Les enfants seraient porteurs du virus et contagieux, mais à un taux moindre
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Les enfants seraient porteurs du virus et contagieux, mais à un taux moindre

L'étude épidémiologique du ministère de la Santé publiée hier servira à déterminer ce vendredi si les crèches, les jardins d'enfants et les écoles seront autorisées à rouvrir

Des enfants portent des masques dans un champ au parc HaSharon à Hadera, le 23 mars 2020. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)
Des enfants portent des masques dans un champ au parc HaSharon à Hadera, le 23 mars 2020. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

Le ministère de la Santé a publié jeudi une étude épidémiologique qui servira à déterminer ce vendredi si les crèches, les jardins d’enfants et les écoles seront autorisées à rouvrir dimanche.

L’étude a révélé que les enfants peuvent être porteurs et transmettre la maladie, mais à un taux inférieur à celui des adultes. Ses auteurs ont souligné que les résultats étaient préliminaires.

Celle-ci s’est penchée sur la propagation du virus dans 562 foyers, soit un total de 2 823 personnes à Bnei Brak, dont plus de la moitié avaient moins de 20 ans. Bnei Brak a connu une grave épidémie de la maladie le mois dernier.

Les enfants des ménages dont au moins un membre de la famille est infecté par le virus ont 20 à 50 % moins de risques d’être infectés que les adultes, les jeunes enfants étant moins susceptibles de contracter la maladie que les plus âgés, selon le rapport.

Les enfants auraient de 20 à 75 % moins de risques que les adultes de contaminer d’autres personnes. Les risques de transmission augmentent avec l’âge, bien que les enfants de moins d’un an puissent également être très contagieux, selon le rapport.

Les nourrissons sont plus susceptibles d’être infectés que les autres enfants, peut-être en raison d’un contact plus étroit avec leurs parents ou d’un allaitement par une mère contaminée, selon le rapport.

Des Juifs ultra-orthodoxes et des enfants portant des masques de protection dans une rue de la ville israélienne ultra-orthodoxe de Bnei Brak, près de Tel Aviv, le 2 avril 2020. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

« Nous recommandons aux décideurs d’agir avec beaucoup de prudence et de n’ouvrir les écoles et de n’y renvoyer les élèves que progressivement », ont écrit les chercheurs de l’Institut de recherche Gertner au Centre médical Sheba, près de Tel Aviv.

Ils suggèrent de mettre en place un système de surveillance étroite des écoles, notamment en prenant des mesures si des contaminations sont détectées chez les élèves, et de procéder à des tests randomisés complets.

L’étude a été présentée aux ministres du gouvernement ce vendredi matin, à 10h, qui devaient décider si les écoles ouvriront dimanche.

Jeudi soir, des fonctionnaires du ministère de la Santé ont fait pression pour reporter la réouverture des jardins d’enfants et des écoles maternelles à la fin du mois de mai.

Lors d’une réunion avec les journalistes, un haut fonctionnaire du ministère a déclaré que les jardins d’enfants ne devraient pas rouvrir avant une semaine ou deux, mais que les écoles primaires jusqu’à la troisième année pouvaient commencer à accueillir des élèves dimanche.

« Nous avons vu de bons résultats sur la carte nationale des infections, et nous pouvons prendre cette mesure et attendre concernant les jardins d’enfants jusqu’au prochain tour, après une semaine ou deux de situation sanitaire satisfaisante. Le groupe avec lequel il est le plus sûr de commencer est celui des élèves de la première à la troisième année », estime le fonctionnaire.

Les fonctionnaires craignent que les jeunes enfants ne soient pas en mesure de maintenir la distance sociale nécessaire ou les normes d’hygiène, et il sera difficile de maintenir des groupes de 15 enfants séparés les uns des autres, comme cela a été ordonné.

Selon le plan du ministère de l’Éducation – publié en début de semaine – pour la reprise des études dimanche, les enfants de la première à la troisième année retourneraient à l’école cinq jours par semaine, à raison de cinq heures par jour, avec des classes limitées à 15 élèves.

Les jardins d’enfants et les écoles maternelles rouvriraient également, mais seulement trois jours par semaine, avec un nombre restreint d’enfants autorisés à la fois.

Des chaises sont placées sur les bureaux d’une salle de classe d’une école fermée de la ville de Safed, dans le nord du pays, le 13 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (David Cohen/Flash90)

Les ministres se réuniront vendredi pour prendre une décision finale sur les écoles qui rouvriront la semaine prochaine, et favoriseront probablement la recommandation du ministère de la Santé plutôt que celle du ministère de l’Éducation.

Le premier patient du pays âgé de moins de 19 ans à souffrir de graves complications liées au nouveau coronavirus, une fillette de 11 ans, est actuellement hospitalisé à l’hôpital Rambam de Haïfa.

À ce jour, les enfants font partie du groupe le moins touché par ce virus. Les données de plus de 75 000 cas en Chine montrent qu’ils représentent 2,4 % de l’ensemble des cas et qu’ils ne souffrent pour la plupart que de symptômes légers.

L’Organisation mondiale de la santé a fait savoir qu’elle tentait de recueillir plus d’informations sur tout nouveau syndrome lié au coronavirus chez les enfants auprès de son réseau mondial de médecins, mais n’avait reçu aucun rapport officiel à ce sujet.

Les professionnels de santé israéliens suivent de près les recherches internationales sur les enfants et le coronavirus. Par exemple, le centre de santé de Nouvelle-Galles du Sud pour la recherche sur l’immunisation a mené une étude sur des enfants, et a conclu qu’il est peu probable qu’ils transmettent le Covid-19 entre eux ou aux adultes. En Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, cette théorie aurait influencé la décision de réouverture des écoles.

Les médecins de Grande-Bretagne, d’Italie et d’Espagne ont été avertis cette semaine qu’ils devaient faire preuve de vigilance, car une maladie inflammatoire rare chez les enfants pourrait être liée au nouveau coronavirus.

Une étude publiée ce mois-ci dans la revue américaine Clinical Infectious Diseases a établi qu’un enfant en France, qui ne présentait que des symptômes légers, a été en contact avec 172 personnes pendant sa maladie. Toutes ces personnes ont été placées en quarantaine par précaution, mais aucune d’entre elles n’a contracté le Covid-19, pas même les deux frères et sœurs de l’enfant.

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