Les joyaux cachés de Jérusalem
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Les joyaux cachés de Jérusalem

Une mission pour retrouver des trésors inaccessibles au grand public, et d'autres qui sont simplement juste hors de portée

  • Le Kahn Mamluk, était un hôtel pendant l'ère mamelouke. (Crédit : Noam Chen)
    Le Kahn Mamluk, était un hôtel pendant l'ère mamelouke. (Crédit : Noam Chen)
  • Le carrefour entre les salles mameloukes et les tunnels du mur Occidental. (Crédit : Noam Chen)
    Le carrefour entre les salles mameloukes et les tunnels du mur Occidental. (Crédit : Noam Chen)
  • Un régal pour les yeux, l'intérieur spectaculaire de l'église de Saint Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
    Un régal pour les yeux, l'intérieur spectaculaire de l'église de Saint Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
  • Une jolie cour menant à l'église. (Crédit : Noam Chen)
    Une jolie cour menant à l'église. (Crédit : Noam Chen)
  • Facile à manquer parmi la marchandise Marché de la vieille ville, entrée de l'église Saint-Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
    Facile à manquer parmi la marchandise Marché de la vieille ville, entrée de l'église Saint-Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
  • On croit être encore plus saint que le grand mur occidental, le petit mur occidental. (Facile à manquer parmi la marchandise Marché de la vieille ville, entrée de l'église Saint Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
    On croit être encore plus saint que le grand mur occidental, le petit mur occidental. (Facile à manquer parmi la marchandise Marché de la vieille ville, entrée de l'église Saint Jean-Baptiste. (Crédit : Noam Chen)
  • Presque inconnu du public, le petit mur Occidental. (Crédit : Noam Chen)
    Presque inconnu du public, le petit mur Occidental. (Crédit : Noam Chen)
  • Salles médiévales souterraines avec un grand réservoir d'eau, le puits d'Helena. (Crédit : Noam Chen)
    Salles médiévales souterraines avec un grand réservoir d'eau, le puits d'Helena. (Crédit : Noam Chen)
  • Une minuscule entrée, suivie de 51 marches d'escaliers, mène au puits d'Helena. (Crédit : Noam Chen)
    Une minuscule entrée, suivie de 51 marches d'escaliers, mène au puits d'Helena. (Crédit : Noam Chen)
  • Un contraste frappant avec les nouveaux bâtiments, la tombe de Jason. (Crédit : Noam Chen)
    Un contraste frappant avec les nouveaux bâtiments, la tombe de Jason. (Crédit : Noam Chen)
  • Tombe funéraire de la période du Second Temple, la tombe de Jason. (Crédit : Noam Chen)
    Tombe funéraire de la période du Second Temple, la tombe de Jason. (Crédit : Noam Chen)
  • Ramenée d'Italie en 1952, la synagogue italienne.(Crédit : Noam Chen)
    Ramenée d'Italie en 1952, la synagogue italienne.(Crédit : Noam Chen)
  • Venise à Jérusalem, la synagogue italienne.(Crédit : Noam Chen)
    Venise à Jérusalem, la synagogue italienne.(Crédit : Noam Chen)
  • La synagogue italienne à Jérusalem. (Crédit : Noam Chen)
    La synagogue italienne à Jérusalem. (Crédit : Noam Chen)
  • Contraste saisissant entre l'ancien et le nouveau, la maison Siebenberg. (Crédit : Noam Chen)
    Contraste saisissant entre l'ancien et le nouveau, la maison Siebenberg. (Crédit : Noam Chen)
  • Une mission pour retrouver des trésors inaccessibles au grand public, et d'autres qui sont simplement juste hors de portée

Nous savons tous que chaque ville que nous visitons a ses sites et attractions incontournables. Les visiteurs qui viennent pour la première fois à Jérusalem se rendent généralement au mur Occidental, au marché de la Vieille Ville et à la Tour de David, pour ne citer que quelques-uns des endroits les plus célèbres de la ville.

Mais une ville qui remonte à des milliers d’années, avec une riche histoire qui ne ressemble à aucune autre sur Terre, a beaucoup plus que ce que l’on pourrait croire. Tant et si bien que même ses propres résidents ne sont parfois pas conscients de ce qui se trouve à proximité, au-dessus de leurs têtes ou sous leurs pieds.

