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Les réinfections au COVID plus fréquentes chez les non vaccinés – étude israélienne

L'immunité naturelle seule est beaucoup plus faible que la combinaison guérison-vaccination, selon une étude à grande échelle évaluée par des pairs

Un membre du personnel de santé tenant des doses du vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 23 novembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Un membre du personnel de santé tenant des doses du vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 23 novembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Les Israéliens guéris du COVID-19 et vaccinés avec une seule dose du vaccin Pfizer-BioNTech sont bien mieux protégés contre la réinfection que ceux n’ayant qu’une immunité naturelle, selon une étude israélienne à grande échelle.

L’étude, publiée cette semaine dans la revue Annals of Internal Medicine, indique que les personnes qui ont été vaccinées après avoir contracté l’infection avaient 82 % moins de risques de contracter le virus après leur premier épisode infectieux.

L’étude a également révélé que les personnes qui ont reçu une injection de vaccin après s’être remises du COVID-19 étaient 76 % moins susceptibles de présenter un cas symptomatique de coronavirus que celles qui n’étaient pas vaccinées.

La recherche se base sur un échantillon de près de 108 000 Israéliens âgés de 16 ans et plus qui ont été infectés avant d’avoir été vaccinés, la plus grande étude de ce type. Les données ont été recueillies juste avant la vague Omicron, lorsque les réinfections de patients guéris étaient relativement rares, et bien qu’elles fournissent une idée des modèles d’infection, les auteurs de l’étude ont déclaré que les taux d’hospitalisation étaient trop faibles pour tirer des conclusions sur les cas de maladies graves.

Une illustration montrant l’évolution des principaux variants du coronavirus qui ont infecté Israël. (Crédit : CIPhotos via iStock by Getty Images)

L’étude s’est concentrée sur les personnes qui ont attrapé le coronavirus avant d’être vaccinées, et a comparé celles qui ont reçu une seule injection de vaccin par la suite à celles qui n’en ont reçu. La recherche s’est limitée aux personnes ayant reçu une seule injection, même si de nombreux convalescents israéliens en ont reçu davantage, une seule dose étant le minimum recommandé pour les patients guéris en Israël et dans de nombreux autres pays.

L’étude, évaluée par des pairs, a été menée par le service de recherche de la caisse de santé Maccabi.

Comme l’étude s’appuie sur des données antérieures à la cinquième grande vague de l’épidémie en Israël, elle ne donne pas d’indications sur l’immunité des personnes qui se sont rétablies du variant Omicron. De nombreux convalescents de la variant Omicron ont reçu deux ou trois doses de vaccin. Il est donc possible qu’ils bénéficient d’un niveau de protection supplémentaire encore plus élevé que les convalescents non vaccinés, mais l’étude ne fait aucune prédiction à ce sujet.

Bien qu’elle ne couvre pas la vague Omicron, les chercheurs estiment que l’étude constitue un argument solide en faveur d’un principe général selon lequel l’immunité « hybride » des convalescents vaccinés offre une bien meilleure protection contre le COVID-19 que l’immunité naturelle seule.

« Nous constatons que les patients convalescents sont plus protégés s’ils sont vaccinés une fois que s’ils ne sont pas vaccinés », a déclaré l’équipe, dirigée par les docteurs Sivan Gazit et Tal Palaton, au Times of Israël.

Dans l’article, l’équipe écrit avoir « constaté une diminution statistiquement significative du risque de réinfection chez les personnes précédemment infectées qui ont reçu une seule dose de vaccin par rapport à celles qui étaient précédemment infectées mais non vaccinées ».

« En outre, il y avait une diminution du risque de maladie symptomatique chez les personnes précédemment infectées et vaccinées. »

La communauté médicale israélienne a salué cette recherche comme significative, d’autant plus qu’elle vient alors que le nombre de patients nouvellement guéris est beaucoup plus élevé, et qu’un nombre disproportionné d’entre eux ne sont pas vaccinés. Dans de nombreux cas, après avoir récupéré du virus, ces derniers sont plus convaincus que jamais de ne pas avoir besoin d’un vaccin.

L’épidémiologiste Hagai Levine, président de l’Israel Association of Public Health Physicians, a déclaré au Times of Israël qu’il considérait cette recherche comme « importante ».

Une infirmière prépare une dose de vaccin dans le cadre de la campagne de vaccination des enfants de 5 à 11 ans dans un centre de la Clalit à Safed, dans le nord du pays, le 29 novembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Levine, qui n’a pas participé à la recherche, a déclaré que même s’il est difficile de tirer des conclusions sur ce que cela signifie pour les convalescents d’Omicron, « on peut espérer que l’étendue de l’infection et des vaccins constituera une couche protectrice au moins partielle contre les variants futures. » Il a souligné que cela devra être testé dans la vraie vie.

Le docteur Yariv Wine, expert en virologie de l’université de Tel Aviv, qui n’a pas non plus participé à l’étude, a déclaré au Times of Israël que « cette publication a beaucoup de sens. L’idée de base sur laquelle repose la science des vaccins consiste à « entraîner » le système immunitaire à répondre à un agent pathogène spécifique d’une manière qui imiterait la stimulation nécessaire au développement immunitaire, mais qui ne produirait pas de maladie active.

« À la lumière des vagues de morbidité récurrentes liées au COVID-19, il est particulièrement important de comprendre comment l’immunité qui suit l’infection naturelle diffère de celle qui suit la vaccination », a ajouté Wine.

Selon lui, la nouvelle étude permet de développer cette notion, en démontrant de manière probante que les patients qui se sont rétablis et ont pris une dose unique « bénéficient à la fois d’une activation systémique complète du système immunitaire, de l’infection naturelle, et d’une production accrue d’anticorps grâce au vaccin ».

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