Les gagnants et les perdants du Covid-19 selon l’étude (subjective) du ToI
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Les gagnants et les perdants du Covid-19 selon l’étude (subjective) du ToI

Des arts à Zoom, d'Amazon aux mariages, de la coiffure à la germophobie : une liste provisoire de ceux qui tirent profit et ceux qui pâtissent du monde confiné

Photo d'illustration : Les gagnants et les perdants (Crédit : Rawf8; iStock by Getty Images)
Photo d'illustration : Les gagnants et les perdants (Crédit : Rawf8; iStock by Getty Images)

Alors que certains pays, et parmi eux Israël, commencent un peu à alléger les restrictions imposées aux citoyens en raison de la pandémie de coronavirus, le moment est peut être venu de tenter d’identifier les gagnants et les perdants de cette crise qui s’est abattue sur le monde entier.

Le nombre de morts des suites du Covid-19 et de personnes contaminées par la maladie continue de grimper de même que les chiffres du chômage, alors que les programmes éducatifs et culturels dépérissent et que l’isolement règne avec le maintien des directives strictes portant sur la distanciation sociale.

Pour les plus chanceux, les médias en streaming se consomment au même rythme qu’un flacon de gel hydroalcoolique.

Mais alors que l’on entreprend timidement la réouverture des commerces et des écoles, le Times of Israel a tenté d’établir un premier bilan des gagnants et des perdants qui ont émergé de cette crise. Il s’agit d’une liste purement subjective – et seul le temps pourra indiquer s’il faudra en ajouter d’autres.

Les gagnants

Les germophobes : Oui. C’est difficile à croire, mais ces névrosés qui, avant le coronavirus, ressentaient le besoin de tout désinfecter, ouvraient les portes des toilettes avec l’épaule et se lavaient constamment les mains avaient finalement raison. Et cette foule de gens moqueurs, affichant leur méconnaissance et leur négligence de l’hygiène de base, avait tort.

Internet : Les choses auraient été très différentes si nous n’avions pas disposé d’internet pour nous aider à communiquer, à travailler, à apprendre, à acheter et à ne pas devenir fous pendant notre confinement et face aux règles de distanciation sociale. Les services bancaires et achats en ligne ainsi que le visionnage de films en streaming sont devenus possibles en raison des progrès réalisés dans la connectivité internet au cours des – presque – trois dernières décennies.

Zoom Video Communications Inc : La firme technologique de vidéoconférence originaire de la Silicon Valley est incontestablement l’une des stars de la pandémie de coronavirus. Elle a permis aux entreprises de se réunir en ligne, aux enfants de continuer à suivre leurs cours et aux familles de rester en contact – notamment avec les Seders virtuels de Pessah passés avec les proches de l’autre côté de l’écran ou les services funéraires ou religieux autres. Fondée en 2011 par Eric Yuan et inscrite au Nasdaq il y a un an, Zoom a vu sa valeur boursière grimper en flèche et atteindre 42 milliards de dollars environ – alors même que la politique de confidentialité de l’entreprise est actuellement au centre d’une controverse.

Le président Reuven Rivlin rencontre des membres de sa famille via Zoom alors que les Israéliens sont confinés à domicile, lors de la dernière journée de Pessah, le 4 avril (Crédit : Twitter)

Santé numérique, télé-médecine : Les soins de santé traditionnels sont dynamisés par la technologie, les robots et autres outils high-tech étant utilisés pour examiner les patients et pour trouver des moyens de surveiller le virus. Tytocare permet aux médecins d’examiner à distance les patients en utilisant un stéthoscope, un thermomètre, et même en contrôlant les capacités pulmonaires ; EarlySense a développé une technologie capable de produire des données exploitables en temps réel et mis au point des outils de gestion de données qui permettent aux praticiens de déceler et de prévenir un état médical potentiellement grave avant même qu’il ne se dégrade. Ces technologies et d’autres devraient jouer un grand rôle dans la médecine alors même que soins de santé et high-tech continuent de fusionner.

E-commerce, détaillants ou supermarchés : Chacun étant contraint de rester confiné chez soi pour éviter de croiser la route du coronavirus meurtrier, ce qui a amené les consommateurs à se tourner vers le commerce en ligne, les vendeurs ont fleuri sur internet. Amazon, par exemple, le géant de la distribution sur la Toile, pourrait bien émerger de la pandémie plus fort que jamais, selon Bloomberg. L’entreprise, dont le siège est à Seattle et qui vend des livres, des articles ménagers et autres à travers son site internet phare, contrôle également les magasins d’alimentation Whole Foods et propose des services informatiques dans le cloud et de streaming vidéo. Jeff Bezos, fondateur et directeur général de l’entreprise dont il est propriétaire à 11 %, a vu sa richesse augmenter de 24 milliards de dollars en 2020, selon l’indice des milliardaires de Bloomberg – ce qui confirme sa position d’homme le plus riche du monde.

En Israël, les actions des chaînes de supermarché comme Victory Supermarket Chain Ltd. ont fait un bond de 11 % entre le 10 février et le 16 avril tandis qu’une autre chaîne, Freshmarket, a connu une hausse d’environ 10 % – un pourcentage à comparer avec la baisse de 21 % de l’indice de référence TA-125 au cours de la même période. Il faut dire que la demande a fortement augmenté avec des clients accumulant produits alimentaires, papier toilette, œufs et gel anti-bactérien pour les mains dans le contexte de confinement et avant la fête de Pessah, au mois d’avril.