J’ai passé de nombreuses années à photographier Jérusalem, et j’ai vu ses nombreux côtés. Presque chaque fois que je retournais en ville, il y avait quelque chose de nouveau que je n’avais jamais vu auparavant.

J’ai récemment fait équipe avec le guide local Jacob Bildner, un expert en visites de la ville, et ensemble, nous avons entrepris une mission spéciale pour découvrir le monde caché de Jérusalem. Jacob m’a aidé à découvrir certains des secrets les plus fascinants de la ville, des sites qui ne sont pas accessibles au public à des endroits qui sont littéralement cachés à la vue. Le lien qu’il a établi avec les communautés connectées à chaque site a été inestimable pour sécuriser l’accès privé à beaucoup de ceux que nous avons visités.

L’exploration de ces sites fut un voyage époustouflant et inoubliable dans le passé, dévoilant encore plus de couches de la ville sainte.

J’ai rassemblé huit de ces pierres précieuses cachées pour vous montrer un côté de Jérusalem que vous n’aviez peut-être pas vu encore :

Le Kishle

Le Kishle a été établi en 1834 pour servir de complexe militaire. Pendant le mandat britannique, il a été utilisé comme poste de police et prison où des membres clandestins juifs étaient incarcérés. Certains prisonniers ont laissé leur marque sur les murs, y compris l’emblème de l’Irgoun (l’Organisation militaire nationale en Terre d’Israël), qui peut être vu près de l’entrée.

Les archéologues qui ont fouillé le site ont trouvé des découvertes de presque toutes les périodes de l’histoire de Jérusalem, depuis les fortifications du roi Ezéchias pendant la période du Premier Temple jusqu’aux vestiges du palais d’Hérode, qui s’étendait jusqu’au mont Sion.

Le Kishle a été ouvert au public en novembre 2015 et fait maintenant partie du musée de la Tour de David. Il est accessible uniquement avec des visites organisées.

Une route moins fréquentée. Le chemin qui mène de la tour de David à la Kishle. (Noam Chen)
Ancien complexe militaire et prison, le Kishle. (Noam Chen)

Maison Siebenberg

La Maison Siebenberg est l’un des trésors cachés les plus intrigants de Jérusalem.

Tout a commencé lorsque Theo Siebenberg, un juif européen qui a réussi à fuir l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale et à atteindre les États-Unis. En 1970, il s’était installé à Jérusalem et avait acheté une maison au cœur du quartier juif.

Entouré par l’histoire partout, il était désireux de découvrir l’ancien héritage juif dans la ville sainte. Il a commencé à creuser sous sa propre maison.

Ses années de fouilles ont révélé une chronologie de quelque 3 000 ans d’histoire juive à Jérusalem, tous cachés sous une seule maison. Parmi les trouvailles étonnantes, citons les voûtes funéraires de la période du Premier Temple, un aqueduc et des mikvé (bains rituels) de la période du Second Temple, des artefacts incroyablement préservés et plus encore.

Sur l’un des murs anciens, vous pouvez même voir le charbon noir que les archéologues ont confirmé être un vestige de la destruction de Jérusalem par les Romains en 70.

Après les fouilles, Theo a décidé de transformer sa maison en un musée qui a ouvert ses portes en 1987. Le premier étage de la maison est rénové et moderne, mais en descendant, vous revenez littéralement dans le temps et dans un monde complètement différent.

La maison Siebenberg est actuellement fermée au public.

Une porte secrète qui a 3000 ans d’histoire, actuellement fermée au public. (Noam Chen)
Contraste saisissant entre l’ancien et le nouveau, la maison Siebenberg. (Noam Chen)
Les trouvailles des périodes du Premier et Second Temple, l’étage inférieur de la Maison Siebenberg. (Noam Chen)

La synagogue italienne

L’histoire de cette belle synagogue a commencé dans une petite ville appelée Conegliano Veneto, dans le nord-est de l’Italie, au 16e siècle. La communauté juive de Conegliano avait l’habitude de prier dans cette même synagogue jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Son Arche sainte, avec de remarquables décorations en bois sculpté doré, est toujours dédiée au rabbin Nathan Ottolengo, décédé à Conegliano en 1615. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il ne restait pratiquement plus de Juifs à Conegliano et la synagogue fut abandonnée.

