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Les victimes de l’attentat de Sarcelles en 2012 vivent encore dans la peur

Le 19 septembre 2012, 2 hommes masqués avaient lancé une grenade dans le supermarché, qui, miraculeusement, n'a fait qu'un seul blessé

Des policiers enquêtent sur l'explosion d'une bombe dans un supermarché casher de Sarcelles, après que deux hommes masqués on lancé une grenade à l'intérieur du magasin en plein jour, le 19 septembre 2012. (Crédit : Joël Saget/AFP)
Des policiers enquêtent sur l'explosion d'une bombe dans un supermarché casher de Sarcelles, après que deux hommes masqués on lancé une grenade à l'intérieur du magasin en plein jour, le 19 septembre 2012. (Crédit : Joël Saget/AFP)

« La peur » et « la perte de la légèreté » : un couple de clients de l’épicerie casher de Sarcelles en 2012 a décrit lundi aux assises de Paris les quelques minutes d’effroi qui suivirent l’attentat à la grenade et des années de souffrance.

Cet attentat est le principal fait d’armes de la filière jihadiste dite de Cannes-Torcy dont vingt membres présumés sont jugés depuis le 20 avril par la cour d’assises spéciale de Paris pour répondre de ce crime, ainsi que de projets d’attaques dans le sud de la France et de départs en Syrie.

Ce 19 septembre 2012, Joëlle B. et son mari finissent leurs courses. Le mari, Joël, se souvient que c’était quelques jours avant Kippour.

Elle entre dans le magasin, lui attend devant. Arrivée à la caisse, Joëlle « entend un bruit de métal », pense que « c’est le néon qui s’est détaché » – c’est en fait la cuillère de la grenade qui vient d’être lancée.

« Puis on entend une déflagration énorme. Une épaisse fumée blanche se dégage ». Elle sort rapidement du magasin, cherche son mari. Lui a vu les vitres de l’épicerie « tomber en milliers de morceaux » et « deux ombres quitter les lieux précipitamment ».

« J’ai voulu les suivre, mais c’était trop tard. Quelqu’un m’a dit : ‘vous saignez’, j’ai réalisé que j’étais blessé, j’ai appelé la police pour dire qu’un attentat antisémite avait été commis », a expliqué Joël B. qui garde des billes d’acier dans le corps.

Miraculeusement, la grenade a roulé sous une rangée de chariots métalliques qui ont amorti le souffle et l’explosion n’a fait qu’un blessé.

‘Mélancolie’

Mais les époux B. vivent toujours dans « la peur ». Leur goût des autres et leur joie de vivre se sont mués en « morosité », « mélancolie », « irascibilité ». Ils sont venus au tribunal mais témoignent derrière un écran, en visioconférence : « Je pense qu’on a affaire à des gens haineux qui ont cherché à nous tuer sans nous connaître. Je ne voulais pas avoir leur regard sur moi », a expliqué Joëlle.

Ils n’arrivent pas à tourner la page, chaque nouvel attentat les précipite dans l’angoisse. Lors de la sanglante prise d’otage au magasin Hypercasher de Paris en janvier 2015, « jusqu’au dénouement, avec mon mari, on n’a pas bu, pas mangé, pas parlé », a-t-elle relaté.

Dans le box, les accusés sont de marbre.

L’accusation a désigné le chef de la bande, Jérémie Louis-Sidney, tué lors de son interpellation, comme l’un des deux hommes présents dans l’épicerie et son second, Jérémy Bailly, comme celui qui a lancé la grenade – ce qu’il nie.

Seul Kevin Phan, 23 ans, a reconnu son implication dans cet attentat. Il a dit ses « regrets » à chacune des victimes pour avoir « conduit la voiture » où se trouvaient les deux chefs. Des excuses un peu mécaniques accueillies en silence.

Les réquisitions sont attendues en fin de semaine, avant les plaidoiries de la défense et le verdict le 21 juin.

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