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Les USA rejoignent l’UE et le Royaume-Uni en sanctionnant des dirigeants iraniens

Selon le Trésor américain, les officiels sanctionnés ont dirigé les forces qui ont tiré à balles réelles sur des dizaines de manifestants anti-régime

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (IRGC) défilent lors du défilé militaire annuel marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit : Stringer/AFP)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (IRGC) défilent lors du défilé militaire annuel marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre dévastatrice de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, dans la capitale Téhéran, le 22 septembre 2018. (Crédit : Stringer/AFP)

L’administration Biden a annoncé lundi que, tout comme l’Union européenne et le Royaume-Uni, elle avait imposé des sanctions à l’encontre de dix responsables iraniens supplémentaires, liés à la répression des manifestations anti régime en cours à travers la République islamique.

Le département du Trésor américain a désigné le vice-ministre iranien des Renseignements, Naser Rashedi, ainsi que les commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), Hossein Tanavar, Mohammad Nazar Azimi, Kourosh Asiabani et Mojtaba Fada.

« Azimi et Asiabani commandent des unités de l’IRGC qui seraient responsables de certains des pires actes commis par l’armée iranienne depuis le début des protestations en septembre 2022 », a déclaré le département du Trésor dans un communiqué, ajoutant que les responsables militaires avaient dirigé des forces qui ont utilisé des tirs à balles réelles pour tuer et blesser des dizaines de manifestants.

« L’IRGC a bombardé des véhicules qui tentaient de livrer des poches de sang aux blessés se trouvant dans les hôpitaux locaux, empêchant leur livraison », ajoute le communiqué.

La dernière série de sanctions visera également la Cooperative Foundation de l’IRGC, décrite par les États-Unis comme un « conglomérat économique », ainsi que cinq des membres de son conseil d’administration. Cette entité contrôlerait le secteur manufacturier et de la construction en Iran, ainsi que d’autres grands secteurs de l’économie du pays.

Au moins quatre personnes ont été exécutées depuis le début des manifestations, à la suite de procès rapides et à huis clos. Au moins 519 personnes ont été tuées et plus de 19 200 autres arrêtées, selon Human Rights Activists in Iran, une organisation qui surveille les manifestations.

Une photo obtenue par l’agence de presse iranienne Mizan montre l’exécution publique de Majid Reza Rahnavard dans la ville de Mashhad en Iran, le 12 décembre 2022 (Crédit : Mizan News/AFP)

Les responsables iraniens ont exprimé leur indignation face à la décision de l’UE d’établir une liste, et ont averti les pays européens, dimanche, que si cette mesure était appliquée, ils risquaient des représailles.

« Le Parlement [iranien] a entrepris de placer certains éléments servant dans les armées des pays européens sur la liste des terroristes », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, sur Twitter.

Les 27 États membres de l’Union européenne ont déjà imposé trois séries de sanctions à différents responsables et organisations iraniens, dont des ministres, des officiers de l’armée et la police des mœurs, pour violation des droits de l’homme lors des manifestations qui ont éclaté en Iran à la mi-septembre à la suite de la mort de Mahsa Amini.

L’UE a noté, tout en annonçant les nouvelles sanctions, qu’elle n’ajoutera pas le Corps des gardiens de la révolution de la République islamique d’Iran à la liste noire des groupes terroristes de l’UE, comme l’ont fait les États-Unis en 2019 sous la présidence de Donald Trump.

Lors d’une conférence de presse à Washington la semaine dernière, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a averti Téhéran des « conséquences » de ses actions dans le pays et de son implication dans les efforts de guerre de la Russie en Ukraine.

L’impact de sanctions supplémentaires n’est pas clair à ce stade, étant donné que l’économie iranienne est depuis longtemps exclue des investissements américains et que Téhéran a depuis développé des liens financiers avec des pays et entités non occidentaux pour compenser.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’exprime lors d’une conférence de presse avec le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly, dans la salle Benjamin Franklin du département d’État, le 17 janvier 2023, à Washington. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Lors de la conférence de presse de la semaine dernière, Blinken a également réitéré que, la conclusion d’un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire n’était plus une priorité pour les États-Unis. Selon lui, l’Iran a longtemps exclu toute possibilité de relancer l’accord initial de 2015, connu sous le nom de Plan global d’action conjoint (JCPOA).

En 2018, Trump s’était retiré de l’accord, lequel échangeait des restrictions sur le programme nucléaire iranien contre un allègement des sanctions. Il a instauré par la suite un régime de sanctions de « pression maximale » visant divers secteurs iraniens, ce qui a eu comme effet un renforcement du programme nucléaire de Téhéran, en violation du JCPOA.

Alors que le président américain Joe Biden avait promis d’essayer de relancer lors de sa prise de fonction, son administration a indiqué ces derniers mois qu’elle avait abandonné cette possibilité. Cette décision s’explique notamment par la position de plus en plus intenable de Téhéran, qui a exigé que les États-Unis retirent le Corps des gardiens de la révolution islamique de leur liste d’organisations terroristes étrangères, par la coopération de l’Iran avec la Russie dans l’invasion de l’Ukraine par cette dernière et par les manifestations contre le régime qui ont secoué l’Iran depuis la mi-septembre, et que Téhéran accuse les puissances occidentales d’avoir orchestrées.

Dans une vidéo qui a fait surface le mois dernier, Biden a déclaré que la perspective de relancer l’accord avec l’Iran était « morte », mais qu’il ne l’annoncerait pas publiquement.

Tobias Siegal a contribué à cet article.

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