Les Juifs tchèques qualifient les allocutions des mémoriaux de Terezin de nationalistes, xénophobes
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Les Juifs tchèques qualifient les allocutions des mémoriaux de Terezin de nationalistes, xénophobes

Des groupes communautaires ont déclaré que les discours de dimanche de commémoration dans l’ancien camp de concentration diabolisaient les étrangers et les réfugiés

Archives : le président tchèque Milos Zeman, à droite, et son homologue israélien, Reuven Rivlin, ont déposé des pierres sur le monument lors d'une cérémonie de commémoration pour les victimes dans l'ancien camp de concentration nazi de Terezin, le 22 octobre 2015. (Crédit : AFP / Michal Cizek)
Archives : le président tchèque Milos Zeman, à droite, et son homologue israélien, Reuven Rivlin, ont déposé des pierres sur le monument lors d'une cérémonie de commémoration pour les victimes dans l'ancien camp de concentration nazi de Terezin, le 22 octobre 2015. (Crédit : AFP / Michal Cizek)

PRAGUE – La communauté juive de République tchèque a condamné certaines des allocutions prononcées lors d’une cérémonie commémorative dans l’ancien camp de concentration nazi de Terezin comme étant anti-allemandes, nationalistes et xénophobes.

Dans un communiqué publié dimanche, la Fédération des communautés juives tchèques a dénoncé le discours prononcé plus tôt ce jour-là par le chef du Sénat tchèque, Milan Stech, qui a dit que les crimes nazis ne pouvaient être comparés à la violence commise par les Tchèques contre les Allemands après la Seconde Guerre mondiale.

« Les crimes [au cours de l’expulsion forcée des Allemands après-guerre en Tchécoslovaquie] ont été commis par des individus, alors que les crimes nazis pendant l’occupation du territoire tchèque faisaient partie de la campagne politique officielle et soigneusement conçue par l’Etat allemand », a déclaré Stech dans son discours.

Décrivant l’allocution comme anti-allemande et nationaliste, les groupes juifs tchèques ont dit qu’elle n’avait pas sa place dans un tel événement commémoratif.

Quelque 3 millions d’Allemands d’origine ont été expulsés de force de Tchécoslovaquie après la guerre dans une intiative qui reste un sujet sensible dans les relations germano-tchèques.

Les groupes juifs ont également critiqué Jaroslav Vodicka, le président de l’Union des combattants de la liberté tchèque, une association de combattants de la résistance et de leurs parents de la Seconde Guerre mondiale, qui « ont eu recours à des stéréotypes xénophobes graves », selon la déclaration.

Dans son discours, Vodicka dit que l’Europe a été mise en danger par la crise de migrations continue dans laquelle « des millions de migrants essentiellement économiques cherchaient une vie plus confortable », voulant « exploiter le système de protection sociale et économique de l’Europe qui a mis des générations à se construire ».

Dans son discours impromptu à Terezin, dimanche, le Grand-rabbin tchèque, Karol Sidon, a également critiqué les remarques de Vodicka, en disant que les Juifs avaient « une expérience différente ».

La cérémonie commémorative à Terezín est organisée chaque année pour marquer l’anniversaire de la libération du camp de concentration nazi qui a eu lieu le 8 mai 1945, et pour commémorer ses 35 000 victimes.

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