Les Israéliens font leurs courses dans un supermarché de Jérusalem, le 18 mars 2020 (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Moyens de contrôle et de localisation : Depuis les applications qui ont été développées à Singapour aux caméras thermiques dans les hôpitaux en passant par l’accès aux téléphones portables et aux données de carte de crédit, comme l’a fait le service de sécurité intérieure du Shin Bet au sein de l’État juif, des méthodes variées sont entrées dans le jeu pour surveiller les endroits où nous nous trouvions et pour nous dire si nous avions été en contact avec un malade du coronavirus. Une fois ces technologies et ces tactiques déployées, sera-t-il facile d’y renoncer une fois que la crise sera derrière nous ?

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Les services de livraison et de vente à emporter : Alors qu’il a été interdit aux restaurants d’accueillir du public dans leurs salles en raison des restrictions portant sur la distanciation sociale, les établissements se sont tournés vers la livraison. La plateforme israélienne Wolt, par exemple, a connu une augmentation considérable de son utilisation et a dû embaucher des centaines de nouveaux coursiers.

Le papier toilette, les lingettes, les gels désinfectants : Alors que l’angoisse de ne pas disposer de suffisamment de papier toilette se propageait et que les exigences en termes d’hygiène se renforçaient, la demande pour les gels anti-bactériens pour les mains et les lingettes a grimpé en flèche – ce qui a entraîné une forte hausse des commandes et de la production du côté des fabricants. En Israël, les actions d’Albad Massuot Yitzhak, fabricant israélien de lingettes, a fait un bond de 65 % entre le 10 février et le 16 avril en fin de journée. Pour sa part, Sano-Brunos Enterprises Ltd., qui fabrique des produits nettoyants, a connu une hausse de 7 %, et de 32 % sur douze mois. L’indice de référence TA-125 a, pour sa part, décliné de 21 % durant cette même période.

Un homme vend du gel hydroalcoolique aux passants dans le centre de Jérusalem, le 18 mars 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/FLASH90)

Netflix, services de streaming : Dans cette période de confinement, les services de streaming sont devenus la bouée de sauvetage de nombreuses personnes désireuses de tromper l’anxiété et l’ennui en se tournant vers la télévision. Tant que les infrastructures internet se maintiendront, ce type de firmes permettra d’affronter l’orage du coronavirus de manière agréable.

Et les perdants sont…

Les rassemblements sociaux, les étreintes et les câlins, les grandes cérémonies de mariage et de funérailles : Les grands rassemblements sociaux pour les fêtes, pour les évènements tristes ou heureux et les gestes habituels d’affection figurent parmi les plus grandes victimes de la crise du coronavirus. Retrouverons-nous un jour nos câlins tels que nous les avons connus ?

Les salons de coiffure et les petits commerces en général : Le vendeur de falafels en larmes qui supplie d’être simplement autorisé à reprendre son travail incarne dorénavant le visage de la situation difficile que traversent les petites entreprises israéliennes face à l’épidémie de coronavirus. Ces entreprises sont les roues qui permettent aux économies d’avancer et pourtant, ce sont elles qui subiront les répercussions les plus dures du confinement. Alors que les femmes et les hommes, dans le monde entier, se coupent ou se teignent dorénavant eux-mêmes les cheveux – certains pour la toute première fois – recourront-ils encore à ces services en les payant ? De nombreuses petites entreprises sont destinées à disparaître, à moins qu’elles n’obtiennent les prêts nécessaires pour les accompagner dans ce moment critique.

Les voyages, les hôtels, les guides touristiques, les bateaux de croisière : Tous seront frappés par les restrictions sur les voyages et sur les déplacements. Et plus un pays tire ses revenus du tourisme, plus il en ressentira les conséquences – c’est le cas d’Israël, de l’Italie ou de l’Espagne. Les guides touristiques voient leurs visites de groupe annuler, et ils n’ont aucune idée du moment où ils retrouveront leur source de revenu. Fattal Holdings 1998 Ltd., l’un des plus grands propriétaires d’hôtels en Israël, avec 38 établissements et 16 700 chambres, a plongé de 66 % pendant la période – un chiffre à comparer à la baisse de 21 % de l’indice de référence TA-125. Alors que les bateaux de croisière sont devenus des bouillons de culture pour le virus – plus de vingt ont recensé des cas d’infection, le plus célèbre étant le Diamond Princess où plus de 700 passagers avaient été infectés – les voyageurs voudront-ils à nouveau remonter à bord ?

Des passagers sont sur le pont du bateau de croisière Diamond Princess amarré dans le port de Yokohama à Yokohama, non loin de Tokyo, le mercredi 12 février 2020. (Yuta Omori/Kyodo News via AP)

Les loisirs, les concerts, les événements sportifs, les centres commerciaux : En Israël, Melisron, propriétaire de centres commerciaux dont le fameux centre commercial Ramat Aviv Mall à Tel Aviv, a connu un déclin de 44 % entre le 10 février et le 16 avril. Alors que les divertissements et les concerts se passent maintenant sur internet – allez donc voir sur YouTube le concert donné pour Pâques par Andrea Boccelli depuis un Duomo vide, à Milan, ou le concert « One World: Together At Home » qui a été diffusé à la télévision et qui a permis de soulever quelque 35 millions de dollars pour lutter contre la pandémie – retrouverons-nous le goût des concerts pleins à craquer, des événements sportifs et des salles de cinéma bondées ? Et qu’est-ce qu’on ratera si ce n’est pas le cas ?

Photo d’illustration : Des instruments de coiffure (Crédit : iStock by Getty Images)
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