Après la guerre, un groupe d’immigrants italiens décidèrent de transférer à Jérusalem l’intérieur complet de la synagogue, qu’ils atteignirent en 1952. Le lieu choisi fut un vieux complexe de pierres au cœur de Jérusalem, où la synagogue ouvrit de nouveau ses portes. Elle reste ouverte à ce jour.

Un autre fait intéressant à propos de l’endroit est que c’est probablement la seule synagogue du pays qui est construite au-dessus d’une chapelle catholique. La chapelle a été construite en 1886 dans l’ancienne enceinte, qui servait alors d’école et d’hospice pour les pèlerins en Terre Sainte, appelée institution catholique allemande. L’institution a ensuite été déplacée à un endroit différent, laissant la chapelle derrière. Lorsque la synagogue italienne a revendiqué sa place dans l’enceinte, la chapelle en a fait partie intégrante.

Au cours des dernières années, la chapelle a été restaurée par des artistes italiens spécialement affectés à cette tâche.

La maison de Jérusalem de la synagogue italienne. (Noam Chen)
Venise à Jérusalem, la synagogue italienne. (Noam Chen)
Ramené d’Italie en 1952, la synagogue italienne. (Noam Chen)

Tombe de Jason

Le tombeau de Jason est un ancien tombeau gravé dans le roc datant de la période du Second Temple. Jason était un grand prêtre au cours du deuxième siècle avant l’ère commune, tel que décrit dans le deuxième livre des Maccabées. Son nom apparaît dans les inscriptions sculptées sur les murs de la structure.

La tombe, située au cœur du quartier Rehavia, a été découverte en 1956 lorsqu’un nouveau bâtiment résidentiel était en construction. Il a été décidé plus tard de conserver l’ancien tombeau et de ne pas aller de l’avant avec le projet de construction.

La tombe se niche maintenant parmi les bâtiments nouveaux et modernes du quartier Rehavia, ce qui en fait une merveille cachée. Le contraste entre le quartier et cette tombe ancienne est tout simplement fascinant, et est un véritable témoignage que l’histoire est partout à Jérusalem.

Tombe funéraire de la période du Second Temple, la tombe de Jason. (Noam Chen)
Un contraste frappant avec les nouveaux bâtiments, la tombe de Jason. (Noam Chen)

Le puits d’Helena

Juste au-dessus de l’église du Saint-Sépulcre et près de la 9ème Station de la Croix, il y a un minuscule monastère copte que de nombreux visiteurs ont probablement traversé. Caché profondément à l’intérieur du monastère est une entrée encore plus petite suivie par 51 escaliers menant au puits d’Helena, qui se compose de salles médiévales souterraines et d’un grand réservoir d’eau.

Il a été nommé d’après Sainte-Hélène, mère de l’empereur Constantin le Grand, qui est arrivé à Jérusalem au 4e siècle et qui a découvert où Jésus a été crucifié et enterré. On croit que lorsque Sainte-Hélène a construit l’église du Saint-Sépulcre, elle a utilisé l’eau de ce puits.

Pour accéder au puits, vous aurez besoin de la permission du prêtre résident, qui demande habituellement un petit don pour vous faire entrer. Cela en vaut la peine.

Une minuscule entrée, suivie de 51 escaliers, mène au puits d’Helena. (Noam Chen)
Salles médiévales souterraines avec un grand réservoir d’eau, le puit d’Helena. (Noam Chen)

Le petit mur Occidental

Tout le monde a entendu parler du mur Occidental, le seul vestige du Second Temple et l’un des sites les plus sacrés du judaïsme. Mais saviez-vous qu’il y a aussi un petit mur Occidental, situé à proximité ?

Le petit mur Occidental est en fait une continuation du plus grand mur, et est situé à l’intérieur du quartier musulman près de la porte de fer au mont du Temple.

