Les archives portant sur les enfants yéménites enlevés déclassifiées
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Les archives portant sur les enfants yéménites enlevés déclassifiées

400 000 documents sur des centaines d’enfants enlevés dans les hôpitaux israéliens et proposés à l’adoption dans les années 1950 vont être accessibles

Des immigrants yéménites dans un camp proche d'Ein Shemer, en 1950. (Crédit : Pinn Hans/GPO)
Des immigrants yéménites dans un camp proche d'Ein Shemer, en 1950. (Crédit : Pinn Hans/GPO)

Le gouvernement a voté dimanche la déclassification de 400 000 documents liés aux accusations d’enlèvement de centaines d’enfants yéménites dans des hôpitaux israéliens avant d’être adoptés par des familles aisées pendant les années 1950.

Depuis les années 1950, plus de 1000 familles, principalement yéménites, mais également originaires des Balkans, d’Afrique du Nord et d’autres pays du Moyen Orient, ont maintenu ces accusations.

La décision de dimanche signifie que ces témoignages qui, aux côtés de nombreux autres documents, étaient scellés dans les archives de l’Etat jusqu’en 2071, pourront être accessibles, et même mis en ligne.

Déclassifier les documents met « fin à cette situation intenable, une confidentialité non justifiée, qui a été imposée pendant 70 ans sur ces documents », a déclaré le ministre Tzahi Hanegbi, qui a été nommé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour superviser une enquête sur l’intérêt de la dé-classification des documents.

Tzahi Hanegbi, ministre du Likud chargé de superviser une enquête sur l'affaire dite des enfants yéménites. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Tzahi Hanegbi, ministre du Likud chargé de superviser une enquête sur l’affaire dite des enfants yéménites. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Cela « mettra fin à la suspicion, au scepticisme et à la défiance des familles envers les agences de l’Etat », a déclaré Hanegbi.

Ces dernières décennies, trois commissions d’enquêtes successives ont été nommées par le gouvernement pour enquêter sur cette affaire, qui ont toutes conclues que la majorité des enfants étaient morts à l’hôpital et avaient simplement été enterrés sans que leurs familles n’en soient informées.

Le dernier comité chargé de l’enquête en 2001 avait tiré des conclusions similaires, mais avait fait sceller des témoignages variés de l’enquête dans les archives de l’Etat jusqu’en 2071.

Hanegbi avait recommandé la déclassification effective après avoir consulté les chefs du Mossad et des services de sécurité du Shin Bet, avait annoncé jeudi la Dixième chaîne.

Récemment, plusieurs organisations avaient recommandé au gouvernement de déclassifier les documents concernant cette affaire, arguant que si les plusieurs centaines d’enfants étaient en effet décédés, le gouvernement n’aurait alors rien à cacher.

Hanegbi a indiqué que ses enquêtes préliminaires tendent à montrer que des centaines d’enfants yéménites ont été enlevés mais qu’il n’est pas parvenu à déterminer si le gouvernement d’alors était impliqué dans ces enlèvements ou s’il en avait simplement connaissance.

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