Trump : « accord de paix historique » entre Israël et les Emirats arabes unis
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Trump : « accord de paix historique » entre Israël et les Emirats arabes unis

Israël accepterait de stopper l'annexion de territoires palestiniens, affirme Abu Dhabi qui qualifie l'accord de victoire pour la diplomatie

Le président américain Donald Trump avec le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed Ben Zayed Al Nahyan dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Donald Trump avec le prince héritier d'Abu Dhabi Mohammed Ben Zayed Al Nahyan dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 mai 2017. (crédit : Saul Loeb/AFP)

Israël et les Emirats arabes unis ont signé sous l’égide des Etats-Unis un « accord de paix historique », a tweeté jeudi Donald Trump, permettant à ces deux pays de normaliser leurs relations.

Il s’agit d’une « percée spectaculaire », a commenté M. Trump, qualifiant cette normalisation d' »accord de paix historique entre nos deux grands amis ».

Israël a accepté de suspendre les plans d’annexion de la Cisjordanie en échange de la normalisation des relations avec les Émirats arabes unis, selon une déclaration conjointe d’Israël, des Émirats arabes unis et des États-Unis publiée par le président américain Donald Trump.

Or, Israël reste déterminé à annexer des parties de la Cisjordanie, a plus tard déclaré un haut responsable israélien. « L’administration Trump a demandé de suspendre temporairement l’annonce [de l’application de la souveraineté] afin de commencer par mettre en œuvre l’accord de paix historique avec les EAU », a déclaré le responsable.

Le maire de l’implantation de Beit El, Shai Alon, a accusé Netanyahu de vendre son mouvement.

« Ils en ont tiré une rapide sur les résidents d’implantations. Notre avenir est en Judée et en Samarie et dans les décisions courageuses que nos dirigeants prendront. Pas dans les accords que nous signons aujourd’hui et qui ne valent pas le papier sur lequel ils sont écrits demain. » Mais Oded Revivi, maire de l’implantation d’Efrat, affirme que la suspension de l’annexion est un « prix approprié » pour la normalisation des liens, tout en permettant un changement dans la façon dont les implantations sont perçues.

Ces dernières années, Israël a développé une coopération officieuse avec des économies régionales comme Bahreïn, les Emirats et l’Arabie saoudite avec lesquels il cherche à normaliser ses relations.

Par le passé, cette normalisation était intimement liée au processus de paix avec les Palestiniens, qui devait servir de pont aux relations avec le monde arabe et plus largement musulman. Mais pour M. Netanyahu, c’est plutôt la normalisation avec les pays arabes qui poussera les Palestiniens à un accord de paix avec Israël.

« La gauche israélienne et mondiale a toujours dit qu’on ne peut pas faire d’accord de paix avec les pays arabes sans la paix avec les Palestiniens (…) Pour la première fois dans l’histoire, Benjamin Netanyahu a brisé ce paradigme », a estimé son parti, le Likud.

Le président américain Donald Trump avait présenté en janvier dernier son projet de paix pour le Moyen-Orient qui prévoyait notamment l’annexion par Israël de pans de la Cisjordanie. Et le gouvernement d’union israélien avait commencé en juillet à étudier la marche à suivre pour mettre en oeuvre ce projet, une partie de la classe politique craignant qu’une annexion unilatérale, sans pourparlers préalables avec les Palestiniens, ne mène à plus de violence.

L’annonce de la normalisation avec les Emirats arabes unis permet « d’éviter » une « annexion unilatérale », a d’ailleurs commenté sur Twitter le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi, membre du parti centriste Kakhol lavan.

L’accord est une « victoire » pour la diplomatie, a commenté pour sa part l’ambassadeur des Emirats arabes unis à Washington, Youssef al-Otaïba sur Twitter.

« L’annonce d’aujourd’hui est une victoire pour le région et pour la diplomatie », a-t-il écrit.

