Rechercher

Levallois-Perret : une voiture fonce sur des militaires, 6 blessés

Deux des blessés sont dans un état grave, mais leur pronostic vital n'est pas engagé ; le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête ; un suspect interpellé

Secouristes et forces de l'ordre rassemblés après qu'un véhicule a renversé six soldats à Levallois-Perret, en région parisienne, le 9 août 2017. (Crédit : Thierry Chappé/AFP)
Secouristes et forces de l'ordre rassemblés après qu'un véhicule a renversé six soldats à Levallois-Perret, en région parisienne, le 9 août 2017. (Crédit : Thierry Chappé/AFP)

Une voiture a foncé sur des militaires de l’opération Sentinelle mercredi matin à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, faisant six blessés avant de prendre la fuite, un acte qui a conduit le parquet antiterroriste à se saisir de l’enquête.

Quatre jours après une tentative d’attaque contre d’autres soldats de Sentinelle à la tour Eiffel à Paris, la ministre des Armées, Florence Parly, a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte lâche qui n’entame en rien la détermination des militaires à œuvrer pour la sécurité des Français ». La préfecture des Hauts-de-Seine a évoqué un « acte a priori volontaire ».

Survenu dans un contexte de forte menace terroriste en France, l’incident s’est déroulé peu avant 8h00 sur la place de Verdun, en plein centre-ville de la commune cossue de Levallois. Il a eu lieu dans une rue piétonne et devant un grand immeuble HLM où les militaires de Sentinelle disposent au rez-de-chaussée d’un local prêté par la mairie, située à quelque 200 mètres de là.

« J’ai entendu un énorme bruit, j’ai d’abord cru qu’un échafaudage était mis en place », a raconté à l’AFP Thierry Chappé, un résident de l’immeuble, qui a vu depuis son balcon « deux militaires à terre, semblant inanimés », entourés d’une dizaine d’autres soldats.

« Une voiture qui était dans le quartier est arrivée » vers le groupe de soldats, « elle roulait doucement, à 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter », a expliqué le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Soldats français déployés sur les lieux où un véhicule a renversé six soldats à Levallois-Perret, en région parisienne, le 9 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Soldats français déployés sur les lieux où un véhicule a renversé six soldats à Levallois-Perret, en région parisienne, le 9 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Un témoin, cité par BFM TV, a précisé avoir vu la voiture rentrer d’abord « dans trois militaires » puis « dans trois autres ».

Après plusieurs heures de cavale, un homme circulant à bord du véhicule qui a foncé sur les militaires a été arrêté mercredi sur l’autoroute A16 en direction de Calais. Les forces de sécurité traquaient depuis le début de matinée ce véhicule qui a pris la fuite après avoir percuté un groupe de soldats.

L’interpellation, « musclée » selon une source proche de l’enquête, s’est déroulée en début d’après-midi sur l’autoroute en direction de Calais, au niveau de la commune de Leulinghen-Bernes, dans le Pas-de-Calais.

Pour échapper à son arrestation, le conducteur a percuté un ou plusieurs véhicules, et les policiers ont fait feu à plusieurs reprises, selon une source judiciaire.

Si les enquêteurs confirment qu’il s’agit du véhicule qui a percuté les militaires à Levallois-Perret, ils ne confirmaient pas à ce stade que le conducteur arrêté était bien celui qui a renversé les soldats.

L’homme interpellé, né en 1980, est « susceptible d’être l’auteur » de l’attaque, « car il était à bord » et « a tenté de prendre la fuite », a précisé une source judiciaire.

« Tous les moyens sont mis en œuvre pour neutraliser » le ou les auteurs de l’attaque, avait souligné après le Conseil des ministres le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Les ministres français de l'Intérieur, Gérard Collomb, à gauche, et des Armées, Florence Parly, à droite, devant l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, le 9 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)
Les ministres français de l’Intérieur, Gérard Collomb, à gauche, et des Armées, Florence Parly, à droite, devant l’hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, le 9 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

« Nous savons que c’est un acte délibéré, ce n’est pas un acte accidentel », a insisté le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à l’hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé, où il est venu voir trois des blessés. Présente à ses côtés, la ministre des Armées, Florence Parly, a condamné « cet acte lâche qui n’entame en rien la détermination des militaires à œuvrer pour la sécurité des Français ».

Les militaires visés font partie du 35e régiment d’infanterie de Belfort, a précisé Parly, ajoutant que les trois militaires blessés à qui elle a rendu visite avec Collomb étaient « très légèrement blessés ». Les trois autres, admis à l’hôpital militaire Percy à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, « ne sont pas gravement blessés », a-t-elle poursuivi, évoquant des « nouvelles rassurantes ».

Sur place, un périmètre de sécurité était en place, a constaté une journaliste de l’AFP. Plusieurs dizaines de policiers municipaux et de la police nationale et des militaires de la mission Vigipirate se trouvaient au pied du bâtiment de 12 étages qui donne sur un parc arboré.

L’agression de Levallois a eu lieu alors qu’un conseil de Défense, habituel avant le Conseil des ministres, avait lieu à l’Élysée, réunissant notamment le président Emmanuel Macron, son Premier ministre Edouard Philippe, Collomb et Parly.

L’enquête du parquet antiterroriste, ordonnée notamment pour « tentatives d’assassinats sur personnes dépositaires de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste », a été confiée à la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ), à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, et le Premier ministre Edouard Philippe, ont tous deux exprimé leur soutien aux militaires visés et à leurs proches.

Christian Estrosi, le maire de Nice, et Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, ont été les premiers politiques à réagir sur Twitter en adressant un message de soutien aux forces de l’ordre.

L’opération Sentinelle mobilise 7 000 soldats en permanence sur le territoire national, dont la moitié en région parisienne depuis janvier 2015. Le président Emmanuel Macron a annoncé en juillet que le dispositif allait être revu « en profondeur afin d’avoir une plus grande efficacité opérationnelle et de prendre en compte l’effectivité et l’évolution de la menace. »

L’emploi massif de soldats sur le territoire national fait débat, certains politiques – surtout à droite – et militaires s’interrogeant sur son efficacité par rapport à l’effort demandé aux armées, déjà très engagées sur les théâtres d’opérations extérieurs dans un contexte budgétaire tendu.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.