Les groupes juifs américains accusent Abbas d’éviter des pourparlers
Rechercher

Les groupes juifs américains accusent Abbas d’éviter des pourparlers

Les Américains partisans de l'ONG, la Paix maintenant, appellent l’AP à maintenir une coopération en matière de sécurité

Mahmoud Abbas devant la 70ème Assemblée générale de l'ONU, le 30 septembre 2015 (Crédit : capture d'écran UN live)
Mahmoud Abbas devant la 70ème Assemblée générale de l'ONU, le 30 septembre 2015 (Crédit : capture d'écran UN live)

New York – En réaction au discours d’Abbas devant l’Assemblée générale des Nations unies mercredi, des groupes juifs américains l’accusent de tenter de se soustraire à des pourparlers de paix avec Israël.

Faisant écho à des dénonciations du discours de dirigeants politiques israéliens, ils accusent également Abbas de ne pas réellement promouvoir la cause d’une solution à deux Etats.

Dans un communiqué, la Ligue Anti-Diffamation (ADL) a condamné le discours d’Abbas comme « le plus récent et le plus flagrant désaveu public de paix et de réconciliation avec Israël […] truffé de mensonges éhontés et d’incitation à la haine sur les sites saints communs à Jérusalem, de demi-vérités historiques sur le conflit, et une litanie de griefs et d’accusations ».

Selon l’ADL, le discours est plus préoccupé par du symbolisme que par des solutions – référence probable au drapeau palestinien brandi au siège de l’ONU à Manhattan.

Au lieu de cela, l’organisation a déclaré que la communauté internationale devrait « transmettre à M. Abbas et aux autres dirigeants palestiniens que le refus de reconnaître le lien juif aux lieux saints à Jérusalem est antisémite et doit cesser, et que seulement à travers des négociations durables, directes, difficiles, graves et bilatérales avec l’État juif d’Israël, les aspirations palestiniennes seront reconnues ».

Dans son discours, Abbas a souligné qu’Israël ayant violé les aspects de ses accords avec les Palestiniens, les engagements pris par les Palestiniens dans ces accords, tels qu’Oslo, ne sont plus contraignants.

Le discours a déclenché une réaction rapide et furieuse du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a affirmé qu’il était « trompeur et encourageait l’incitation et [à] la catastrophe au Moyen-Orient ».

D’autres politiciens israéliens, y compris le chef de l’opposition, ont également accusé Abbas de mentir et de repousser la cause de la paix.

Les condamnations se sont multipliées aux États-Unis, où le directeur exécutif Comité juif américain David Harris a accusé Abbas d’éviter de faire des choix politiques difficiles.

« L’unilatéralisme n’est pas une politique », a déclaré Harris. « Le ‘rejectionnisme’ n’est pas une politique. La victimisation n’est pas la politique. »

Même les Américains partisans de la Paix maintenant ont exprimé leur préoccupation sur les conséquences des déclarations d’Abbas concernant les accords antérieurs.

« Si nous reconnaissions l’érosion de l’accord d’Oslo et des autres accords signés entre l’OLP et Israël, les Américains pour la Paix maintenant demandent instamment au leadership palestinien de respecter les règles et principes de base de ces accords », a écrit leur porte-parole Ori Nir dans un communiqué mercredi.

« Notamment, nous demandons instamment à Abbas et aux responsables de l’Autorité palestinienne de continuer à respecter les accords sécuritaires avec Israël. »

Les arrangements sécuritaires, a écrit Nir, « servent à sauver des vies – israéliennes comme palestiniennes. »

Dans le même temps, l’organisation a souligné – dans la même veine que Federica Mogherini – que la déclaration d’Abbas devrait être considérée comme « une alarme, un signal d’avertissement pour l’administration Obama qui doit prendre des mesures au Conseil de sécurité des Nations unies pour réanimer et ré-accréditer la solution à deux Etats ».

B’nai Brith International, cependant, a souligné qu’Abbas ne devrait pas tenter d’imposer une solution par une action à l’ONU, mais par « des négociations bilatérales directes avec Israël, ce que l’ONU prône depuis longtemps comme la seule voie légitime pour progresser ».

« Si l’Autorité palestinienne était sérieuse au sujet de la paix, ses responsables décideraient de s’asseoir avec le gouvernement israélien pour négocier une paix globale et durable, plutôt que de chercher des victoires symboliques et une confrontation insensée aux Nations unies, » a déploré l’organisation dans un communiqué mercredi soir.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...