Les députés américains écrivent à Obama pour s’opposer aux actions de l’ONU contre Israël
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Les députés américains écrivent à Obama pour s’opposer aux actions de l’ONU contre Israël

Près de 400 membres de la Chambre des représentants ont exhorté le président à rejeter les « efforts contreproductifs » de l'organisation internationale afin d'imposer la résolution du conflit israélo-palestinien

Nita Lowey (NY), principale démocrate de la Chambre des représentants américaine. (Crédit : capture d'écran YouTube/nitalowey)
Nita Lowey (NY), principale démocrate de la Chambre des représentants américaine. (Crédit : capture d'écran YouTube/nitalowey)

L’écrasante majorité des membres de la Chambre des représentants américaine a signé une lettre exhortant le président Barack Obama à rejeter toutes les actions – biaisées – de l’Organisation des Nations Unies contre Israël.

La lettre signée par 394 républicains et démocrates de la Chambre – plus de 90 % des 435 représentants – a été envoyée jeudi à Obama, à l’occasion d’un rapport selon lequel l’Autorité palestinienne pourrait relancer un projet de résolution contre la politique d’Israël en Cisjordanie, semblable à celui auquel les États-Unis avaient opposé leur veto en 2011 au Conseil de sécurité.

Différents groupes pro-israéliens ont salué la lettre, dont le lobby le plus ancien, le Comité des Affaires Publiques Américano-israélien (AIPAC), mettant l’accent sur la responsabilité des Palestiniens quant au retour à la table des négociations, et J Street, un groupe libéral, en notant que la lettre n’excluait pas les offres américaines pour relancer les négociations.

Les États-Unis devraient « maintenir leur rôle ‘indispensable de médiateur’ en coordonnant étroitement leurs décisions avec ‘notre allié démocratique Israël' » et en refusant « de soutenir les efforts contre-productifs visant à imposer une solution », selon la lettre initiée par la démocrate Nita Lowey de New York et par le républicain Kay Granger du Texas, les deux principaux représentants du sous-comité des opérations étrangères.

La lettre soulignait également que les signataires étaient « profondément troublés par les rapports selon lesquels des initiatives unilatérales pourraient voir le jour à l’ONU dans les prochains mois concernant le conflit israélo-palestinien. Ces efforts entravent dangereusement les perspectives de reprise des négociations directes ».

Dans une récente interview, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki a exprimé l’espoir qu’Obama laisserait le Conseil de sécurité voter une résolution contre Israël au vu du fait que le président des États-Unis est sur le point de quitter ses fonctions.

« Nous partageons votre frustration du fait de l’absence de progrès significatifs vers une paix durable entre Israéliens et Palestiniens, » précise la lettre à Obama, mais « seules les parties elles-mêmes peuvent se mettre d’accord pour mettre fin à leur conflit par le biais d’une résolution négociée. »

L’AIPAC a souligné dans sa déclaration que la lettre s’opposait à toute mesure unilatérale de la part des Palestiniens. « Avec cette lettre, la majorité écrasante de la Chambre a exhorté le Président à rejeter et, si nécessaire, à opposer son veto à toute résolution unilatérale du Conseil de sécurité des Nations unies, » a-t-il dit.

J Street a souligné que la lettre ne s’opposait pas aux efforts américains visant à relancer les pourparlers de paix. La lettre ne comprenait pas d’appel explicite en faveur de « pourparlers directs, » a noté J Street, un terme considéré comme excluant toute initiative américaine.

La lettre, selon J Street, affirmait une « opposition américaine de longue date concernant une action unilatérale à l’ONU, sans exclure les actions productives et équilibrées des Nations Unies, telles que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur le conflit souvent soutenues au cours des décennies par les administrations aussi bien républicaines que démocrates. »

Lowey a déclaré qu’elle préférait des pourparlers directs, bien que cette expression ne soit pas dans la lettre.

« Il est très clair que vous ne pouvez pas imposer une solution », a-t-elle dit à JTA, déclarant que les initiatives de l’ONU constituaient un retour en arrière. « Je crois fermement que ces approches sont contre-productives, elles rendent la situation plus difficile pour la prochaine administration. »

Lowey a déclaré qu’un rôle de premier plan tenu par les États-Unis était essentielle. « Pour arriver à une solution à deux Etats, les Etats-Unis devrait maintenir leur rôle de médiateur, » a-t-elle dit.

La Maison Blanche n’a pas encore reçu la lettre des représentants et a refusé de la commenter, a rapporté le Wall Street Journal.

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