Les cas diminuent, mais les experts mettent en garde contre une nouvelle reprise
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Les cas diminuent, mais les experts mettent en garde contre une nouvelle reprise

Selon le ministère de la Santé, il y a eu 1 165 nouveaux cas confirmés en 24 heures avec un taux de positivité de 3 % ; les responsables mettent en garde contre tout relâchement

Des gens portent des masques au marché Mahane Yehuda à Jérusalem le 30 septembre 2020, lors d'un confinement national pour empêcher la propagation du COVID-19. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des gens portent des masques au marché Mahane Yehuda à Jérusalem le 30 septembre 2020, lors d'un confinement national pour empêcher la propagation du COVID-19. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’épidémie de coronavirus continue à s’atténuer en Israël, selon des chiffres publiés mercredi matin par le ministère de la Santé – avec un nombre de nouveaux cas quotidiens qui a chuté à 1 165 après avoir franchi le seuil des 8 000 il y a seulement quelques semaines. Toutefois, les responsables continuent à mettre en garde sur le fait que cette tendance à la baisse pourrait s’inverser rapidement en cas de relâchement de la part du public.

Le nombre de nouvelles infections enregistrées dans la journée de mardi – en plus des 96 nouveaux cas répertoriés entre mardi minuit et mercredi matin – a fait grimper le nombre total de personnes atteintes par la maladie depuis son apparition au sein de l’Etat juif à 306 503.

Il y a actuellement 21 010 cas actifs – un chiffre qui a considérablement chuté. 591 personnes se trouvent dans un état grave, et 229 personnes sont actuellement sous respirateur. 159 personnes se trouvent dans un état modéré et les autres ne présentent que des symptômes légers, ou sont asymptomatiques.

Le bilan des décès des suites du COVID-19 reste stable, à 2 278.

Le taux de positivité des tests de dépistage – 39 285 tests ont été effectués dans la journée de mardi – est de 3 %, ce qui maintient la tendance à la baisse. Fin septembre, ce pourcentage frôlait les 15 %.

Un groupe de travail militaire a noté, dans son rapport quotidien, que l’Etat juif continuait à reprendre le contrôle de l’épidémie, ajoutant toutefois qu’en nombre absolu, le taux de morbidité était encore très élevé.

Cet avertissement survient alors que des experts prédisent que cette baisse du nombre de nouveaux cas de coronavirus va cesser et qu’Israël connaîtra une hausse du chiffre des infections en raison du non-respect des directives liées au virus.

« Nous nous attendons à une augmentation significative des infections dans les sept à dix jours à venir. Avec les violations des règles auxquelles nous assistons, il n’y a malheureusement aucun moyen d’y échapper », a commenté auprès de la Douzième chaîne un responsable du ministère de la Santé, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

« Toutes les données suggèrent que les taux d’infection vont recommencer à augmenter dans quelques jours », a déclaré mercredi Pierre Singer, membre de l’équipe de Ronni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, devant les caméras de la chaîne. « On a dit aux Israéliens qu’ils pouvaient à nouveau rencontrer leurs amis et les membres de leurs familles, mais ce qui n’a pas été assez souligné, c’est l’importance de respecter les précautions nécessaires – comme le respect de la distanciation sociale et le port indispensable du masque. »

« Les gens interprètent les instructions à leur guise et cela entraîne une perte de contrôle de l’épidémie », a-t-il ajouté, expliquant qu’il était prématuré de décider d’un nouvel allègement des restrictions dans la mesure où les données portant sur les conséquences des directives antérieures étaient encore insuffisantes.

Des employés du Magen David Adom à l’extérieur de l’unité de prise en charge du coronavirus au sein de l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 19 octobre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mardi, la Douzième chaîne a fait savoir que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait discrètement convenu avec ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes qu’il s’abstiendrait de toute sanction drastique pour répondre aux violations aux règles par les membres appartenant à la communauté ultra-orthodoxe, alors qu’il avait adopté publiquement un positionnement ferme sur le sujet.

Alors que le Premier ministre utilise une rhétorique sans complaisance contre les violations des directives, il s’entendrait en coulisses avec les leaders ultra-orthodoxes, a expliqué le reportage, sans citer ses sources.

Mardi matin, les ministres ont voté en faveur de la levée des restrictions renforcées dans presque toutes les localités qui figuraient dans la catégorie des zones les plus infectées ces derniers jours. Ce qui signifie que seul le quartier de Ramat Shlomo, à Jérusalem, restera en zone dite « rouge » – avec des restrictions particulières et plus drastiques que celles qui sont appliquées dans le reste du pays.

Une source proche de Netanyahu a pour sa part déclaré à plusieurs chaînes de télévision que la possibilité d’un couvre-feu nocturne était actuellement réfléchie en cas de recrudescence de l’épidémie. Cette initiative, qui s’était avérée peu fructueuse dans certains secteurs particulièrement touchés, le mois dernier, s’appliquerait de minuit à cinq heures du matin, a précisé la Douzième chaîne.

Les Israéliens sur la promenade de la plage de Tel Aviv, le 10 octobre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’ouverture du système éducatif et les politiques mises en œuvre à l’égard des communautés ultra-orthodoxes sont devenus les principaux points de fiction dans la réouverture de l’économie en Israël.

Une colère croissante de la part du public israélien a éclaté face à la défiance des règles sanitaires qui a été pu être affichée par certains membres de la communauté ultra-orthodoxe. Dimanche, des centaines d’écoles haredim ont ouvert leurs portes, enfreignant les directives, après l’ordre donné dans ce sens par un rabbin. L’initiative a été soutenue, dimanche soir, par un législateur ultra-orthodoxe.

Il y a eu un nombre disproportionnellement élevé de cas de coronavirus au sein de la communauté haredi. Début octobre, les responsables avaient noté que 40 % des nouvelles infections au coronavirus concernaient le public ultra-orthodoxe, qui ne constitue qu’approximativement 12 % de la population.

Selon un sondage rendu public dimanche, la majorité des Israéliens estiment que les considérations d’ordre politique sont le facteur déterminant intervenant dans le processus décisionnaire gouvernemental, alors que les responsables tentent de faire sortir le pays du confinement.

La police à un barrage temporaire installé à l’entrée du quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem afin de prévenir la propagation du coronavirus, le 18 octobre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les ministères de la Santé et de l’Education sont ainsi en désaccord sur les politiques mises en place concernant la réouverture des écoles élémentaires.

Une source du ministère de l’Education a déclaré au site d’information Walla que le ministère de la Santé manquait de franchise sur le sujet du retour des élèves au sein du système éducatif israélien.

« Chaque semaine, on a droit à une série de réponses différentes qui ne correspondent pas à ce qui est écrit dans la presse, et qui change d’une personne à l’autre. On n’arrive pas à comprendre si ça rentre dans le cadre des plans du ministère », a déclaré cette source.

Le ministère de la Santé a riposté en affirmant qu’il « était plus facile de trouver des excuses ».

« Même sans le coronavirus, tous les parents en Israël savent bien que le système de l’enseignement n’est pas prêt pour accueillir des classes réduites », a ajouté la source. « Même cent réformes n’y feront rien. Le virus a seulement aidé à exposer les maladies préexistantes dans le système. »

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