsi que d’un important butin (Spoiler : David devait finalement l’emporter).

Selon le communiqué de presse, en plus des signes attestant d’une transition culturelle – entre les constructions philistines et le camp israélien présumé qui devait s’installer plus tard en son sein – cette implantation de l’époque de David montre les traces d’un incendie intense qui l’aurait détruite.

Dans la bible hébraïque, le livre de Néhémie mentionne ultérieurement la ville comme étant une base pour les Juifs revenant de Babylone.

Un bénévole fait des fouilles à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Pendant des décennies, les archéologues avaient recherché le site de Ziklag, insaisissable.

Une douzaine de lieux différents avaient été suggérés sans pour autant entraîner un consensus entre les spécialistes.

Ces sites antérieurs avaient été largement rejetés en raison du manque de signes de transition – qui serait attestée par des preuves culturelles philistines antérieures à des vestiges israéliens datant de l’époque du roi David – ou à cause du manque de preuve des destructions immenses réalisées par les Amalékites, telles qu’elles sont narrées dans la bible.

Selon les archéologues Yosef Garfinkel, chef de l’Institut d’archéologie au sein de l’université Hébraïque ; Saar Ganor, de l’IAA et Gil Davis de la Macquarie University de Sydney, en Australie, le site proposé à Khirbet a-Rai présente pour sa part toutes les qualifications nécessaires.

Le communiqué conjoint de l’IAA et de l’université Hébraïque indique qu’à l’issue de sept saisons de fouilles qui ont porté sur environ 1 000 mètres-carrés, l’équipe archéologique a permis de trouver les preuves d’une implantation de l’ère philistine datant du 12e et du 11e siècles avant l’ère commune – parmi lesquelles des structures massives en pierre et des artéfacts culturels typiques, dont des poteries dans des dépôts de fondation.

Ces artéfacts, aux côtés d’outils en pierre et en métal, sont similaires à d’autres qui avaient été découverts dans d’autres cités philistines et notamment à Ashdod, Ashkelon, Ekron et Gath.

Des assemblages de poterie de Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Le nom Ziklag est d’origine philistine et n’a pas de racines dans les langues sémites. Récemment, une importante étude scientifique de l’ADN de Philistins a fait remonter leur origine à la région d’Aegean, qui possédait des styles de poteries similaires au cours du 12e siècle avant l’ère commune, qui correspond à la période à laquelle les ancêtres des Philistins auraient migré vers la terre d’Israël.

Jusqu’à aujourd’hui, à Khirbet a-Rai, les archéologues ont trouvé environ 100 récipients en poterie qui auraient servi, entre autres, à stocker le vin et l’huile. Selon Garfinkel, qui a dirigé les fouilles dans la ville contemporaine fortifiée de Shaarayim (Khirbet Qeiyafa), en Judée, des cruches et des bols décorés d’une finition « rouge et lustrée à la main » est typique de l’époque du roi David.

Les fouilles menant à cette nouvelle proposition de localisation de Ziklag ont été financées par Joey Silver de Jérusalem, Aron Levy du New Jersey, la famille Roth et Isaac Wakil, tous deux originaires de Sydney.

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