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Les Palestiniens relèvent le ‘défi de l’eau salée’ pour les prisonniers en grève

Sur le modèle du défi du seau d'eau glacée lancé par l'ALS, les partisans sur les réseaux sociaux encouragent les autres à boire une mixture d'eau salée en signe de solidarité

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

La semaine dernière au Grand Park hotel de Ramallah, le personnel entier – gestionnaires, chefs de cuisine, serveurs, barmen et agents de nettoyage – se sont rassemblés dans la salle à manger. Chacun d’entre eux avait à côté de lui un petit verre d’eau et un verre à liqueur rempli de sel. Au signal donné par le patron, ils ont versé le sel dans l’eau, ont mélangé la mixture avec une fourchette et avalé l’eau salée.

Ce geste – connu sous le nom du ‘défi de l’eau salée’ – voulait être un signe de solidarité avec les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes qui commencent leur troisième semaine de grève de la faim.

L’eau salée est le seul apport alimentaire quotidien des grévistes.

Lorsque les participants ont posté des vidéos d’eux avalant des verres d’eau salée sur les médias sociaux, le défi est devenu viral, et s’est répandu d’abord sur les médias palestiniens avant d’envahir les réseaux sociaux au Moyen Orient et partout dans le monde, attirant l’attention sur cette grève de la faim.

Selon des chiffres avancés par les Palestiniens, environ 1 500 prisonniers, majoritairement issus de l’organisation du Fatah ainsi que de nombreux terroristes condamnés, ont entamé une grève de la faim ouverte qui a pour objectif d’améliorer leurs conditions d’incarcération dans les prisons israéliennes.

Les Services chargés des prisons israéliennes estiment pour leur part le nombre de grévistes à 820. Ils ont également affirmé que 300 prisonniers ont d’ores et déjà repris une alimentation normale.

Cette grève est dirigée par le cadre du Fatah Marwan Barghouthi, qui purge actuellement cinq peines d’emprisonnement à vie pour meurtre après avoir été reconnu coupable par un tribunal civil en 2004 d’avoir initié et programmé de multiples attentats terroristes contre des civils israéliens durant la seconde Intifada.

Sur le modèle du défi du seau d’eau glacée qui avait été lancé par l’ALS et qui était devenu viral en 2014, après que quelqu’un a relevé le défi, il désigne alors un autre pour le faire.

Le succès remporté par le défi de l’eau salée semble avoir pour origine le fils de Barghouthi, Aarab, qui s’est filmé lui-même en train de boire la mixture et a désigné l’ancien gagnent palestinien de l’émission ‘Arab Idol’ Mohammed Assaf pour l’accomplir à son tour.

Assaf s’est exécuté et a défié « toutes les personnes honorables » à relever le défi après lui.

https://www.youtube.com/watch?v=K_gUdUX6yEM

Des milliers de personnes dans le monde qui soutiennent la grève de la faim palestinienne ont fait le défi de l’eau salée, dont le membre du comité central du Fatah Tawfiq Tirawi, le comédien américano-palestinien Amer Zahr, des citoyens des Etats Unis, d’Irlande, de Colombie et d’Afrique du sud.

John wanted to show his solidarity with the Palestinian prisoners! Let's keep it going!#تحدي_مي_وملح#saltwaterchallenge#اضراب_الكرامة#dignitystrike

Posted by Aarab Marwan Barghouthi on Wednesday, 26 April 2017

Parmi les demandes faites par Barghouthi et les prisonniers, la reprise d’une deuxième visite mensuelle des familles (qui avait été annulée par la Croix-Rouge pour des raisons financières), la prévention de l’annulation des visites des familles pour des raisons de sécurité, visites qui passeraient de 45 minutes à une heure et demie, la reprise des études universitaires et la possibilité pour les prisonniers de se présenter à des examens d’inscription. Ils demandent également la mise à disposition de davantage de chaînes de télévision dans les cellules et de pouvoir utiliser des téléphones portables dans les ailes sécuritaires.

Environ 6 500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour des crimes et délits liés au terrorisme. Environ 500 sont incarcérés sous le régime de la détention préventive, une pratique anti-terroriste controversée qui permet un emprisonnement prolongé sans accusation officielle.

Le service israélien des prisons a indiqué qu’il ne négocierait pas avec les grévistes, et maintient que les prisonniers sécuritaires bénéficient de conditions de vie conformes au droit international.

Ce n’est pas la première fois que les prisonniers palestiniens font une grève de la faim, mais elles avaient rarement atteint une telle ampleur.

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