Les cas graves beaucoup plus nombreux chez les personnes âgées non-vaccinées
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Les cas graves beaucoup plus nombreux chez les personnes âgées non-vaccinées

Alors que le gouvernement tente d'encourager les récalcitrants à la vaccination, les données montrent que les cas graves sont aussi plus élevés chez les jeunes non-vaccinés

Une infirmière prépare un vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Une infirmière prépare un vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 8 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Malgré le variant Delta, les vaccins assurent une importante protection contre la COVID-19 et le taux des infections graves, en Israël, est six fois plus élevé parmi les personnes âgées qui n’ont pas été vaccinées que chez les Israéliens ayant été immunisés et qui appartiennent au même groupe d’âge.

Les données du ministère de la Santé révèlent que parmi les Israéliens âgés de 40 ans et plus, 16,6 personnes sur 100 000 se trouvent dans un état grave. Chez les personnes non-vaccinées, ce chiffre est de 98,5 (394 personnes sont actuellement hospitalisées pour des complications de la COVID-19, a annoncé mardi matin le ministère de la Santé).

Israël est en proie à une forte recrudescence de l’épidémie de coronavirus et le responsable de la lutte contre la COVID-19 dans le pays, Salman Zarka, a déclaré que l’État juif avait atteint « un point critique ».

Comme les autres pays aux prises avec le variant Delta, Israël a connu une diminution de l’efficacité du vaccin. Le ministère de la Santé avait fait savoir, début juillet, que ce dernier était dorénavant à 64 % efficace dans la prévention de l’infection, alors que cette efficacité était auparavant estimée à plus de 90 %.

Mais le paramètre le plus déterminant est le développement d’une forme grave de la maladie et, selon les experts, les statistiques les plus récentes sont encourageantes de ce point de vue.

« Elles montrent de manière très claire que malgré la nature hautement contagieuse du variant Delta, le vaccin est encore efficace et qu’il prévient des complications graves », déclare au Times of Israel le professeur Nadav Katz, statisticien spécialisé dans le coronavirus à l’université Hébraïque.

« Il est important de montrer ce graphique. Il montre bien l’efficacité extrême du vaccin dans la prévention de la morbidité », ajoute-t-il.

Dans le graphique présenté ci-dessous, la ligne bleue montre la proportion de personnes non-vaccinées dans un état grave sur une population de 100 000 personnes, et la ligne vert foncé montre la même chose pour les personnes ayant complété leur parcours vaccinal. La ligne vert clair concerne les personnes seulement partiellement vaccinées.

Ce graphique qui a été réalisé par le ministère israélien de la Santé montre le nombre de cas graves de coronavirus parmi les plus de 60 ans en fonction de la date, pour 100 000 personnes. L’axe de gauche indique le nombre de personnes. La ligne du haut montre les personnes non-vaccinées et celles du bas celles qui ont terminé leur parcours vaccinal, ainsi que les personnes partiellement vaccinées.

Les moins de soixante ans ressentent le bénéfice du vaccin par l’évitement d’une maladie grave, comme c’est aussi le cas des plus de 60 ans. Pour 100 000 personnes de moins de 60 ans non-vaccinées, 1,6 se trouve dans un état grave. Ce chiffre s’élève à 0,5 chez les Israéliens ayant reçu les deux doses.

Ces statistiques sont diffusées alors qu’Israël tente désespérément de convaincre le 1,1 million d’Israéliens éligibles au vaccin, mais qui ne se le font pas administrer pour autant, de se faire immuniser.

Le Premier ministre Naftali Bennett a dénoncé avec force ces récalcitrants, et les ministres réfléchiraient à des incitations financières pour les encourager à franchir le pas. Ils auraient déterminé que persuader les nombreux adolescents qui n’ont pas été vaccinés mais qui posent un risque significatif pour le public – en tant que propagateurs d’infection – de se faire immuniser pourrait être un moyen efficace d’éviter un nouveau confinement.

Une jeune israélienne se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination mis en place par la municipalité de Tel Aviv et le Magen David Adom, à Tel Aviv, le 6 juillet 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les réfractaires à la vaccination sont plutôt des jeunes. Ils sont particulièrement nombreux chez les moins de 30 ans.

Les données sur les niveaux de vaccination dans différentes localités soulignent aussi une adhésion moins forte dans les secteurs arabes et ultra-orthodoxes.

Dans le pays, environ 90,2 % des Israéliens de 90 ans et plus ont reçu deux doses au moins et le pourcentage est de 91,5 % chez les 80 à 89 ans. Il est même plus élevé – à 91,3 % – chez les septuagénaires. Mais les taux déclinent dans les catégories d’âge plus jeunes : 87,2 % chez les sexagénaires, 84,6 % chez les quinquagénaires et 81,2 % chez les quadragénaires.

Chez les 20 à 39 ans, ces pourcentages sont respectivement de 77,8 % et de 72,4 %. Le groupe d’âge des 16 à 19 ans n’est vacciné qu’à 68 % et seulement 26,2 % des 12 à 15 ans ont terminé leur parcours vaccinal.

Le professeur Nadav Katz, qui dirige la recherche quantique à l’université Hébraïque de Jérusalem, lors d’une conférence à Jérusalem, le 11 décembre 2018. (Crédit : Noam Moreno)

« Le faible taux de personnes vaccinées chez les jeunes suggère que les parents qui ont pu se faire vacciner eux-mêmes sont plus hésitants lorsqu’il s’agit de faire vacciner leurs adolescents », dit Katz. Il observe également que plus les Israéliens sont jeunes, moins ils appréhendent le risque que pose la COVID-19 pour leur santé – ce qui influe sur leur manque d’enthousiasme pour le vaccin.

Dans tous les groupes d’âge, il y a un écart de quelques points de pourcentage entre ceux qui ont terminé leur parcours vaccinal et ceux qui se sont fait administrer une première dose, mais qui n’ont pas reçu la seconde.

Katz explique que les données relatives aux formes graves de la maladie doivent encourager ces personnes à se faire pleinement vacciner dans la mesure où elles laissent présumer que la protection contre la maladie est compromise en l’absence de la seconde dose.

Parmi les 60 ans et plus, les personnes partiellement vaccinées présentent 39,9 cas graves pour 100 000 personnes, ce qui est plus élevé que le chiffre de 16,6 pour les personnes pleinement vaccinées mais bien moins que le chiffre de 98,5 pour les personnes non-vaccinées.

Le nombre de formes graves de la maladie, chez les moins de 40 ans, est trop modeste pour permettre une analyse précise même si, en général, les personnes non-vaccinées ou partiellement vaccinées sont nettement plus susceptibles de développer une forme grave de la maladie que les personnes ayant reçu les deux doses.

« L’indication, ici, c’est qu’il est hautement recommandé de terminer le parcours vaccinal en allant se faire administrer une deuxième dose dans la mesure où cela renforce la protection », explique Katz.

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