Les magnats des médias Moses et Elovitch également inculpés pour corruption
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Les magnats des médias Moses et Elovitch également inculpés pour corruption

Le propriétaire du Yedioth Ahronoth et l'actionnaire majoritaire de Bezeq sont tous les deux impliqués dans les tentatives présumées de Netanyahu de leur accorder des faveurs

Arnon "Noni" Moses, éditeur et propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, avant d'être interrogé par l'unité Lahav 433 à Lod, le 15 janvier 2017. (Crédit : Koko/Flash90)
Arnon "Noni" Moses, éditeur et propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, avant d'être interrogé par l'unité Lahav 433 à Lod, le 15 janvier 2017. (Crédit : Koko/Flash90)

En annonçant formellement l’inculpation de Benjamin Netanyahu jeudi soir, le procureur général Avichai Mandelblit a également avisé de celles du propriétaire du quotidien populaire Yedioth Ahronoth et de l’actionnaire majoritaire du géant des télécoms Bezeq pour leur rôle dans deux affaires de corruption impliquant le Premier ministre.

Mandelblit a fait savoir que Netanyahu serait mis en examen pour fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes. Dans la première, surnommée Affaire 1000, Netanyahu est accusé d’avoir reçu des cadeaux et des avantages de la part de riches bienfaiteurs, dont le producteur d’Hollywood né en Israël, Arnon Milchan, en échange de faveurs.

Dans l’affaire 2000, Netanyahu est accusé d’avoir convenu avec le responsable de la rédaction du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Moses, d’affaiblir un quotidien rival en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth. Pour cela, le procureur général inculpe le Premier ministre pour fraude et abus de confiance et Arnon Moses de corruption.

D’après l’inculpation, les deux hommes « ont reconnu que l’un était en mesure d’agir dans l’intérêt de l’autre » en vue des élections de 2015 et ont discuté de ces possibilités. Dans un enregistrement publié dans la presse le mois dernier, on peut entendre Netanyahu négocier avec le rédacteur en chef une couverture plus favorable tout en menaçant celui-ci de se venger « par tous les moyens à sa disposition » contre les médias qu’il juge trop personnels et négatifs.

Une image composite du Premier ministre Benjamin Netanyahu (D) et de l’actionnaire majoritaire de Bezeq Shaul Elovitch. (Flash90 / Ohad Zwigenberg / POOL)

À la suite de l’annonce du procureur, les avocats d’Arnon Moses ont assuré que ses conversations avec Netanyahu s’étaient concentrées sur la manière de produire « une couverture plus équilibrée » et relevaient d’un « change plus complexe ». Présenter ses propos comme une offre de corruption est une « mauvaise interprétation » qui « ignore le contexte de la conversation ».

Ils insistent que leur client n’a pas proposé d’avantages au Premier ministre.

Dans l’Affaire 4 000, largement considérée comme la plus grave contre le Premier ministre, ce dernier est accusé d’avoir défendu des mesures réglementaires à l’avantage de Shaul Elovitch, l’actionnaire majoritaire de Bezeq, en échange d’une couverture positive du site Walla appartenant Elovitch. Dans cette affaire, Mandelblit a annoncé qu’il comptait inculper les deux intéressés, ainsi que la femme du magnat, Iris, pour corruption.

L’inculpation estime que la relation entre Netanyahu et Elovitch relevait de « concessions réciproques » et que les actions du Premier ministre au bénéfice d’Elovitch avait permis à ce dernier d’engranger 1,8 milliards de shekels (500 millions d’euros environ) entre 2012 et 2017. En échange, le site Walla « a publié les messages politiques que vous vouliez faire passer au public ».

Dans un communiqué, les avocats de l’homme d’affaires ont indiqué « regretter la décision du procureur général » et que « d’après les preuves récoltées, nous sommes convaincus que la mise en examen de nos clients aurait dû être évitée ». Exprimant leur foi dans le système judiciaire, ils ont indiqué être certains que leurs clients seraient disculpés.

Netanyahu considère les accusations contre lui comme « une tentative de coup d’État contre un Premier ministre », exhortant à une enquête sur les enquêteurs responsables de sa mise en examen.

« Nous devons enquêter sur les enquêteurs et le ministère public responsable de ces dossiers infectés », a-t-il ainsi chargé jeudi soir.

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