Les recommandations d’Elliot Abrams après la capture de Nicolas Maduro
Le spécialiste de la politique étrangère rappelle que les Américains ne sont pas propriétaires du pétrole de ce pays et que le pire serait de maintenir Delcy Rodríguez

Elliot Abrams, républicain chevronné spécialiste de la politique étrangère qui a occupé le poste d’envoyé spécial du président américain Donald Trump au Venezuela pendant son premier mandat, a vivement critiqué dimanche les projets de Trump pour ce pays d’Amérique du Sud après la capture de Nicolas Maduro par les États-Unis.
Il a affirmé que les États-Unis ne seraient pas en mesure de diriger le pays ni de s’approprier ses vastes réserves de pétrole.
Abrams a été l’artisan de la politique controversée de l’ancien président Ronald Reagan envers l’Amérique latine, qui a vu les États-Unis intervenir dans les conflits de plusieurs pays dans les années 1980. Il a plaidé coupable en 1991 pour des crimes liés à l’affaire Iran-Contra.
Dans une interview accordée à CNN, il a toutefois rejeté l’affirmation de Trump selon laquelle les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela. Il a également critiqué les suggestions de l’administration selon lesquelles elle s’appuierait sur la nouvelle dirigeante du pays, Delcy Rodríguez.
« Les États-Unis ne peuvent pas diriger le Venezuela », a déclaré Abrams.
« La pire chose que nous pourrions faire, et que nous sommes peut-être effectivement en train de faire, serait de conclure une sorte d’accord avec les vestiges du régime, avec la vice-présidente, Delcy Rodríguez, et de la laisser, elle et le régime, en place, à l’exception peut-être d’un changement dans la politique pétrolière. »
Elliott Abrams, Trump’s former Venezuela envoy: “The United States cannot run Venezuela…It’s just not going to work.”
Says “the worst point” of Trump’s presser was “the insult” of Machado, the opposition leader
Is it legal for US to take VZ oil?
“No…It’s not our oil.” pic.twitter.com/gzvxbWEdPm
— Manu Raju (@mkraju) January 4, 2026
« Ce n’est pas nous qui dirigerons le Venezuela, c’est le régime Maduro qui dirigera le Venezuela sans Maduro », a-t-il ajouté.
Selon lui, les États-Unis devraient se concentrer sur l’expulsion des responsables cubains et iraniens du pays, exiger la libération des prisonniers politiques et soutenir l’opposition politique, largement considérée comme ayant remporté les élections de 2024.
Abrams a déclaré que le « pire » moment de la conférence de presse de Trump samedi avait été lorsque le président avait déclaré que la dirigeante de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, ne bénéficiait pas du « respect nécessaire au sein du pays » pour le diriger.
Il a également émis des doutes sur l’intention de Trump de permettre aux compagnies pétrolières américaines d’entrer au Venezuela pour exploiter ses vastes réserves de pétrole.
« L’idée que le pétrole nous appartient n’est pas convaincante », a-t-il déclaré.
« Il appartient au peuple vénézuélien. Nous devrions les aider à redévelopper cette industrie, mais ce n’est pas notre pétrole. »
Il a ajouté qu’il était « légal » pour les États-Unis d’arrêter Maduro, inculpé aux États-Unis pour trafic de drogue.