L’ancien mur Occidental est l’un des quatre murs de soutènement qui entouraient le Second Temple il y a environ 2 000 ans. Sa hauteur originale était d’environ 30 mètres, et sa longueur d’environ 500 mètres, beaucoup plus grande que la partie que nous voyons aujourd’hui. La célèbre partie du mur Occidental, fréquentée par des millions de visiteurs chaque année, a été rendue accessible après la réunification de Jérusalem en 1967, lorsque l’armée israélienne a libéré la Vieille Ville et dégagé l’espace pour construire la place du mur Occidental. Dans le quartier musulman, cependant, beaucoup de maisons du 13e siècle construites sur le mur cachent encore la plus grande partie à ce jour. Le Petit mur Occidental est la seule partie restée exposée parmi ces maisons, de ce côté du mont du Temple.

Certains disent que le petit mur Occidental est encore plus saint que le mur plus grand car il est plus proche de l’endroit où se trouvait le Saint des Saints.

Une autre similitude avec le plus grand mur est que là aussi les fidèles peuvent laisser des notes avec des prières entre les pierres. Mais unique à la Petite Muraille, il n’y a pas de séparation entre les hommes et les femmes, et elle est beaucoup moins bondée du fait que son existence est quasiment inconnue du public.

Presque inconnu du public, le petit mur occidental. (Noam Chen)
On croit être encore plus saint que le grand mur occidental, le petit mur occidental. (Noam Chen)

Église de Saint-Jean-Baptiste

L’église grecque orthodoxe de Saint-Jean-Baptiste a été fondée au 5e siècle, ce qui en fait la plus ancienne église de Jérusalem. Elle était dédiée à Jean-Baptiste, et certaines de ses reliques sont présentes dans l’église. Elle a été détruite lors de la conquête arabe au 7e siècle mais a été plus tard reconstruite. Bien que relativement petite, cette église est l’une des plus spectaculaires et colorées de la ville.

L’église est située sur la rue du quartier chrétien au coeur du marché de la Vieille Ville, mais l’entrée est presque cachée au milieu des marchandises du marché. Une porte en bois avec un signe en pierre écrit en grec au-dessus signale le virage que vous devez faire pour entrer. Vous traversez ensuite une jolie cour pour trouver l’entrée de l’église. L’intérieur est un régal pour les yeux avec un intérieur orné dominé par une grande iconostase en or, avec une riche variété d’œuvres d’art colorées partout où vous regardez.

L’église n’est pas régulièrement ouverte aux visiteurs, mais il vaut la peine de la visiter pour la chance que ses portes soient ouvertes.

Facile à manquer parmi la marchandise Marché de la vieille ville, entrée de l’église Saint-Jean-Baptiste. (Noam Chen)
Une jolie cour menant à l’église. (Noam Chen)
Un régal pour les yeux, l’intérieur spectaculaire de l’église de Saint-Jean-Baptiste. (Noam Chen)

Salles mameloukes à l’intérieur des tunnels du mur Occidental

La plupart d’entre vous sont probablement familiers avec les tunnels du mur Occidental (Kotel), le fascinant complexe de tunnels souterrains sous le mur Occidental.

Les tunnels ont été découverts au 19e siècle, mais ce n’est que ces dernières années que les archéologues ont découvert et conservé plusieurs structures magnifiques qui sont directement reliées aux tunnels et qui sont censées être datées de l’ère mamelouke.

Ces structures comprennent le « Mamluk Khan », un grand et impressionnant espace qui était un ancien hôtel, et une grande salle voûtée, qui a ouvert ses portes en 2016 et abrite une nouvelle attraction appelée « The Journey to Jerusalem », offrant aux visiteurs une chance de découvrir le voyage du peuple juif de la diaspora à Jérusalem.

Alors que le grand établissement de bains n’est toujours pas ouvert au public, il est possible de visiter le site abritant le « Voyage vers Jérusalem » s’il est accompagné d’un guide touristique agréé.

Le Kahn Mamluk, était un hôtel pendant l’ère mamelouke. (Noam Chen)
Le carrefour entre les salles mameloukes et les tunnels du mur occidental. (Noam Chen)

Ce ne sont là que quelques-uns des endroits les moins connus de Jérusalem, une des villes les plus célèbres de la planète. Cet aperçu du monde caché de Jérusalem ne fait que vous demander ce qu’il y a d’autre à découvrir.

Et en effet, de nouvelles découvertes sont constamment faites et de nouvelles découvertes continuent d’être découvertes dans cette ville antique – une ville où l’histoire prend vie chaque jour, et a encore beaucoup à nous dire.

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