Les Etats-Unis auraient secrètement adouci les termes de l’accord nucléaire iranien
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Les Etats-Unis auraient secrètement adouci les termes de l’accord nucléaire iranien

Pour répondre aux exigences, les négociateurs P5+1 ont permis à Téhéran de circonvenir aux restrictions sur l’uranium et l’eau lourde

Les négociations de l'Iran avec les P5+1 à Vienne, 19 mars 2014. (Crédit : AFP/Dieter Nagl)
Les négociations de l'Iran avec les P5+1 à Vienne, 19 mars 2014. (Crédit : AFP/Dieter Nagl)

Les Etats-Unis et les puissances mondiales qui ont négocié l’accord nucléaire l’année dernière avec l’Iran ont « secrètement » accepté d’autoriser la République islamique à ne pas respecter certaines des restrictions de l’accord afin de répondre aux exigences demandées pour la levée des sanctions économiques internationales, a annoncé Reuters jeudi.

Selon l’article, plusieurs responsables « informés » impliqués dans les négociations ont déclaré à l’Institut pour les sciences et la sécurité internationale de Washington que Téhéran avait eu l’autorisation de dépasser les limites de l’accord sur la quantité d’uranium faiblement enrichi qu’il pourrait garder dans ses installations nucléaires. L’uranium faiblement enrichi peut être purifié pour obtenir de l’uranium de qualité militaire, permettant ainsi de fabriquer des armes.

L’institut a également annoncé que les puissances négociantes, un groupe appelé P5+1 composé des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la France, de l’Allemagne et de la Russie, ont également permis à Téhéran d’envoyer 50 tonnes d’eau lourde de son installation d’Arak vers Oman, et de le garder là-bas sous supervision iranienne.

Son président, David Albright, a déclaré que les « exceptions ou les failles ont eu lieu en secret, et il semble qu’elles favorisent l’Iran. »

Les responsables P5+1 ont accepté les termes pour que l’Iran respecte l’accord à la date fixée du 16 janvier pour que les sanctions soient levées, selon l’article.

Le réacteur nucléaire d'Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)
Le réacteur nucléaire d’Arak en Iran, en 2012. (Crédit : Nanking2012/CC BY/WikiCommons)

Un responsable anonyme de la Maison blanche a déclaré à Reuters que le rôle de la commission conjointe des puissances négociantes n’était « pas secret », mais a refusé de répondre en particulier aux affirmations de l’institut sur des failles quelconques.

Albright, qui a été inspecteur de l’équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de l’ONU qui a enquêté sur le programme nucléaire de l’ancien président irakien Saddam Hussein, a exprimé son inquiétude que des exceptions puissent instaurer un précédent pour l’Iran, qui chercherait d’autres dérogations.

Il a déclaré qu’un rapport complet détaillant les exemptions permises à Téhéran par les négociateurs des P5+1 serait publié par son institut dans la journée de jeudi.

Le mois denier, un document obtenu par Associated Press à Vienne révélait que des restrictions cruciales sur le programme nucléaire iranien imposées par l’accord seraient adoucies dans un peu plus de dix ans, réduisant le temps dont Téhéran aurait besoin pour construire une bombe à six mois ou moins, contre un an aujourd’hui.

L’Iran a souligné qu’il n’était pas intéressé par les armes nucléaires, et le pacte est étroitement surveillé par l’AIEA. L’agence a déclaré que Téhéran avait généralement respecté ses engagements depuis la mise en place de l’accord, un peu plus de six mois après sa signature le 14 juillet 2015.

Des agences de presse ont contribué à cet article.

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