Les yeux des crevettes pour développer des peintures et pigments non toxiques ?
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Les yeux des crevettes pour développer des peintures et pigments non toxiques ?

Des scientifiques israéliens ont découvert que si les yeux des crevettes sont légèrement brillants, c'est grâce à des réflecteurs de lumière situés sous leur rétine

Dans cette photo du 6 janvier 2012, des crevettes ont été pêchées par un chalutier dans le golfe du Maine. (AP Photo/Robert F. Bukaty, File)
Dans cette photo du 6 janvier 2012, des crevettes ont été pêchées par un chalutier dans le golfe du Maine. (AP Photo/Robert F. Bukaty, File)

Si vous êtes juif et que vous respectez la casheroute, vous n’avez probablement jamais regardé dans l’œil d’une crevette.

Mais si vous l’avez fait, vous avez peut-être remarqué que celui-ci brille légèrement. En effet, la crevette dispose d’un réflecteur situé en dessous de sa rétine (un tapetum) composé de nanoparticules très compactes qui permettent à l’œil de mieux recevoir la lumière sous l’eau.

Cette particularité a été découverte par des scientifiques de l’université Ben Gurion du Néguev et de l’Institut Weizmann de Science à Rehovot, dans le centre d’Israël.

Dans un autre exemple de biomimétisme – c’est-à-dire développer des solutions inspirées par la nature – les secrets de l’œil de la crevette pourraient un jour servir à mettre au point des peintures et des pigments non toxiques, réfléchissantes et qui ne s’estompent pas.

Les feuilles des arbres et d’autres plantes sont vertes à cause du pigment de chlorophylle.(Shmuel Bar-Am)

Dans la nature, la couleur provient de trois sources : des pigments, comme la chlorophylle qui rend les feuilles vertes ; la bioluminescence, une réaction chimique qui produit de la lumière comme on peut le voir avec les lucioles et des couleurs structurelles.

Les couleurs structurelles proviennent de l’interaction entre des vagues de lumière et des structures minuscules. Dans le cas de l’œil de la crevette, la couleur provient de la manière dont les plaques minuscules de cristal sont disposées.

« Il n’arrive pas souvent que de nouveaux principes optiques soient présentés par des systèmes biologiques », commente le Dr Benjamin Palmer, membre du département de chimie à l’Université Ben Gurion (BGU), auteur principal d’un article sur le sujet publié dans Nature Nanotechnology. Il a récemment obtenu une bourse prestigieuse du Conseil de recherche européen, qui subventionne les recherches susceptibles de révolutionner la connaissance scientifique.

Une image détaillée d’un tapetum dans l’oeil d’une crevette. (Dr. Ben Palmer and Dr. Venkata Jayasurya Yallapragada)

Fasciné par les cristaux optiques en biologie, ce scientifique originaire du Pays de Galles a commencé sa recherche post-doctorale à l’Institut Weizmann et a fait équipe avec Dr Venkata Jayasurya Yallapragada, chercheur post-doctorant de l’institut, pour cartographier les cristaux et déterminer leurs propriétés.

Le réflecteur de la crevette est composé d’un ensemble très compact de nanoparticules sphériques. Chacune d’entre elles est construite à partir de centaines de plaques de cristaux disposées en couches concentriques autour d’un centre creux, ressemblant ainsi beaucoup à un oignon.

L’équipe de recherche du Dr Palmer essaie maintenant de comprendre comment les crevettes produisent des particules aussi complexes, dans l’espoir de pouvoir les recréer en laboratoire.

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