L’ex-chef de la police de Dubaï qui a accusé le Mossad de meurtre salue l’accord
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L’ex-chef de la police de Dubaï qui a accusé le Mossad de meurtre salue l’accord

Dhahi Khalfan Tamim a dénoncé le prétendu contrôle juif des USA, mais a aussi exhorté à une alliance arabe avec Israël et a déclaré que les Juifs n'étaient pas des ennemis

L'ex chef-adjoint de la police et de la sécurité générale de Dubaï, le lieutenant général Dhahi Khalfan Tamim, lors d'une interview avec la Douzième chaîne de télévision israélienne, le 15 août 2020. (Capture d'écran)
L'ex chef-adjoint de la police et de la sécurité générale de Dubaï, le lieutenant général Dhahi Khalfan Tamim, lors d'une interview avec la Douzième chaîne de télévision israélienne, le 15 août 2020. (Capture d'écran)

Un ancien haut responsable de la police des Émirats Arabes Unis, qui a affirmé que le Mossad avait tué un haut responsable du Hamas dans un hôtel de Dubaï, s’est prononcé publiquement en faveur de la normalisation des relations de son pays avec Israël, lors de sa première apparition dans les médias israéliens.

Dans une interview accordée samedi à la Douzième chaîne, le lieutenant général Dhahi Khalfan Tamim, chef-adjoint de la police et de la sécurité générale de Dubaï, a déclaré que « l’accord est très important ». Tamim, qui est également connu à la fois pour son soutien au rapprochement avec Israël et pour une étrange diatribe antisémite sur Twitter, a déclaré : « Le choix de la paix est la stratégie qui domine le Moyen-Orient aujourd’hui, qui est plein de tensions et de guerres et de haine entre les pays ».

Israël et les Emirats arabes unis ont conclu jeudi un accord historique pour établir des relations diplomatiques complètes, le troisième accord de ce type que l’Etat juif conclut avec un Etat arabe après l’Egypte et la Jordanie.

Les délégations israélienne et émiratie se rencontreront dans les prochaines semaines pour signer des accords bilatéraux concernant des investissements, le tourisme, les vols directs, la sécurité et la création d’ambassades réciproques, a annoncé la Maison Blanche.

Le bâtiment de la municipalité de Tel Aviv est illuminé aux couleurs du drapeau des Émirats arabes unis, le 13 août 2020. (Jack Guez/AFP)

L’accord, qui a été salué comme « historique » par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et comme une « énorme percée » par le président américain Donald Trump, pourrait être le premier d’une longue série, selon le gendre du président et conseiller principal de Trump, Jared Kushner, qui l’a qualifié de « brise-glace ».

Selon une déclaration commune d’Israël, des EAU et des Etats-Unis, Israël a accepté de suspendre les plans d’annexion de la Cisjordanie en échange de la normalisation des liens avec les EAU.

En tant que chef de la police de Dubaï en 2010, Tamim a dirigé l’enquête sur le meurtre de Mahmoud Mabhouh du Hamas – un co-fondateur de la branche armée du Hamas et un fournisseur d’armes pour le groupe terroriste contre Israël – qui a été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de Dubaï. Il a accusé le Mossad d’avoir mené l’opération en utilisant de faux passeports européens.

Pictures released by Dubai in 2010 of alleged Mossad suspects in the killing of Mahmoud al-Mabhouh (photo credit: Youtube screenshot)
Photos publiées par Dubaï en 2010 de suspects présumés du Mossad dans le meurtre de Mahmoud al-Mabhouh. (Capture d’écran Youtube)

Dans son interview à la Douzième chaîne, Tamim a qualifié le meurtre de Mabhouh d’“erreur stratégique du Mossad israélien” qui s’est produite parce qu’“ils pensaient qu’ils ne seraient pas démasqués”.

