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Les Etats-Unis toujours prêts militairement au Moyen-orient, dit le Pentagone

Les voisins de l'Iran s'inquiètent des concessions qui pourraient être faites à la République islamique dans les négociations qui devraient reprendre sur son programme nucléaire

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin s'exprime lors du Dialogue de Manama dans la capitale du Bahreïn, le 20 novembre 2021. (Crédit : Mazen Mahdi/AFP)
Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin s'exprime lors du Dialogue de Manama dans la capitale du Bahreïn, le 20 novembre 2021. (Crédit : Mazen Mahdi/AFP)

Les Etats-Unis ont affirmé samedi être toujours prêts à déployer des « forces importantes » au Moyen-Orient, répondant à des interrogations sur leur volonté de recourir, si nécessaire, à l’option militaire dans la région.

Toutes les options sont sur la table, notamment si la diplomatie échoue à encadrer le programme nucléaire iranien, a assuré le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, lors du Dialogue de Manama à Bahreïn, réfutant l’idée selon laquelle son pays était devenu réticent au recours à la force.

Le chef du Pentagone était interrogé sur la raison pour laquelle Washington n’avait pas répondu à l’attaque de drones et d’artillerie en octobre contre une base utilisée par la coalition combattant le groupe Etat islamique en Syrie.

« Les Etats-Unis d’Amérique conservent le droit de se défendre. Et nous nous défendrons ainsi que nos intérêts, quoi qu’il arrive, au moment et au lieu de notre choix », a déclaré M. Austin.

« Qu’aucun pays, qu’aucun individu ne se trompe à ce sujet. Nous sommes engagés dans notre défense, celle de nos intérêts, et cela inclut également nos partenaires. Et nous sommes également déterminés à ne pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire », a-t-il ajouté.

Des centrifugeuses au sein de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, le 5 novembre 2019. (Atomic Energy Organization of Iran via AP)

Selon M. Austin, le principal objectif des Etats-Unis est de renforcer leurs alliances « inégalées » au Moyen-Orient, soulignant toutefois la présence encore de dizaines de milliers de ses soldats stationnés dans la région.

« L’engagement de l’Amérique envers la sécurité au Moyen-Orient est fort et sûr », a-t-il insisté.

Après avoir mis fin à 20 ans d’occupation de l’Afghanistan en août, les Etats-Unis s’apprêtent à retirer leurs troupes d’Irak d’ici la fin de l’année.

Les voisins de l’Iran s’inquiètent des concessions qui pourraient être faites à la République islamique dans les négociations qui devraient reprendre ce mois-ci sur son programme nucléaire.

Les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de l’Iran, l’accusent notamment d’utiliser des drones et des missiles pour attaquer les forces américaines et les navires liés à Israël dans le Golfe, afin de déstabiliser la région.

L’Iran et Israël sont engagés dans une « guerre de l’ombre » dans laquelle des navires liés à chaque pays sont attaqués dans les eaux autour du Golfe.

Lz 19 novembre, Téhéran avait qualifié d' »illégitime » la déclaration la veille des Etats-Unis et de pays européens qui ont assuré aux voisins de l’Iran que leurs intérêts sécuritaires seraient pris en compte lors des négociations à venir sur le nucléaire iranien.

« Cette réunion et cette déclaration sont tellement artificielles et illégitimes qu’elles ne valent pas la peine d’y répondre », avait réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh dans un communiqué. « Le gouvernement des Etats-Unis, responsable de la situation actuelle en se retirant de l’accord sur le nucléaire, tente une fois de plus de provoquer une crise et de mener une campagne de propagande contre l’Iran », avait-il affirmé.

L’Iran va devoir montrer sa « volonté » d’avancer dès la reprise des négociations sur son programme nucléaire le 29 novembre, avait souligné la même journée le chef de la diplomatie française, en relevant que Washington était pour sa part prêt à les « conclure rapidement ». « Je crois comprendre que les États-Unis sont prêts à revenir dans les négociations là où on les avait laissées en juin, de manière à les conclure rapidement », avait déclaré Jean-Yves Le Drian au quotidien français Le Monde. « Nous apprécierons dès le 29 et dans les jours suivants si c’est aussi la volonté iranienne », avait-il ajouté.

L’Iran aura le dernier mot si Israël décide de déclencher une guerre, avait affirmé le 11 novembre le chef de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

« Les Israéliens peuvent déclencher (une attaque contre l’Iran) mais c’est nous qui déciderons de son issue », avait dit le général Amirali Hajizadeh. L’Etat hébreu a récemment affirmé qu’il se réservait le droit d’utiliser la force contre Téhéran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.

Selon le général iranien, cité par le site officiel des Gardiens, les menaces israéliennes « sont principalement destinées à la consommation interne ». Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l’arme atomique et avait mis en garde en octobre Israël contre « toute aventure militaire » visant son programme nucléaire.

Par ailleurs, le général avait estimé que le programme de drones iraniens suscitait l’inquiétude des Etats-Unis et d’Israël. « Aujourd’hui, nos ennemis disent que nous devrions négocier sur les missiles et nos drones qui sont devenus une épine dans leurs pieds. S’ils veulent limiter les capacités de missiles et de drones de l’Iran, ça montre notre force », avait-il déclaré.

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