L’Espagne interdit l’entrée de son territoire à Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich
Après avoir été interdit de territoire, le ministre de la Sécurité nationale déclare que l'Espagne devrait accueillir les Gazaouis

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a annoncé mardi que l’Espagne allait désormais interdire l’entrée sur son territoire à deux ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahu, au lendemain de l’annonce par Israël de la même mesure à l’encontre de deux ministres espagnoles.
Les ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont été inclus « dans la liste officielle des personnes sanctionnées » et « ne pourront pas accéder au territoire espagnol », a annoncé José Manuel Albares. Cette décision fait suite à des échanges très vifs entre l’Espagne et Israël, après la présentation par le Premier ministre espagnol de mesures destinées à « mettre un terme au génocide à Gaza ».
« C’est une liste ouverte », a ajouté Albares, n’excluant pas d’y ajouter d’autres personnes qui, selon Madrid, entravent la paix, et rappelant qu’elle comprenait déjà « 13 colons violents ».
En réponse à la décision de l’Espagne de lui interdire, ainsi qu’au ministre des Finances Smotrich, l’entrée sur son territoire, Ben Gvir a écrit en espagnol sur le réseau social X : « Ne me laissez pas entrer… mais laissez les habitants de Gaza entrer librement en Espagne. »
En juillet, l’Espagne a autorisé 16 Gazaouis à venir dans le pays pour y être soignés.
L’annonce d’Albares intervient au lendemain d’une déclaration du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui a annoncé des mesures « pour mettre un terme au génocide à Gaza », une annonce qui a suscité la colère d’Israël. Ce dernier a fustigé une « campagne anti-Israël et antisémite » de Madrid et a interdit l’entrée de son territoire à deux ministres du gouvernement espagnol.
En fin de journée, l’Espagne a rappelé son ambassadrice en Israël pour consultations.
Le gouvernement espagnol est l’une des voix les plus critiques en Europe concernant l’action menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, ce qui entraîne souvent des tensions avec ce pays, qui n’a plus d’ambassadeur à Madrid depuis la reconnaissance d’un État de Palestine par l’exécutif de Sánchez en mai 2024.
Lundi, Sánchez a notamment annoncé la mise en œuvre d’un embargo sur les ventes d’armes à Israël, l’interdiction de survol de l’espace aérien espagnol par les avions transportant du matériel de défense à destination d’Israël, ainsi que l’interdiction pour les navires transportant du carburant destiné à l’armée israélienne d’accoster dans les ports espagnols.
Le dirigeant socialiste espagnol avait également déclaré dès lundi, avant les précisions de son ministre des Affaires étrangères, que l’entrée sur le territoire espagnol serait interdite à davantage de personnes participant « directement au génocide ».
Les Pays-Bas et la Slovénie avaient déjà interdit l’accès de leur territoire à Ben Gvir et Smotrich, deux ministres ultra-nationalistes de la coalition Netanyahu, qui ont également été sanctionnés par l’Australie, le Canada, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et la Norvège.
Cet échange marque un nouveau creux dans les relations entre Jérusalem et Madrid, qui ne cessent de se détériorer. Le gouvernement espagnol exprime en effet une colère et une frustration croissantes à l’égard d’Israël concernant la guerre à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait plus de 1 200 morts, pour la plupart des civils et au cours duquel 251 otages ont été enlevés et emportés de force à Gaza.
Plus de 64 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
Sanchez a également annoncé de nouveaux projets de collaboration dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de l’aide médicale afin de soutenir l’Autorité palestinienne (AP), ainsi que des fonds humanitaires supplémentaires pour les Gazaouis.