A poster image of assassinated Hamas weapons importer Mahmoud al-Mabhouh in Jabalya, northern Gaza Strip, 23 March 2010 (photo credit: Abed Rahim Khatib/Flash90)
Un poster de Mahmoud al-Mabhouh, importateur d’armes du Hamas assassiné à Dubai, à Jabalya, au nord de la bande de Gaza, le 23 mars 2010. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

« Ils ont peut-être mené de telles opérations dans d’autres pays et n’ont pas été démasqués, mais dans ce cas-ci, ils ont été démasqués », a-t-il déclaré, comparant le meurtre à des actes de terrorisme commis par des groupes comme les Frères musulmans et déclarant qu’il prendrait des mesures pour empêcher de telles activités, quel qu’en soit les auteurs.

« Si j’avais su qu’un crime était sur le point de se produire en Israël, par exemple une explosion dans un restaurant avec des civils ordinaires à l’intérieur, j’aurais averti les forces de sécurité en Israël », a-t-il déclaré à la Douzième chaîne.

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Images de vidéosurveillance diffusées par la police de Dubaï concernant l’assassinat de Mabhouh. (Capture d’écran via YouTube)

« Qu’il s’agisse d’une action du Mossad ou d’une action des Frères musulmans ou de tout autre organisme qui commet un crime ou un acte de terrorisme, je m’y opposerai. »

Tamim a également appelé Israël à s’entendre avec les Palestiniens, déclarant que Jérusalem devait « reconnaître un État palestinien à l’intérieur des frontières qui ont été convenues au niveau international ».

L’officier supérieur de sécurité a fait à de nombreuses reprises des remarques controversées concernant Israël et les Palestiniens sur les médias sociaux.

En 2012, il a tweeté sa haine pour le président de l’époque, Shimon Peres, l’accusant d’avoir « tué des milliers de Palestiniens innocents ».

En 2013, Tamim a exprimé son soutien à une théorie du complot accusant les Juifs d’utiliser les Frères musulmans (dont il avait précédemment déclaré qu’ils n’étaient « pas l’islam ») pour atteindre leur objectif de contrôler les musulmans et d’établir un grand Israël.

Cependant, pendant la guerre dans la bande de Gaza en 2014, Tamim a appelé le Hamas à cesser de lancer des roquettes sur Israël et à rendre le contrôle du territoire à la faction du Fatah basée à Ramallah tout en fustigeant le groupe terroriste pour ses liens avec le Qatar, rival des EAU.

Le chef-adjoint de la police de Dubaï et de la sécurité générale, le général Dhahi Khalfan Tamim. (Crédit : Twitter)

Il est allé plus loin en 2016, appelant les États arabes à rejoindre une coalition de sécurité avec Israël et déclarant son opposition à la création d’un État palestinien indépendant.

Exhortant ses adeptes de Twitter à ne pas « traiter les Juifs comme des ennemis », il a déclaré que « l’Amérique essaie de se rapprocher d’Israël… le monde entier le fait… Le rapprochement résoudra les problèmes ».

« Pourquoi n’aurions-nous pas une coalition avec les Juifs contre les ennemis du Moyen-Orient », a-t-il demandé, dans ce qui a été largement interprété comme une référence à l’Iran.

Moins d’un mois plus tard, Tamim a semblé faire marche arrière, en se lançant dans une étrange diatribe sur Twitter, dans laquelle il s’en prend au « contrôle juif » des États-Unis et accuse Israël de soutenir le groupe terroriste d’État islamique.

« Israël tombera sur ses propres actions malfaisantes. Je suggère à mes cousins juifs de donner aux Palestiniens un État dans les frontières de 1947 », écrivait Tamim le 29 mars 2016, en se référant apparemment aux paramètres du plan de partition de l’ONU de cette année-là.

« Les juifs ont besoin de psychologues pour analyser leur personnalité », a-t-il tweeté. « Ils n’ont jamais quitté un pays sans provoquer la colère de son peuple. Dans cent ans, les Américains partiront en tant que réfugiés à cause de l’oppression de nos cousins. »

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