Israël en guerre - Jour 145

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Des proches d’otages s’invitent à la commission des Finances pour exiger des actions

Les manifestants ont déclaré avoir été "oubliés" alors que Netanyahu s'est vanté d'une initiative "mystérieuse" visant à faire libérer les otages, sans donner de détail

Des manifestants s'introduisent dans une séance de la Commission des Finances de la Knesset, appelant le gouvernement à agir pour faire libérer les otages encore détenus à Gaza, le 22 janvier 2024. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
Des manifestants s'introduisent dans une séance de la Commission des Finances de la Knesset, appelant le gouvernement à agir pour faire libérer les otages encore détenus à Gaza, le 22 janvier 2024. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Des proches des Israéliens retenus en otage par le Hamas dans la bande de Gaza ont interrompu une session de la commission des Finances de la Knesset, lundi, pour demander que le gouvernement fasse davantage pour garantir la libération de leurs êtres chers.

Les personnels de sécurité de la Knesset ont été dans l’incapacité d’empêcher l’entrée des proches des otages – un grand nombre brandissait des photos de ces derniers – et ils ont été obligés de les faire sortir par la force de la salle. L’un d’entre eux a nécessité une prise en charge des premiers secours et il a finalement été sorti du parlement en chaise roulante.

« Vous ne resterez pas assis ici pendant que nos enfants sont en train de mourir », a hurlé la foule.

« Vous avez démantelé un gouvernement pour une histoire de hametz mais pour les otages, vous ne le démantelez pas », ont crié d’autres protestataires en interpellant le président de la commission, le député Moshe Gafni, faisant référence à une dispute, en 2022, sur les valeurs religieuses juives qui avait entraîné la défection d’une membre du gouvernement précédent, privant la coalition de sa majorité fragile et entraînant, à terme, son effondrement.

« Nous sommes venus nous faire entendre », a déclaré au Times of Israel Noa Rahamim dont le cousin, le sergent Matan Angrest, est actuellement retenu en captivité à Gaza.

« Chaque jour, ils meurent là-bas et chaque jour, on nous annonce qu’un autre otage a été tué. Cela ne peut pas durer, tout simplement, et nous sommes venus à la Knesset pour demander qu’ils fassent quelque chose. Personne ne nous fera taire », a-t-elle ajouté.

« Est ce raisonnable que 260 camions de farine entrent à Gaza et que mon frère ne mange rien ? », a interrogé Adi, la sœur d’Angrest. « Cela n’a aucun sens que mon frère n’ait rien à manger alors qu’on a fait entrer 260 camions de farine ».

Israël avait promis, pendant une trêve qui avait eu lieu au mois de novembre, de commencer à autoriser l’entrée de 200 camions d’aides humanitaires au sein de l’enclave côtière, chaque jour. L’État juif a, depuis, facilité le transfert de produits alimentaires, d’eau et d’équipements médicaux dans la bande de Gaza, via les postes-frontières de Rafah et de Kerem Shalom.

Noa Rahamim, dont le cousin. Matan Angrest, un sergent, est otage à Gaza, a fait partie des manifestants qui ont interrompu une séance de la Commission des Finances de la Knesset, le 22 janvier 2024. (Crédit : Sam Sokol)

« Nous recevons chaque jour des sacs mortuaires. Hier, nous avons appris qu’un autre soldat qui avait été kidnappé est mort », a dit Aviram Meir, oncle de l’otage Almog Meir Jan, qui a appelé le gouvernement à prendre les initiatives « un peu contradictoires » de mettre un terme à l’entrée des aides humanitaires et de négocier, à la fois, « un accord avec le Hamas portant sur la libération des otages ».

« Nous tentons d’attirer l’attention. Nous avons été oubliés avec les innombrables problèmes rencontrés par le pays mais c’est le problème le plus urgent, c’est le plus important parmi tous les autres », a-t-il commenté, notant que l’objectif poursuivi par les protestataires était de perturber le quotidien de la Knesset.

« Si les otages ne sont pas libérés, alors la crise entre les instances gouvernementales et les citoyens empirera », a-t-il prédit.

En réponse aux manifestants, Gafni, président de la commission, a déclaré aux manifestants que de son point de vue et du point de vue de la Commission, « obtenir la libération de personnes en captivité est le plus important commandement dans le judaïsme, en particulier dans la mesure où cela consiste à sauver des vies ».

Aviram Meir, avec une photo de son neveu, Almog Meir Jan, actuellement retenu en otage par le Hamas à Gaza, aux abords de la Commission des Finances de la Knesset, le 22 janvier 2024. (Crédit : Sam Sokol)

Toutefois, a-t-il averti, « se retirer de la coalition n’aidera en rien ». Il a promis que les inquiétudes des familles seraient relayées auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu et il a ajouté qu’il « fera tout son possible » pour aider à obtenir la libération des otages.

