Israël en guerre - Jour 146

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Les soldats encerclent Khan Younès, bastion du Hamas, indique l’armée

Des combats rapprochés ont eu lieu avec des terroristes, dans le sud de l'enclave palestinienne, alors que des milliers d'habitants fuient la ville

Une colonne de fumée s'élève au-dessus de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, pendant des frappes israéliennes, vue depuis Rafah, le 23 janvier 2024. (Crédit : AFP)
Une colonne de fumée s'élève au-dessus de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, pendant des frappes israéliennes, vue depuis Rafah, le 23 janvier 2024. (Crédit : AFP)

Alors qu’elle vient de subir sa plus importante perte en l’espace d’une journée dans le cadre de son offensive terrestre dans la bande de Gaza, l’armée israélienne dit avoir parachevé l’encerclement de Khan Younès, dans le sud de Gaza, dans la nuit de lundi à mardi, en tuant des dizaines de membres du Hamas.

Cet encerclement marque une avancée majeure, et pourrait peut-être rapprocher Israël de la fin du Hamas ou de la libération des otages détenus à Gaza – les deux grands objectifs de guerre, qui semblent chaque jour plus insaisissables – alors que les pourparlers de cessez-le-feu donnent des signes d’accélération.

Selon les médias, les dirigeants du Hamas à Gaza se cacheraient dans des tunnels à Khan Younès, sans doute entourés d’otages.

La 98e division a mené une forte offensive dans la partie ouest de Khan Younès ces dernières 24 heures, au cours desquelles la 7e brigade blindée et la brigade Givati ont encerclé la ville, a indiqué l’armée.

Les commandos de la division ont mené des opérations au cœur de Khan Younès, qui, selon l’armée israélienne, est l’un des principaux bastions du Hamas.

Ces dernières 24 heures, l’armée israélienne dit avoir livré des combats rapprochés avec des membres du Hamas en plus de frappes aériennes, qui ont abouti à la mort de « plusieurs dizaines de terroristes ».

Tsahal affirme avoir tué des combattants du Hamas équipés de lance-grenades, à quelques dizaines de mètres des soldats, d’hommes armés qui avaient ouvert le feu ou encore d’agents qui avaient piégé des bâtiments et des routes avec des engins explosifs.

Les soldats déployés dans le secteur de Khan Younès ont également découvert des roquettes prêtes au lancement, des tunnels et d’autres armes, a ajouté l’armée israélienne.

Déployée au cœur de Khan Younès, l’armée israélienne a annoncé que les réservistes de la Brigade Sud de la division de Gaza avaient récemment terminé leurs opérations – offensives et défensives – en périphérie de cette ville du sud de Gaza.

Les troupes du 630e bataillon de réserve sont intervenues avec des ingénieurs de combat pour localiser et détruire les entrées des « tunnels d’attaque » du Hamas et d’autres infrastructures souterraines au nord de Khan Younès, a indiqué l’armée israélienne.

Toujours dans le cadre des opérations de la Brigade Sud, des réservistes de la 261e Brigade ont contribué à détruire les infrastructures du Hamas dans la zone frontalière, a ajouté l’armée israélienne.

Israël a lancé son offensive contre le Hamas à Gaza après que des milliers de terroristes ont pris d’assaut la frontière, le 7 octobre dernier, avant de massacrer près de 1 200 personnes et d’emmener plus de 250 otages dans la bande de Gaza.

Israël assure avoir tué des milliers de terroristes et vaincu, pour l’essentiel, le Hamas dans le nord de Gaza lors d’opérations qui ont occasionné de très importantes destructions dans cette partie du territoire, y compris dans la ville de Gaza. Ces dernières semaines, l’offensive s’est concentrée sur Khan Younès et les camps de réfugiés dans le centre de Gaza, dont celui de Maghazi, qui remontent à la guerre de 1948 et à la création de l’État d’Israël.

Contrairement à la plupart des régions du nord de Gaza, celle de Khan Younès compte de nombreux civils venus s’y réfugier. Par voie de communiqué, l’armée israélienne a affirmé savoir à quel endroit les civils se trouvaient, et connaitre la localisation des hôpitaux, assurant faire le maximum pour les épargner lors de ses opérations. L’armée reproche au Hamas d’utiliser les civils comme boucliers humains en se mêlant à eux dans des zones résidentielles et civiles.

