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Les défenses aériennes israéliennes renforcées après l’assassinat du colonel Khodaï

Les responsables de la sécurité s'inquiètent des attaques de drones ou de missiles ; le chef des GRI accusent les "sionistes" de l'assassinat du colonel et a juré de se venger

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Un système de défense aérienne du "Dôme de Fer" près de la frontière israélienne avec le Liban, le 18 février 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Illustration : Un système de défense aérienne du "Dôme de Fer" près de la frontière israélienne avec le Liban, le 18 février 2022. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Le chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran a imputé lundi aux « sionistes » l’assassinat d’un officier supérieur à Téhéran la semaine dernière, jurant de se venger, alors qu’Israël a renforcé ses défenses aériennes par crainte d’une attaque de missiles ou de drones iraniens.

Le colonel Hassan Sayyad Khodaï a été abattu de cinq balles dans sa voiture la semaine dernière par deux motards qui ont ouvert le feu en sa direction dans l’est de la capitale iranienne alors qu’il rentrait chez lui. Il aurait été impliqué dans des meurtres et des enlèvements en dehors de l’Iran, y compris des tentatives visant à cibler des Israéliens.

« Les martyrs qui sont assassinés par les sionistes ont un statut bien plus élevé. Si Dieu le veut, nous prendrons notre revanche sur les ennemis », a déclaré le général de division Hossein Salami lors d’une visite à la famille de Khodaï.

« L’ennemi l’a poursuivi du cœur de la Maison Blanche à Tel Aviv pendant des mois et des années, de maison en maison et de ruelle en ruelle pour le tuer », a ajouté Salami, selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

« La grandeur de ce martyr est si grande que l’ennemi se considère victorieux ».

Dans ce contexte Tsahal a renforcé les défenses aériennes du pays, craignant que l’Iran ne lance une attaque en représailles à l’assassinat.

Les responsables de la sécurité craignent une attaque de missiles ou de « drones suicides » par des groupes soutenus par l’Iran au Liban et en Syrie, a rapporté le radiodiffuseur public Kan. Plusieurs systèmes de défense aérienne, dont le Dôme de fer, ont été placés en état d’alerte et leurs déploiements ajustés à la suite de cette menace.

Israël a averti à plusieurs reprises que les drones iraniens constituaient une menace importante pour la région, d’autant que Téhéran arme des groupes mandataires stationnés le long des frontières israéliennes.

Des responsables militaires ont déclaré en mars que la « terrorisme au drone » iraniens était une problématique nouvelle et qui concerne le monde entier. Ils ont accusé directement Téhéran de s’en prendre à des cibles civiles et militaires au Moyen-Orient.

Tsahal a confirmé avoir intercepté au moins quatre drones iraniens se dirigeant vers Israël, la Cisjordanie ou la bande de Gaza ces dernières années. Deux autres drones se dirigeant vers Israël ont été abattus par l’armée de l’air américaine en février.

Tsahal pense que l’Iran tente d’armer tous ses mandataires dans la région – en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen – avec des centaines, voire des milliers de drones, en plus de leur fournir une formation militaire.

Un drone iranien Shahed-136 est lancé lors d’un exercice militaire en Iran, en décembre 2021. (Crédit: Capture d’écran : Twitter)

Plus tôt lundi, Israël a émis une mise à jour des avertissements de voyage pour la Turquie, par crainte d’une réponse iranienne à l’assassinat d’un officier supérieur du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) la semaine dernière.

Les responsables de la sécurité ont déclaré que les avertissements faisaient suite à des « menaces réelles pour les Israéliens » en Turquie, sans ajouter de précisions.

« Depuis plusieurs semaines, et plus encore depuis que l’Iran a imputé à Israël la responsabilité de la mort de l’officier des Gardiens de la Révolution la semaine dernière, l’establishment de la défense est de plus en plus préoccupé par les tentatives iraniennes de nuire à des cibles israéliennes à travers le monde », a été indiqué dans un communiqué du Conseil de sécurité nationale (CNS).

Le Conseil de sécurité nationale a déclaré qu’il « renforçait » l’avertissement de voyage à la Turquie, soulignant que le pays et d’autres nations limitrophes de l’Iran posent « un niveau élevé de risque pour les Israéliens ces jours-ci ».

Une foule en deuil se rassemble autour du cercueil du colonel des Gardiens de la révolution iranienne, Sayyad Khodai, lors d’une procession funèbre sur la place de l’Imam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 24 mai 2022. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Les autorités iraniennes n’ont pas encore pu identifier les suspects, même si l’incident a eu lieu au cœur de l’une des zones les plus sécurisées de Téhéran – la rue Mohahedin-e Eslam, où se trouvent d’autres hauts responsables de l’IRGC et de sa force d’élite, la Force al-Qods.

Israël, qui n’a pas officiellement commenté l’incident, aurait relevé le niveau d’alerte de sécurité dans ses ambassades et consulats à travers le monde, craignant une attaque iranienne en représailles.

Le colonel Khodaï est la figure la plus importante dont le meurtre sur le sol iranien a été annoncé par Téhéran depuis celui du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, tué en novembre 2020 près de la capitale dans une attaque contre son convoi.

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