Le Hamas avait pris plus de 250 personnes en otage le 7 octobre lors de son assaut meurtrier dans le sud d’Israël. Ce jour-là, plus de 3000 hommes armés avaient franchi la frontière séparant Israël de la bande de Gaza par voie aérienne, terrestre et maritime, tuant environ 1200 personnes sous couvert d’un déluge de tirs de roquettes en direction des villes et villages israéliens.

Israël croit qu’il reste actuellement plus de 130 otages à Gaza dans le sillage d’un accord qui, fin novembre, avait permis à 105 civils de recouvrer la liberté. L’armée a confirmé la mort de 28 captifs qui se trouvent encore entre les mains du Hamas, citant de nouveaux renseignements et informations obtenus par les troupes qui sont sur le terrain, à Gaza.

Un manifestant pris en charge par les premiers secours aux abords de la salle de la Commission des Finances pendant une manifestation, le 22 janvier 2024. (Crédit : Sam Sokol)

Ce mouvement de protestation a suivi le rassemblement de dizaines de manifestants aux abords de la Knesset – un grand nombre d’entre eux étaient des personnes âgées – qui ont demandé de nouvelles élections. La police est intervenue pour les disperser de force.

Les manifestants ont qualifié les partis de la coalition au pouvoir de « traîtres qui ont abandonné les otages ».

Mor Shamgar, qui a pris la tête de la foule en lançant des slogans féroces dénonçant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement, a indiqué qu’elle avait été fidèle au Likud jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Netanyahu au sein du parti.

« J’ai quitté le parti en 1999 quand j’ai réalisé qui était Netanyahu… il ne s’inquiète que de lui-même », a-t-elle expliqué.

« Si Yair Netanyahu était allé aider à nettoyer le kibboutz Beeri ou si Avner Netanyahu s’était rendu Kfar Aza pour ramasser des fruits et des légumes, alors je saurais que notre Premier ministre est sincère », a-t-elle ajouté, se référant aux deux fils du Premier ministre. « Jusque-là, il ne sera pas digne de confiance. »

La cheffe sortante du parti Avoda, Merav Michaeli, est sortie pour rejoindre les opposants au Premier ministre afin de « dégager le gouvernement ».

« Le retour des otages ne saurait être remis en question, c’est l’obligation numéro un de ce gouvernement. Les otages ont été abandonnés et kidnappés alors qu’il était au pouvoir et il a ainsi l’obligation de faire tout son possible pour les faire relâcher », a-t-elle commenté.

Les protestataires ont aussi bloqué l’entrée du gouvernement israélien. La police est intervenue, les saisissant par les mains et par les jambes alors qu’ils se tenaient au milieu de la route.

Les manifestants ont qualifié les policiers de « criminels » qui ont « détruit le pays » alors que les agents dispersaient la foule, la ramenant derrière les barricades.

La police emmène de force un manifestant anti-gouvernement qui bloquait l’entrée de la Knesset, le 22 janvier 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Suite à une rencontre avec les représentants des familles des otages, lundi, Netanyahu a déclaré qu’il n’y avait « aucune proposition réelle de la part du Hamas ». Toutefois, a-t-il ajouté, « il y a une initiative prise de notre côté et je n’entrerai pas dans les détails ».

Dans un message vidéo qui a été diffusé dimanche soir, Netanyahu avait indiqué qu’Israël rejetait totalement les demandes « de reddition » du Hamas en échange de la remise en liberté des captifs encore détenus à Gaza.

Des propos tenus après que le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis, l’Égypte et le Qatar poussaient Israël et le Hamas à accepter un plan global qui mettrait un terme à la guerre, qui permettrait aux otages maintenus en captivité à Gaza d’être libérés et qui mènerait, à terme, à une pleine normalisation des relations entre l’État juif et ses voisins et à des pourparlers portant sur l’établissement d’un état palestinien.

Dimanche soir également, un groupe de familles d’otages et de manifestants a bloqué la circulation aux abords du domicile privé du Premier ministre à Jérusalem, rue Azza, demandant au gouvernement de conclure en accord qui permettrait de rapatrier les otages qui se trouvent encore à Gaza.

Organisée à l’initiative du Forum des Familles des otages et des portés-disparus, le mouvement de protestation, sur la corde raide, a tenté d’attribuer la responsabilité de la survie des otages au gouvernement sans pour autant le condamner ouvertement.

Charlie Summers et Michael Horovitz ont contribué à cet article.

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