Israël en guerre - Jour 293

Rechercher

Cannes-Torcy : le choc des « codes » aux assises

L'avocat général Sylvie Kachaner a cherché vendredi à décoder les échanges téléphoniques interceptés entre les accusés

Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Le Palais de Justice de Paris. Illustration. (Crédit : Benh Lieu Song/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Ils s’appellent « gros », parlent de « trucs » ou de « parfum »: une série de « codes » pour l’accusation, « juste notre langage » pour les membres présumés de la filière djihadiste de Cannes-Torcy, jugés aux assises de Paris.

L’avocat général Sylvie Kachaner a cherché vendredi à décoder les échanges téléphoniques interceptés entre les accusés, qui comparaissent depuis le 20 avril pour un attentat à la grenade dans une épicerie casher de Sarcelles en septembre 2012, des projets d’attaque en 2013 ou des départs en Syrie.

Nizar Jabri, 33 ans, barbe fournie, est à la barre. Il comparaît libre et encourt 20 ans de réclusion criminelle pour sa participation présumée à une association de malfaiteurs à visée terroriste.

Il est question d’une virée à Marseille de deux co-accusés, Maher Oujani et Jamel Bouteraa, le 31 mai 2013. Ils sont soupçonnés d’avoir acheté une arme dans les quartiers nord. « Maher Oujani vous appelle et dit avoir trouvé ‘le parfum’: qu’est-ce que ça veut dire? »

– « Ben qu’il a trouvé du parfum. On a le droit de se parfumer quand même ? »

– « Pourquoi vous le dit-il à vous ? Est-ce que ce ne serait pas plutôt un code ? », enchaîne l’avocat général, ajoutant après les dénégations de l’accusé : « En tout cas, il y a un mot qui n’est jamais employé entre vous, c’est le mot ‘armes' ». « On est d’accord », s’exclament en choeur les avocats de la défense. La salle sourit.

Et le mot « truc » utilisé par Jamel Bouteraa qui l’informe qu’il a « trouvé son ‘truc’ à la mosquée de Sunna de Marseille? Nizar Jabri ne se souvient plus mais explique : « C’est vrai, on a un problème: on dit ‘truc’ tout le temps, mais ça peut être n’importe quoi ». En revanche, « Gros » désigne un de leurs amis de Cannes, « un gros quoi ».

L’accusation s’étonne du nombre de vidéos de propagande djihadiste retrouvées chez Nizar Jabri. « Si je regarde des vidéos, c’est qu’automatiquement, j’adhère? ».

« Cela démontre une démarche, insiste l’avocat général. Si j’ai tout Proust chez moi, cela ne démontre pas que j’ai tout lu, mais cela a un sens, vous comprenez? ». Nizar Jabri acquiesce mais argue que ces vidéos ne représentent « que 5 à 10 % » de celles qu’il a sur son ordinateur.

« Je cherche à comprendre, vous voyez ? », répète-t-il. « Je me renseigne… La réponse, toujours la même, est un peu courte », soupire l’accusation.

Le procès se tient jusqu’au 21 juin.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.