Les EAU, le Bahreïn et le Soudan soutiennent des mesures anti-Israël à l’ONU
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Les EAU, le Bahreïn et le Soudan soutiennent des mesures anti-Israël à l’ONU

Le nouvel ambassadeur de Jérusalem à Turtle Bay, Gilad Erdan, ne fera plus "comme si de rien n'était"; les nouveaux partenaires arabes ont voté avec l'Europe contre Israël

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères d'Haïti, Bocchit Edmond, prend la parole lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, le 28 septembre 2019. (AP Photo/Jeenah Moon)
Le ministre des Affaires étrangères d'Haïti, Bocchit Edmond, prend la parole lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies au siège de l'ONU, le 28 septembre 2019. (AP Photo/Jeenah Moon)

Une commission de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté mercredi, à une majorité écrasante, une série de résolutions critiquant Israël, fustigeant l’État juif, entre autres, pour d’ostensibles violations des droits de l’homme contre les Palestiniens et des « mesures répressives » contre les Syriens sur le plateau du Golan.

Les trois pays arabes avec lesquels Jérusalem a récemment signé des accords de normalisation – les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan – n’ont pas changé leur schéma de vote traditionnel et ont soutenu toutes les résolutions critiques envers Israël.

Les motions sont adoptées chaque année par la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation des Nations unies, avec des ajustements mineurs, et ratifiées par les États membres en décembre. Presque tous les pays européens, y compris les alliés d’Israël tels que l’Allemagne et la République tchèque, soutiennent traditionnellement la plupart de ces résolutions.

Le nouvel ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Gilad Erdan, a participé au débat qui a eu lieu avant le vote, en lançant un appel passionné mais finalement infructueux aux pays pour qu’ils rejettent les motions.

Des délégués des EAU saluent l’avion d’El Al au départ, à la fin des pourparlers de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, à Abu Dhabi, le 1er septembre 2020. (Bureau du porte-parole d’El Al)

« Quel est l’intérêt de ces résolutions ? Juste pour ouvrir la voie à de futures résolutions », a-t-il demandé. « En soutenant ces résolutions, non seulement vous gaspillez les ressources de l’ONU, mais vous sabotez également toute chance de paix future ».

Erdan a également pris pour cible l’UNRWA, l’agence controversée des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens et de leurs descendants.

« L’une des principales raisons de l’échec de l’ONU à mettre fin au conflit est son soutien continu à l’UNRWA », a-t-il déclaré. « Pour dire les choses simplement, l’existence même de l’UNRWA rend le conflit israélo-palestinien insoluble, et je n’ai pas l’intention de permettre que les choses continuent comme si de rien n’était ».

La résolution en faveur de l’UNRWA a été adoptée par 153 voix pour. Seuls deux pays – Israël et les États-Unis – ont voté contre, et 12 pays se sont abstenus.

Une femme palestinienne participe à une manifestation devant le siège de l’UNRWA à Gaza, le 16 août 2015. (AP Photo/Khalil Hamra)

Erdan a également noté avec colère que l’une des résolutions adoptées chaque année ne faisait référence au mont du Temple que par son nom arabe, Haram al-Sharif. Utiliser un seul terme pour désigner le site le plus saint du judaïsme est une « tentative audacieuse de réécrire l’Histoire » et d’effacer le lien séculaire des juifs avec Jérusalem, a-t-il déclaré.

« En tant que ministre de la Sécurité publique, j’ai veillé à ce que toutes les religions aient accès aux lieux saints de Jérusalem », a-t-il déclaré. « Au cours de mon mandat, le nombre de Juifs visitant le mont du Temple chaque année a plus que triplé. Aucune résolution adoptée ici n’arrêtera ce processus. Aucune résolution adoptée ici ne changera le lien éternel entre le peuple juif et le site le plus sacré de notre foi, Har Habayit, le mont du Temple ».

La résolution à laquelle il fait référence, intitulée « Pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », a été adoptée à une majorité de 138 contre 9, avec 16 abstentions.

Une résolution dénonçant les « mesures répressives d’Israël contre la population du Golan syrien occupé » a été adoptée par 142 voix contre 2, avec 19 abstentions.

Les forces de l’armée israélienne stationnées près de la frontière entre Israël et le Liban dans le Golan, le 27 juillet 2020. (David Cohen/Flash90)

UN Watch, une ONG à but non lucratif basée à Genève qui surveille le prétendu parti pris anti-Israël de l’organisme mondial, a publié une longue déclaration décriant les résolutions adoptées mercredi.

« L’attaque de l’ONU contre Israël avec un torrent de résolutions unilatérales est surréaliste », a déclaré Hillel Neuer, le directeur exécutif de l’organisation.

« Deux semaines seulement après que le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a attaqué des civils israéliens avec une pluie de roquettes depuis Gaza – alors que l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme des Nations unies sont restés silencieux – l’organisme mondial ajoute maintenant l’insulte à l’injure en adoptant sept résolutions biaisées, dont le seul but vise à diaboliser l’État juif ».

« Alors que la France, l’Allemagne, la Suède et d’autres États de l’UE sont supposés soutenir la plupart des 20 résolutions qui devraient être adoptées contre Israël d’ici décembre, ces mêmes nations européennes n’ont pas réussi à introduire une seule résolution de l’AGNU [Assemblée générale des Nations unies] sur la situation des droits de l’homme en Chine, au Venezuela, en Arabie Saoudite, à Cuba, en Turquie, au Pakistan, au Vietnam, en Algérie, ou sur 175 autres pays », a déclaré M. Neuer.

« Où est leur prétendue préoccupation pour le droit international et les droits de l’homme ? »

Dans un communiqué de presse, UN Watch a fait valoir que des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas, qui ont soutenu les résolutions, ont rompu leurs récentes promesses de s’opposer à la partialité anti-Israël à l’ONU.

L’année dernière, après que 155 députés allemands ont appelé le gouvernement allemand à s’opposer aux « initiatives politiquement motivées et aux alliances d’États membres anti-israéliens » au sein des Nations unies, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a dénoncé le parti pris des Nations unies contre Israël et s’est engagé à s’opposer à « toute tentative d’isoler ou de délégitimer Israël » dans les organes des Nations unies », peut-on lire dans le communiqué.

De même, après la décision du Parlement néerlandais de « s’opposer activement aux organisations des Nations unies qui accordent une attention disproportionnée à Israël », le ministre néerlandais des Affaires étrangères a déclaré l’année dernière que les Pays-Bas « s’efforceraient activement de lutter contre l’attention disproportionnée » accordée à Israël au sein des Nations unies. Pourtant, aujourd’hui, les deux pays ont largement accepté le fait que l’État juif soit montré du doigt, comme l’ont fait la plupart des autres États de l’UE ».

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