Les Israéliennes peuvent reprendre la FIV, mais peut-être pas la terminer
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Les Israéliennes peuvent reprendre la FIV, mais peut-être pas la terminer

Le ministère de la Santé supprime les limites d'âge pour commencer le traitement, mais les médecins ont pour instruction de n'implanter des embryons que dans certains cas

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration. Fécondation in vitro (FIV). (via Shutterstock)
Illustration. Fécondation in vitro (FIV). (via Shutterstock)

Le ministère de la Santé a annoncé lundi qu’il supprimait les restrictions d’âge pour les femmes souhaitant commencer des traitements de fécondation in vitro, car la crise du coronavirus a semblé s’atténuer ces dernières semaines, les rendant à nouveau disponibles pour les femmes de moins de 39 ans qui avaient été exclues de la procédure.

Au début de la pandémie, le ministère a totalement interdit l’accès à la procédure, par crainte que la maladie ne se propage dans les cliniques spécialisées dans la fertilité et en raison de questions sans réponse concernant les effets du virus sur les embryons. Au début de ce mois, le ministère a annoncé qu’il autorisait les femmes de plus de 39 ans à commencer une FIV, car ces femmes plus âgées disposent de moins de temps pour commencer le processus tout en étant capables de porter des enfants en toute sécurité.

En effet, les effets du Covid-19 sur un fœtus en développement ne sont pas encore totalement connus, ce qui a conduit le ministère à dire aux médecins de ne pas encore nécessairement commencer à implanter des embryons dans l’utérus de leurs patientes à ce stade, bien qu’il n’ait pas interdit totalement cette étape du traitement.

« C’est à la fois grisant et une victoire partielle, car il n’y a toujours pas d’implantation d’embryons », a commenté Shayna Kovler, qui n’avait pas pu commencer son traitement en raison de la décision du ministère de la Santé.

Illustration. Fécondation in vitro (FIV) d’un ovule. (iStock par Getty Images/ man_at_mouse)

Bien que les médecins soient autorisés à effectuer des transferts d’embryons, le ministère ne recommande pas encore de le faire en raison de l’incertitude quant aux effets négatifs possibles sur le bébé si la mère contracte le virus.

« Notre ligne de pensée est que nous ne savons toujours pas comment le coronavirus affecte les embryons au cours du premier trimestre », a indiqué lundi le Dr Adrian Shulman, président de l’Israel Fertility Association [Association israélienne de fertilité], au Times of Israel.

Le ministère a déclaré que la décision de procéder à l’implantation appartenait en dernier ressort aux médecins, à condition que leurs patientes et leurs partenaires, le cas échéant, signent un accord acceptant tout risque potentiel.

La fécondation in vitro implique généralement une série de traitements hormonaux pour stimuler les follicules des ovaires de la femme afin de produire plusieurs ovules matures ; une procédure pour récupérer ces ovules ; l’incubation des ovules avec du sperme afin de les féconder dans un récipient en verre ; la sélection de l’embryon, ou des embryons, ayant les meilleures chances d’une grossesse réussie ; et l’implantation dans l’utérus de la femme, où l’embryon s’implantera, si tout va bien, et se développera en un fœtus.

M. Shulman a fait savoir que s’il ne semble pas y avoir d’effets négatifs évidents sur un fœtus au cours des premières étapes de son développement, le ministère a néanmoins conseillé la prudence lors de l’implantation d’embryons et du début éventuel d’une grossesse, car la question n’a pas encore été pleinement étudiée – et ne pourra d’ailleurs pas l’être avant au moins trois ou quatre mois, lorsque les bébés conçus pendant la pandémie verront le jour.

Ce n’est qu’à ce moment-là que le ministère est susceptible d’autoriser pleinement la reprise des traitements de FIV sans réserve, a-t-il dit.

Cet argument paraît être pour Mme Kovler une sorte de double standard, car on ne recommande pas aux autres femmes d’éviter de tomber enceintes.

Lundi, le ministère de la Santé a déclaré qu’il supprimait la limite d’âge des plus de 39 ans, à la suite des appels des défenseurs de la fertilité qui ont fait valoir que les restrictions semblaient arbitraires compte tenu du fait que le reste du pays rouvrait, la pandémie semblant être sous contrôle.

M. Shulman a expliqué que la décision initiale de limiter la procédure pour les femmes de plus de 39 ans avait pour but de s’assurer qu’il n’y avait pas de précipitation soudaine qui pourrait mettre le système à rude épreuve. Une fois qu’il est devenu évident que ce n’était pas un problème, la restriction a été supprimée.

Selon les nouvelles directives, qui entrent en vigueur immédiatement, toute femme peut commencer librement un traitement de FIV, sauf si elle souffre de diabète, d’hypertension, de maladies pulmonaires chroniques, de problèmes de coagulation sanguine ou de troubles du système immunitaire ou du cœur. Si elles souffrent de l’une de ces maladies, leur médecin doit examiner leur cas et demander à un spécialiste d’approuver le traitement, a précisé le ministère de la Santé.

Les femmes contaminées par le coronavirus ne peuvent toujours pas en bénéficier en vertu des nouvelles règles.

Bien que les traitements de FIV soient disponibles quel que soit l’âge, une préférence sera toujours accordée aux femmes de plus de 30 ans, a souligné le ministère de la Santé.

Photo d’illustration d’un laboratoire de fécondation in-vitro. (Crédit : CC BY-SA, Jayesh Amin, Wikimedia Commons)

Pour les autres traitements de fertilité non liés à la FIV, les femmes de plus de 35 ans peuvent reprendre les procédures, à condition qu’elles n’aient pas non plus d’antécédents médicaux relevant des cas les plus graves de Covid-19.

Les cliniques ont reçu l’ordre de respecter des conditions d’hygiène strictes et de prendre des mesures de distanciation physique, d’échelonner les rendez-vous et de prendre la température à l’entrée de l’établissement. Les patients doivent se soumettre à un test de coronavirus 72 heures avant le début d’un traitement de FIV, et celui-ci doit être négatif, a-t-il dit. En outre, les membres de la famille ou les amis ne peuvent pas accompagner la patiente au-delà de la salle d’attente.

La FIV est un processus difficile – techniquement et émotionnellement – qui nécessite un suivi étroit et régulier et qui, même lorsqu’il est bien fait, échoue statistiquement plus souvent qu’il ne réussit. Pourtant, en Israël, qui a le taux de FIV le plus élevé au monde, environ 5 % de toutes les naissances proviennent de cette procédure, selon les données du ministère de la Santé datant de 2017.

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