Des Palestiniens fuient Khan Younès face à l’avancée de l’offensive terrestre et aérienne d’Israël sur la bande de Gaza et arrivent à Rafah, dans le sud de Gaza, le 22 janvier 2024. (Crédit : AP Photo/Fatima Shbair)

Raed al-Nems, porte-parole du Croissant-Rouge palestinien, a évoqué de violents combats autour de l’hôpital Al-Amal, ajoutant qu’un obus avait touché le quatrième étage, tuant une personne et en blessant 10 autres. Selon lui, les équipes médicales ne pourraient ni entrer ni sortir de l’hôpital, et une panne des communications sur la totalité du territoire a encore compliqué les opérations de sauvetage.

Alors que les combats font rage, de nombreux Palestiniens ont de nouveau été déplacés, et des milliers d’entre eux ont mis le cap sur le sud, vers Rafah, ville la plus méridionale de Gaza, où la majorité des 2,3 millions d’habitants de Gaza auraient trouvé refuge, que ce soit dans des bâtiments publics ou des camps de tentes.

L’armée israélienne a par ailleurs subi ses plus lourdes pertes depuis le début de l’opération terrestre, avec 24 soldats tués ces dernières 24 heures, dont 21 lors de l’effondrement de deux bâtiments, causé par des tirs terroristes de lance-grenades sur des charges explosives posées par l’armée israélienne.

La famille et des amis du réserviste israélien Hadar Kapeluk se recueillent sur sa tombe lors de ses funérailles au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 23 janvier 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Ces morts israéliennes, annoncées mardi, ont été présentées comme une victoire par les Palestiniens.

« La résistance a dit qu’elle allait faire de Gaza un cimetière pour l’occupation, et c’est ce qui est en train de se passer », a déclaré Abou Khaled, réfugié dans une école de Deir al-Balah, l’une des rares zones pas encore prise d’assaut par l’armée israélienne. « S’ils restent, nous allons souffrir, c’est sûr, mais eux aussi. »

Sami Abu Zuhri, chef du bureau politique du Hamas en exil, a déclaré que les pertes israéliennes étaient la preuve que la branche armée du Hamas se renforçait et que « l’objectif américain et israélien de se débarrasser du Hamas ou de l’affaiblir était hors d’atteinte ».

« Nous demandons à l’administration américaine de mettre fin à ces actions inutiles et de cesser de parier sur un possible affaiblissement ou éradication du Hamas », a-t-il déclaré par téléphone à Reuters depuis un lieu tenu secret.

Les Israéliens présentent ces pertes humaines comme un sacrifice nécessaire dans la guerre contre le Hamas.

« Vous savez, ce sont nos fils, ce sont nos frères, c’est terrible – mais nous devons faire ce qu’il faut pour que le 7 octobre ne se reproduise plus jamais », a déclaré Blina Rhodes dans la rue à Jérusalem. « Il faut se débarrasser du Hamas et faire en sorte que Gaza ne présente plus de danger pour nous. Sinon, nous n’aurons nulle part où aller. »

Des Palestiniens en train de fuir Khan Younès pour se rendre à Rafah, dans le sud de Gaza, le 22 janvier 2024. (Crédit : Fatima Shbair/AP)

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a déclaré lundi que 25 295 Gazaouis avaient été tués depuis le début de la guerre, un chiffre invérifiable qui pourrait comprendre des membres du Hamas et des victimes de roquettes palestiniennes égarées. L’armée israélienne affirme pour sa part avoir tué plus de 9 000 membres du Hamas. Depuis le début de l’opération terrestre, 219 soldats de Tsahal ont été tués au combat.

Il resterait à Gaza 132 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre – parmi lesquels 28 seraient morts. 105 civils ont été libérés à la faveur d’une trêve d’une semaine fin novembre, auxquels s’ajoutent quatre otages libérés plus tôt et une autre, secourue par des soldats. Les dépouilles de 11 otages, dont trois tués par erreur par l’armée, ont été récupérées dans la bande de Gaza par les troupes.

Les proches des otages toujours détenus à Gaza exigent davantage d’initiatives pour les ramener chez eux, même si cela passe par une accalmie dans la guerre. Certains d’entre eux ont fait irruption lors d’une audition d’une commission parlementaire, lundi.

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