« C’est une avancée pour les relations entre Israël et les pays arabes », a-t-il ajouté, soulignant que l’accord « préserve l’option de deux Etats (israélien et palestinien), défendue par la Ligue arabe et la communauté internationale ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz a aussi salué l’accord, en appelant les autres pays du Moyen-Orient à emboîter le pas. « Je salue cet accord important et significatif et je voudrais avant tout remercier le président américain Donald Trump, un véritable ami d’Israël, ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le cheikh Muhammad Bin Zaid », a déclaré Gantz. « Cet accord démontre l’alliance entre les pays de la région intéressés par la prospérité et la stabilité régionale, et il souligne l’ambition éternelle d’Israël de paix avec ses voisins. Je suis sûr que cet accord aura de nombreuses conséquences positives sur l’avenir de tout le Moyen-Orient et sur le statut d’Israël dans le monde et dans la région », a-t-il ajouté. « J’appelle les autres pays arabes à faire progresser leurs relations avec Israël avec des traités de paix supplémentaires, » a-t-il conclu.

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a indiqué qu’il s’agissait « d’une étape importante vers la normalisation des relations avec les Émirats arabes unis. Cette étape est la preuve que les négociations et les accords, et non des mesures unilatérales comme l’annexion qui nuiraient à la sécurité d’Israël, sont la voie à suivre pour nos relations diplomatiques. Je remercie le président Trump pour son soutien à cet accord. »

« Aujourd’hui, une nouvelle ère commence dans les relations entre Israël et le monde arabe », a déclaré jeudi soir le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, en se félicitant de la normalisation des relations entre l’Etat hébreu et les Emirats arabes unis.

Cette normalisation aura pour effet de « reporter » les projets israéliens d’annexion de pans de la Cisjordanie occupée, a ajouté M. Netanyahu, nuançant toutefois qu’il n’avait pas « renoncé » à cette option déjà critiquée par les Palestiniens et une partie de la communauté internationale.

Le prince héritier des Émirats arabes unis, Mohammed Bin Zayed, confirme dans un tweet qu’Israël a accepté de suspendre les plans d’annexion, mais affirme que les pays ont seulement accepté de travailler à la normalisation des relations.

Les Emirats arabes unis ont assuré jeudi que l’accord était une « étape audacieuse » qui permettra de parvenir à « une solution à deux Etats » pour le peuple palestinien.

« La plupart des pays y verront une étape audacieuse pour parvenir une solution à deux Etats, donnant du temps aux négociations », a déclaré le ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il a ajouté que les deux pays allaient ouvrir des ambassades dans « pas longtemps », mais « sans aucun cas à Jérusalem ».

La normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis, annoncée jeudi de manière surprise par le président américain, Donald Trump, est une « journée historique », a réagi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

« Yom histori » (« journée historique »), a écrit en hébreu sur Twitter M. Netanyahu en commentant la déclaration du président américain sur une normalisation des relations entre les Emirats et Israël, qui faisait d’ailleurs partie de son projet de paix pour le Moyen-Orient.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a également évoqué un « jour historique » et un « pas décisif vers la paix au Moyen-Orient ».

« C’est un succès remarquable pour deux Etats parmi les plus en pointe et les plus avancés technologiquement dans le monde », a-t-il ajouté dans un communiqué.

« Les Etats-Unis espèrent que ce pas audacieux sera le premier d’une série d’accords clôturant 72 années d’hostilités dans la région », a poursuivi le ministre américain des Affaires étrangères.

« Bénis soient les faiseurs de paix. Mabrouk et Mazel Tov », a conclu M. Pompeo, en utilisant la formule traditionnelle servant à présenter ses félicitations en arabe et en hébreu.

« J’ai suivi avec attention le communiqué conjoint des Etats-Unis, de l’Etat frère des Emirats arabes unis et d’Israël sur l’arrêt de l’annexion des territoires palestiniens par Israël », a tweeté Abdel Fattah al-Sissi, le chef d’Etat égyptien, saluant « une étape » vers la « réalisation de la paix au Moyen-Orient ».

La normalisation des relations entre Israël et les Emirats arabes unis « ne sert pas la cause palestinienne » et constitue un « chèque en blanc » pour la poursuite de « l’occupation », a dénoncé le mouvement terroriste islamiste palestinien du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

« Cet accord est rejeté et condamné. Il ne sert pas la cause palestinienne mais est considéré comme une continuation du déni des droits du peuple palestinien », a déclaré à l’AFP Hazem Qasem, le porte-parole du Hamas, qui a livré trois guerres à Israël par le passé et qui a encore échangé des tirs avec l’Etat hébreu au cours de la dernière semaine.

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