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Les opinions farouchement anti-Israël et anti-Occident de l’envoyée du Qatar à l’ONU

Selon UN Watch, Hend Al-Muftah, candidate à la tête du forum des droits de l'Homme, aurait - entre autres - estimé que les LGBT ne méritaient pas de droits

La docteure Hend Al-Muftah, ambassadrice du Qatar aux Nations unies de Genève. (Capture d'écran/YouTube)
La docteure Hend Al-Muftah, ambassadrice du Qatar aux Nations unies de Genève. (Capture d'écran/YouTube)

L’ambassadrice du Qatar aux Nations unies à Genève, qui a été désignée par l’émirat comme candidate à la présidence du forum des droits de l’Homme de l’organisation internationale, a des antécédents d’antisémitisme, une tendance à adhérer à des théories du complot anti-occidentales et elle est fondamentalement opposée aux droits de la communauté LGBTQ, une communauté qu’elle rejette avec force, a fait savoir un groupe de veille.

L’organisation à but non-lucratif UN Watch a fait le point sur des dizaines d’incidents au cours desquels l’envoyée qatarie Hend Al-Muftah a exprimé ses points de vue antisémites et homophobes en ligne et elle a envoyé un courrier, lundi dernier, au président du Haut-commissariat pour les réfugiés, Frederico Villegas, pour dénoncer sa candidature au poste de présidente du Forum des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’état de droit.

Al-Muftah a posté des dizaines de tweets discriminatoires et complotistes entre 2011 et 2021, attribuant notamment la responsabilité des attentats du 11 septembre à Israël, qualifiant les Juifs « d’ennemis » et affirmant que les homosexuels ne méritent pas de droits, a noté UN Watch.

« Les Juifs ont concentré leurs investissements dans l’industrie et dans les médias et c’est pour ça qu’ils ont dominé, tyrannisé et gouverné le monde », avait-elle écrit sur Twitter au mois de février 2012.

Elle avait ultérieurement prétendu que les Juifs étaient responsables du climat « anti-islam partout dans le monde », qu’Israël avait eu connaissance d’un attentat terroriste dans le Sinaï et que « l’ombre des Israéliens plane sur toutes les attaques terroristes ». Elle avait même laissé entendre que l’État juif était à l’origine de la création d’al-Qaida.

Selon UN Watch, Al-Muftah avait aussi encouragé « tous les jeunes » à lire « La Grande conspiration » de Mustafa Mahmoud, la même année, qui prétendait que les Juifs étaient « les termites » de la civilisation occidentale et « qu’ils ont planifié de détruire ce monde et de le dominer depuis un millénaire ».

« Ne vous faites pas avoir ! », avait-elle ajouté.

Des points de vue « qui sont en totale contradiction avec les principes et les valeurs du forum de l’ONU qu’elle cherche à diriger et avec la charte fondatrice du Conseil des droits de l’Homme », a écrit l’ONG dans sa missive.

« L’ambassadrice Hend Al-Muftah est une antisémite fanatique qui, depuis bien plus qu’une décennie, exprime sur Twitter sa haine vile des Juifs et des homosexuels et qui propage des théories du complot et des faits de désinformation au sujet des pays occidentaux », a commenté le directeur exécutif de UN Watch, Hillel Neuer. « Elle est la dernière personne au monde à pouvoir prendre la tête d’un forum des droits de l’Homme, qui se consacre à la démocratie et à l’état de droit, au sein des Nations unies. »

Les idées d’Al-Muftah ne semblent guère avoir changé au fil des années.

En 2013, elle avait écrit sur Twitter que « les Juifs sont nos ennemis » et entre 2016 et 2017, elle avait posté à de multiples reprises son engagement à « expulser les Juifs » au lendemain de la libération de la Palestine, faisant part de son désir de « piétiner le dernier des corps de ces sionistes maudits à Gaza ».

Elle avait aussi partagé une vidéo qui affirmait que le Mossad était à l’origine des attentats du 11 septembre et, en 2021, elle avait publié une prière sur Twitter demandant à Dieu « d’ôter la vue » aux sionistes et « de paralyser leurs mains ».

Par ailleurs, ses publications contre les membres des communautés LGBTQ et leurs droits ont souvent été teintées d’un sentiment anti-occidental.

« L’Occident célèbre l’absence de raison et de religion », avait-elle écrit au sujet du mariage, en 2012, de la fille homosexuelle de l’ancien vice-président américain Dick Cheney, condamnant « la décadence morale ».

« Que cette mondialisation culturelle qui leur a donné des droits qu’ils ne méritent pas aille se faire fo…e », avait-elle écrit au sujet des gays et des lesbiennes en 2012, selon le groupe de veille.

« Les idées de laïcité, de libéralisme, d’athéisme et d’homosexualité se sont propagées et elles sont mises en pratique sous le prétexte de respecter ‘les droits de l’Homme’ et l’opinion d’autrui !’, » avait-elle déploré dans une publication sur Twitter en 2019.

Al-Muftah avait aussi affirmé que « les pays occidentaux sont maléfiques, dégénérés et racistes ».

En 2016, elle avait écrit sur Twitter que « le terrorisme est un terme que l’Occident a été incapable de définir, sinon dans les limites de la réalisation de son propre ordre du jour ! »

Elle avait aussi fréquemment exprimé son sentiment anti-français, qualifiant le pays « de dictature arrogante… sous couvert de démocratie » en 2012, et accusant « le gouvernement et la population française » de racisme anti-musulman.

La même année, elle avait déclaré que « la fin de l’Amérique et d’autres n’a pas besoin d’être prophétisée, » ces prophéties étant exprimées dans le Coran.

UN Watch a aussi révélé qu’Al-Muftah avait accusé la France « de tuer la liberté de musulmans innocents au Mali ».

Plus récemment, en 2021, elle avait blâmé « l’hégémonie de la culture occidentale » qui a entraîné « la déformation, la détérioration et la décadence » des « mœurs et des valeurs » – une décadence qui, avait-elle ajouté, se présentait sous des prétextes variés et notamment sous celui « des droits de l’Homme ».

UN Watch a fait remarquer que ses posts publiés sur les réseaux sociaux étaient « malheureux » pour toutes les institutions où l’ambassadrice avait étudié et travaillé dans sa vie, et notamment pour l’université de Londres, l’université d’Exter au Royaume-Uni, l’université du Qatar et pour l’Institut d’études supérieures de Doha.

Al-Muftah avait été la première femme à être nommée au Conseil de la Shura au Qatar et à être désignée personnalité la plus influente sur les réseaux sociaux du pays en 2016. Elle avait été honorée en 2019 par le British Council.

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