Les écoles chrétiennes d’Israël en faillite obtiennent enfin leur financement
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Les écoles chrétiennes d’Israël en faillite obtiennent enfin leur financement

Un responsable de l’Eglise accueille les 50 millions de shekels, mais affirme que le réseau de 47 écoles manque toujours de droits et de respect

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des centaines de chrétiens israéliens pendant un rassemblement contre ce qu'ils disent être de la discrimination de l'Etat dans le financement de leurs écoles, au pied de la Basilique de l'Annonciation à Nazareth, le 1er septembre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Des centaines de chrétiens israéliens pendant un rassemblement contre ce qu'ils disent être de la discrimination de l'Etat dans le financement de leurs écoles, au pied de la Basilique de l'Annonciation à Nazareth, le 1er septembre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Les écoles chrétiennes d’Israël faisant face à une faillite financière pourront, dès mercredi, accéder à un large financement gouvernemental qui a des mois de retard. Elles négocient toujours une solution à long terme à leurs difficultés financières.

Le réseau de 47 écoles, qui sont presque toutes catholiques et accueillent près de 33 000 enfants, majoritairement musulmans, avait lancé un mouvement de grève au début de l’année scolaire, en septembre dernier, en raison de coupes budgétaires qui s’élèveraient, selon des responsables, à des centaines de millions de shekels.

Le pape lui-même avait pris note du mouvement, et en avait parlé au président Reuven Rivlin quand il s’était rendu au Vatican en septembre dernier.

La grève avait pris fin quand le ministère de l’Education avait accepté de payer en une fois 50 millions de shekels (environ 11,9 millions d’euros) au réseau scolaire, qui est considéré comme « non officiel mais reconnu », et de former une commission pour rechercher des solutions à long terme à la crise budgétaire, la commission Shoshani.

Le président Reuven Rivlin et le pape François au Vatican, le 3 septembre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le président Reuven Rivlin et le pape François au Vatican, le 3 septembre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Dans le cadre de l’accord original conclu il y a un an, le ministère de l’Education devait transférer les 50 millions de shekels au ministère de l’Egalité sociale, qui s’assurerait ensuite qu’ils soient distribués aux différentes écoles du réseau.

Cependant, un responsable gouvernemental avait déclaré au Times of Israël que malgré cette promesse, le ministère de l’Education refuse à présent de distribuer le financement, assurant que les écoles sont des institutions non reconnues qui ne relèvent pas de son ressort.

Mercredi, la ministre Likud de l’Egalité sociale, Gila Gamliel, a pris le sujet à bras le corps. Son ministère a accordé un financement qui permettrait aux écoles primaires et aux collèges chrétiens d’accéder aux 50 millions de shekels initialement alloués au réseau scolaire.

Wadia Abu Nasser, porte-parole de l’Eglise catholique en Israël, a déclaré que « nous apprécions les efforts du ministère [de l’Egalité sociale], mais nous nous demandons pourquoi ils arrivent si tard. »

« Le problème ne porte pas sur les 50 millions de shekels », a déclaré Nasser, mais plutôt sur la manière dont les écoles sont généralement traitées, malgré le succès de certaines qui font partie des meilleures institutions scolaires d’Israël.

Les Arabes chrétiens, qui représentent environ 2 % de la population israélienne, ont constamment de meilleurs résultats aux tests d’inscription en universités que les autres communautés du pays.

Des élèves arabes israéliens pendant une manifestation à Jérusalem pour demander plus de financements pour les écoles chrétiennes, le 6 septembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)
Des élèves arabes israéliens pendant une manifestation à Jérusalem pour demander plus de financements pour les écoles chrétiennes, le 6 septembre 2015. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

Le père Abdel Masih, qui dirige le Bureau des écoles chrétiennes en Israël, a déclaré qu’il négociait toujours une solution à long terme avec le ministère de l’Education pour assurer la stabilité financière de ses écoles. Jusqu’à présent, a-t-il précisé, les écoles chrétiennes ont compté sur les donateurs étrangers pour rester à flot.

Masih a également déclaré qu’il se battait pour assurer que les écoles chrétiennes reçoivent les mêmes aides du ministère de l’Education, dont des jours de congés maladie pour leurs enseignants, auquel ils n’ont actuellement pas le droit.

« Au final, si vous aidez nos élèves, vous aidez tout Israël. Nous faisons partie de l’ensemble, et sommes fiers de faire partie de l’ensemble », a déclaré Masih.

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